Le contraste est saisissant. Après plusieurs années durant lesquelles le Sénégal avait attiré d’importants volumes de capitaux étrangers, les investissements directs étrangers se sont brutalement contractés en 2025.
Selon L’Observateur, qui s’appuie sur le rapport annuel de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement, les IDE sont passés d’environ 3 milliards de dollars, soit plus de 1 700 milliards de francs CFA, par an entre 2020 et 2024 à seulement 37 millions de dollars, soit un peu plus de 20 milliards de francs CFA, en 2025.
La baisse atteint ainsi 98,9 %.
Une contraction qui intervient dans un environnement marqué par les interrogations sur la dette publique, les relations avec le Fonds monétaire international, l’évolution de la notation souveraine et, plus globalement, la confiance des investisseurs.
L’économiste-statisticien Babacar Gaye appelle toutefois à ne pas interpréter mécaniquement ces chiffres comme le signe d’un départ massif des investisseurs du Sénégal. Il rappelle que les IDE mesurent des flux d’investissement au cours d’une période et non le stock total de capitaux étrangers déjà présents dans l’économie.
Une partie de l’explication pourrait ainsi résider dans la fin d’un cycle exceptionnel d’investissements. Entre 2019 et 2022, le Sénégal a enregistré d’importantes entrées de capitaux liées notamment aux grands projets d’hydrocarbures, parmi lesquels Sangomar et GTA.
En 2022, ces instruments représentaient, selon les éléments rapportés, environ 87 % des entrées d’IDE.
Or, une fois les principales infrastructures construites et les projets entrés dans leur phase de production, les besoins en nouveaux financements diminuent naturellement. Parallèlement, le remboursement de prêts intragroupes peut commencer, ce qui réduit encore le niveau net des flux entrants.
Pour Babacar Gaye, il est donc possible qu’une partie de l’effondrement statistique corresponde à un changement de phase dans les investissements liés aux hydrocarbures plutôt qu’à une disparition généralisée des capitaux étrangers.
Mais cette explication ne suffit pas.
L’Observateur souligne qu’une série d’événements économiques et politiques ont contribué à rendre le climat plus incertain. La révélation d’une dette publique présentée comme ayant été sous-évaluée, les tensions avec le FMI, le moratoire touchant certains secteurs, la baisse de la notation souveraine ou encore l’annonce de renégociations de contrats ont pesé sur la perception du risque.
Dans un environnement où les investisseurs recherchent avant tout visibilité et prévisibilité, l’accumulation de signaux d’incertitude peut retarder les décisions d’investissement.
Babacar Gaye estime ainsi que le Sénégal a perdu du terrain en matière de confiance, même si la situation doit être analysée avec prudence en l’absence d’une décomposition détaillée des flux d’IDE pour les années 2023 à 2025.
Il juge également nécessaire de distinguer un ralentissement conjoncturel d’une rupture plus profonde et durable.
Maléine A. Niang évoque, pour sa part, une situation qu’il assimile davantage à un « stress aigu de liquidité et de confiance » qu’à une condamnation structurelle définitive de l’économie sénégalaise.
Il estime que le pays dispose encore d’atouts considérables, notamment ses ressources pétrolières et gazières, susceptibles de continuer à attirer les investisseurs si le cadre économique retrouve davantage de lisibilité.
La question des relations avec le FMI apparaît centrale. Un accord avec l’institution contribuerait à restaurer une partie de la crédibilité financière du pays et à rassurer les marchés et investisseurs.
L’absence d’accord est, à l’inverse, susceptible d’être interprétée comme un signal négatif.
Les experts interrogés insistent donc sur plusieurs leviers : améliorer la transparence des statistiques publiques, restaurer la confiance, consolider la sécurité juridique, renforcer la prévisibilité de la politique économique et diversifier les sources d’investissements.
Pour Babacar Gaye, une décomposition détaillée des flux d’IDE doit notamment être publiée rapidement afin que les pouvoirs publics, les investisseurs et les marchés puissent identifier avec précision les véritables moteurs de l’effondrement observé.
Il recommande aussi de renforcer le dialogue avec les partenaires économiques et financiers internationaux, d’améliorer la lisibilité des politiques publiques et de réduire l’incertitude perçue.
Maléine A. Niang estime également qu’une stratégie cohérente doit simultanément s’appuyer sur la crédibilité financière, la stabilité politique et la valorisation des ressources économiques nationales.
Selon L’Observateur, qui s’appuie sur le rapport annuel de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement, les IDE sont passés d’environ 3 milliards de dollars, soit plus de 1 700 milliards de francs CFA, par an entre 2020 et 2024 à seulement 37 millions de dollars, soit un peu plus de 20 milliards de francs CFA, en 2025.
