TERRORISME PRÉSUMÉ : Le cas Imam Alioune Badara Ndao

Des remises de fonds à un combattant chargé de prospecter le terrain pour l’entraînement des futurs jihadistes, un fichier troublant envoyé par un combattant, des vidéos et images horribles... Les enquêteurs de la Section Recherches ont glané des éléments assez troublants qui mettent directement en cause l’imam Alioune Badara Ndao au-delà de son ancien élève Makhtar Diokhané. De quoi fracasser les arguments de ceux qui disent que le prêcheur serait sous le coup d’une cabale.


L'Imam Alioune Badara Ndao est-il coupable des faits qui lui sont sont reprochés ? Seule la Chambre
criminelle peut l’affirmer ou l’infirmer. Mais en attendant le procès, il faut remarquer que les gendarmes de la Section Recherches de Dakar et le doyen des juges de Dakar ont mis en exergue des faits troublants.
Selon les informations de Libération, Coumba Niang, épouse de Makhtar Diokhané, avait affirmé aux enquêteurs qu’une partie des fonds devant servir à financer les combattants était chez l'imam Ndao qui l’avait formellement nié. Les choses ont changé lors de la confrontation dans le bureau du doyen des juges. Coumba Niang a encore fait savoir que 31 billets de 500 euros se trouvaient au domicile du prêcheur.
Après une valse hésitation suivie d’une confrontation, Imam Ndao a fini par avouer que Ibrahima Diallo dit Abu Omar - qui devait faire la prospection à Kédougou pour la formation des futurs jihadistes - était passé chez lui récupérer les billets évalués à 15 millions de FCfa.
Après l’arrestation, l’inculpation et l’interrogatoire au fond de Ibrahima Diallo en cavale depuis plus d’une année, l’imam Ndao a fini par reconnaître cette remise de fonds. Mieux ou pire, Saliou Ndiaye dit Salikh alias Baye Zal a envoyé les 4, 5 novembre 2013 et les 15 mai 2015 des fichiers intitulés « pièces jointes du Mali » faisant l’apologie d’Oussama Ben Laden qualifié d’homme géant et portant sur les orientations générales de l’action jihadiste décrites par l’imam Al Zawahri. Ces fichiers ont été trouvés dans le mail de l’imam Alioune Badara Ndao a fait savoir que visualiser ces genres de vidéo à savoir l’échange des nouvelles pièces de monnaies dites « dhirams » dans l’Etat islamique et l’exécution d’un espion de Bachar Al Assad lui donnait l’opportunité de sentir l’application de la charia.
Même s’il prône un jihad non-violent, le doyen des juges fait remarquer dans son ordonnance obtenue par Libération, que l’imam Ndao a parlé des... « bons points » de l’Etat islamique « tout en sachant que ses membres commettent sur des civils innocents des atrocités indescriptibles au nom du «Takhfir» ou de «l’hégire» du reste matérialisées non seulement par des corps déchiquetés trouvés dans sa tablette de marque Max- West et surtout par son inscription au forum de plus de onze mille huit cent membres dont la majeure partie des jihadistes ont exposé leurs trophées de corps (brûlés ou enterrés vifs, des butins de guerre), d’après le magistrat instructeur. Comme quoi...
Mardi 9 Janvier 2018
Dakaractu




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