Aminata Touré justifie la scission de Diomaye d’avec Pastef, défend la création du parti Kiiraay et rassure pour une majorité à l’assemblée : « Qui trahit qui dans cette affaire… »


Membre fondatrice du parti Kiiraay – Les Patriotes Républicains, où elle occupe les fonctions de superviseure générale et de coordonnatrice du Comité national d’implantation, Aminata Touré est revenue, dans un entretien, sur la genèse de cette nouvelle formation politique et sur les accusations de trahison qui ont accompagné sa création. Pour elle, la question mérite d’être retournée : lorsqu’un parti a élu un président de la République, c’est à lui de ne pas se retourner contre ce président, et non l’inverse. C’est précisément parce que l’essentiel des attaques visant le chef de l’État provenait de sa propre formation, dont il fut pourtant le secrétaire général, que la nécessité d’un nouveau parti s’est imposée. Elle a expliqué que l’essentiel des membres de la coalition Diomaye Président a choisi de fusionner pour donner naissance à Kiiraay – Les Patriotes Républicains, avec l’ambition d’accompagner le président Bassirou Diomaye Faye pour les échéances à venir, et au-delà. Le parti reste ouvert, a-t-elle précisé, à d’autres forces qui n’appartenaient pas à la coalition d’origine mais souhaitent aujourd’hui le rejoindre.
 
Aminata Touré a défini la philosophie du mouvement comme la défense du modèle sénégalais reconnu à travers le monde : tolérance, stabilité, paix et dialogue, dans un cadre panafricain attaché aux principes républicains, ce qui reste un attachement inscrit jusque dans le nom du parti. Défendre la République, selon elle, suppose de respecter l’indépendance de la justice, de garantir la liberté de la presse, de soutenir la société civile, mais aussi d’accepter les décisions judiciaires même lorsqu’elles déplaisent, et de respecter ses adversaires plutôt que de souhaiter leur disparition. Elle a insisté sur le refus de toute virulence ou de tout discours haineux, y voyant l’une des différences fondamentales revendiquées par sa formation.
 
Interrogée sur les priorités du parti, elle a placé la paix et la stabilité au premier rang des promesses à tenir, avant les défis de l’emploi et de la sécurité, estimant qu’aucune transformation économique n’est possible sans un cadre républicain respecté, excluant notamment toute dérive vers des lois anticonstitutionnelles. Le nom même du parti, Kiiraay, terme wolof signifiant bouclier ou parapluie, symbolise selon elle cette mission de protection de la République et d’égalité de tous devant le droit.
 
Revenant sur les accusations de trahison visant les députés ayant rejoint le nouveau parti, elle a rappelé qu’ils avaient été élus sur la base d’une campagne appelant précisément à donner une majorité au président. Elle s’est interrogée sur les raisons ayant conduit une partie de cette Assemblée nationale, élue avec ce mandat, à se retourner contre l’exécutif, y voyant néanmoins le signe d’une démocratie sénégalaise vivante, qu’elle a invité les observateurs extérieurs à saluer plutôt qu’à critiquer.
 
Pour ce qui est du domaine des élections municipales, Aminata Touré a affirmé que la moitié des maires du Sénégal avaient rejoint le parti, les présentant comme des démembrements de l’État soucieux avant tout de faire avancer leurs localités en coordination avec la présidence, et libres, en tant qu’élus au suffrage universel, de choisir leurs alliances. Elle a assuré qu’ils ne voyaient aucune raison de s’opposer à l’exécutif et que Kiiraay entendait travailler avec tous ceux qui souhaitent soutenir le président. Dans son intervention dans cet entretien, Aminata Touré a situé son engagement actuel dans la continuité de son combat contre le report de l’élection présidentielle, avant l’accession de Bassirou Diomaye Faye au pouvoir, estimant avoir désormais une obligation morale de le soutenir. Balayant toute lecture personnelle de son engagement, elle a rappelé son parcours institutionnel comme Premier ministre, ministre, présidente d’institution, députée pour mieux affirmer que l’essentiel n’était pas là, mais dans le renforcement du Sénégal, le développement économique, la création d’emplois pour la jeunesse et l’amélioration des conditions de vie des femmes.
 
Samedi 8 Août 2026
Cheikh Sadibou Fall



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