ALERTE ROUGE AUX AUTORITÉS ET AUX PARENTS ( Par Souleymane Ly )


C’est une sonnette d’alarme que nous tirons aujourd’hui, une urgence absolue qui ne souffre plus aucune attente, car notre jeunesse, socle et avenir de la nation sénégalaise, est en train d’être dévorée de l’intérieur par un fléau insidieux et dévastateur.
Le trafic et la consommation de drogues, loin d’être des phénomènes isolés, ont pris une ampleur inquiétante, infiltrant nos écoles, nos quartiers, nos plages et même l’intimité de nos appartements meublés pour piéger nos enfants dès l’âge de seize ans.
Ce ne sont plus seulement des histoires lointaines que l’on entend, mais une réalité brutale qui frappe à nos portes, nourrie par des réseaux de trafiquants sans scrupules qui s’approvisionnent dans les pays limitrophes et transforment des produits mortels, comme le crack, en mixtures chimiques hautement toxiques pour maximiser des profits criminels sur le dos de notre progéniture.
​Le danger est multiforme et se déguise avec une facilité déconcertante pour échapper à notre vigilance.
Il y a le crack, cette drogue dure qui se fume avec des instruments de fortune, des bouteilles de jet, des canettes percées à l’aiguille ou des pipes, autant d’objets que tout parent devrait immédiatement identifier comme des signaux d’alerte.
Il y a cette nouvelle menace, le Kush, ce mélange dévastateur de cannabis et d’opium qui plonge nos jeunes dans une forme de mort cérébrale temporaire, un état de stupeur où ils restent figés, indifférents au monde, nécessitant parfois des chocs physiques violents pour réagir, avant de replonger dans l’abîme.
Et puis, il y a le Souss, ce poison insidieux, que l’on peut consommer n’importe où, en classe ou en boîte, sans que personne ne s’en aperçoive, souvent présenté sous des apparences trompeuses, parfois marqué d’une tête de mort ou décliné en couleurs vives pour attirer la curiosité de nos adolescents.
​Face à cette menace, la vigilance ne peut plus être une option, elle doit devenir notre unique mode de vie.
Pour vous, parents, le temps n’est plus à la confiance aveugle, mais à une surveillance active, bienveillante mais ferme, car vous êtes les premiers garants de leur intégrité.
Observez vos enfants avec une attention nouvelle : le port de vêtements lourds en pleine chaleur, la recherche compulsive de fraîcheur, le besoin permanent de mâcher de la menthe ou du chewing-gum pour augmenter les effets, le port de lunettes de soleil pour fuir la luminosité, ou encore un changement brutal de comportement, une irritabilité, des disparitions inexpliquées d’argent ou d’objets de valeur.
Si votre enfant s’isole, s’il se laisse entraîner dans des jeux de hasard, s’il fréquente des lieux clos comme des appartements meublés avec ses pairs, vous devez agir sans tarder, fouiller leurs sacs, vérifier leurs téléphones, et exiger des comptes.
Ne vous laissez pas tromper par les périodes de stress intense comme les examens ou les compositions, où les jeunes, fragiles, sont plus enclins à basculer dans la consommation pour tenir le coup avant de sombrer dans une dépendance irréversible.
​Les conséquences sont dramatiques, tragiques et irréparables. Chaque jour, des jeunes Sénégalais perdent la vie, terrassés par des overdoses, ou se blessent grièvement lors de crises d’hallucinations violentes qui les poussent à des actes irréparables, comme se jeter dans le vide.
Les centres de désintoxication, comme ceux de Mbao ou de Fatick, sont déjà saturés par cette jeunesse brisée, cette génération sacrifiée sur l’autel de la cupidité des dealers.
Nous interpellons solennellement les autorités pour qu’elles renforcent la lutte contre ces réseaux transfrontaliers, pour qu’elles démantèlent ces laboratoires artisanaux de la mort, et pour qu’elles soutiennent davantage les familles dans cette guerre ouverte.
Aux parents, nous disons : réveillez-vous, soyez omniprésents, brisez les murs de l’intimité derrière lesquels se cache le désastre, car votre silence aujourd’hui pourrait être le deuil de demain. Il est temps de reprendre le contrôle, d’écouter, de questionner et d’agir avant que vos enfants, ces trésors que vous avez mis tant d’années à construire, ne soient définitivement engloutis par ce tsunami chimique qui ravage nos terres.
 
Souleymane Ly
Spécialiste en communication
Julesly10@yahoo.fr
Samedi 20 Juin 2026
Dakaractu



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