La baisse atteint ainsi 98,9 %.
Une contraction qui intervient dans un environnement marqué par les interrogations sur la dette publique, les relations avec le Fonds monétaire international, l’évolution de la notation souveraine et, plus globalement, la confiance des investisseurs.
L’économiste-statisticien Babacar Gaye appelle toutefois à ne pas interpréter mécaniquement ces chiffres comme le signe d’un départ massif des investisseurs du Sénégal. Il rappelle que les IDE mesurent des flux d’investissement au cours d’une période et non le stock total de capitaux étrangers déjà présents dans l’économie.
Une partie de l’explication pourrait ainsi résider dans la fin d’un cycle exceptionnel d’investissements. Entre 2019 et 2022, le Sénégal a enregistré d’importantes entrées de capitaux liées notamment aux grands projets d’hydrocarbures, parmi lesquels Sangomar et GTA.
En 2022, ces instruments représentaient, selon les éléments rapportés, environ 87 % des entrées d’IDE.
Or, une fois les principales infrastructures construites et les projets entrés dans leur phase de production, les besoins en nouveaux financements diminuent naturellement. Parallèlement, le remboursement de prêts intragroupes peut commencer, ce qui réduit encore le niveau net des flux entrants.
Pour Babacar Gaye, il est donc possible qu’une partie de l’effondrement statistique corresponde à un changement de phase dans les investissements liés aux hydrocarbures plutôt qu’à une disparition généralisée des capitaux étrangers.
Mais cette explication ne suffit pas.
L’Observateur souligne qu’une série d’événements économiques et politiques ont contribué à rendre le climat plus incertain. La révélation d’une dette publique présentée comme ayant été sous-évaluée, les tensions avec le FMI, le moratoire touchant certains secteurs, la baisse de la notation souveraine ou encore l’annonce de renégociations de contrats ont pesé sur la perception du risque.
Dans un environnement où les investisseurs recherchent avant tout visibilité et prévisibilité, l’accumulation de signaux d’incertitude peut retarder les décisions d’investissement.
Babacar Gaye estime ainsi que le Sénégal a perdu du terrain en matière de confiance, même si la situation doit être analysée avec prudence en l’absence d’une décomposition détaillée des flux d’IDE pour les années 2023 à 2025.
Il juge également nécessaire de distinguer un ralentissement conjoncturel d’une rupture plus profonde et durable.
Maléine A. Niang évoque, pour sa part, une situation qu’il assimile davantage à un « stress aigu de liquidité et de confiance » qu’à une condamnation structurelle définitive de l’économie sénégalaise.
Il estime que le pays dispose encore d’atouts considérables, notamment ses ressources pétrolières et gazières, susceptibles de continuer à attirer les investisseurs si le cadre économique retrouve davantage de lisibilité.
La question des relations avec le FMI apparaît centrale. Un accord avec l’institution contribuerait à restaurer une partie de la crédibilité financière du pays et à rassurer les marchés et investisseurs.
L’absence d’accord est, à l’inverse, susceptible d’être interprétée comme un signal négatif.
Les experts interrogés insistent donc sur plusieurs leviers : améliorer la transparence des statistiques publiques, restaurer la confiance, consolider la sécurité juridique, renforcer la prévisibilité de la politique économique et diversifier les sources d’investissements.
Pour Babacar Gaye, une décomposition détaillée des flux d’IDE doit notamment être publiée rapidement afin que les pouvoirs publics, les investisseurs et les marchés puissent identifier avec précision les véritables moteurs de l’effondrement observé.
Il recommande aussi de renforcer le dialogue avec les partenaires économiques et financiers internationaux, d’améliorer la lisibilité des politiques publiques et de réduire l’incertitude perçue.
Maléine A. Niang estime également qu’une stratégie cohérente doit simultanément s’appuyer sur la crédibilité financière, la stabilité politique et la valorisation des ressources économiques nationales.
Autres articles
-
Plus de 110 millions emportés : Libéré après 22 ans derrière les barreaux, Fily Sané, Ancien compagnon du célèbre Ino, replonge et écope d’une deuxième perpétuité
-
Sindia : le maire Thierno Diagne de nouveau arrêté, un litige foncier au cœur de l’enquête
-
Thiès : une étudiante de 23 ans tue ses jumeaux nouveau-nés à Médina Fall
-
Assemblée nationale : Thierno Alassane Sall accuse Pastef de vouloir « étouffer » le dossier ASER/AEE Power EPC
-
Assemblée nationale / Session extraordinaire: Six commissions d’enquête à l’ordre du jour ce lundi




