Le ministre de la Justice, Me Moussa Sarr, a fait le point sur l’exécution du protocole d’accord signé en août 2025 avec les syndicats des travailleurs de la justice. Selon lui, près de 90 % des points ont été exécutés, la formation et la diplomation de 546 agents étant notamment achevées. Reste une divergence sur le reclassement avec conservation du grade, que le ministère du Travail juge sans base légale.
Le décret n° 2019-575 du 25 février 2019 avait été signé, mais aucune mesure d’exécution ou d’application n’avait été prise, a rappelé le ministre de la Justice. Ce n’est qu’en 2025 que le gouvernement a signé l’accord avec les organisations syndicales. Signé en août, il a immédiatement connu un début d’exécution : de décembre 2025 à mai 2026, conformément au protocole, 546 travailleurs de la justice ont suivi une formation au Centre de formation judiciaire. Après la formation, des évaluations ont eu lieu et tous les participants ont obtenu leur diplôme. Les attestations ont été signées.
Une première réunion de suivi du protocole s’est tenue le 12 juin au ministère du Travail. Me Moussa Sarr, nommé le 1er juin, a conduit la délégation des deux syndicats. Une seconde rencontre a eu lieu le 23 juillet 2026, à la demande des syndicats, après que le ministre a saisi son Premier ministre pour l’organisation de ces discussions. « Toutes les questions liées aux conditions de travail et de vie de mes collaborateurs m’interpellent au premier chef », a-t-il déclaré, indiquant s’être comporté « à la limite comme un avocat » pour défendre la situation des agents.
Lors de ces rencontres, le ministère du Travail a accepté de mettre en place un guichet unique pour rassembler les dossiers de reclassement des travailleurs de la justice, afin de procéder à un reclassement global et de gagner du temps. Il a également accepté de régulariser l’avancement de tous les travailleurs de la justice jusqu’en 2026, y compris ceux qui n’avaient pas avancé. Le ministre de la Justice a qualifié cette mesure de « concession majeure ». Des simulations ont par ailleurs été réalisées : elles font apparaître une augmentation significative des rémunérations après reclassement, le montant le plus faible étant de 200000 FCFA.
Il reste toutefois un point de blocage. Le ministère du Travail, conformément à la loi et à la pratique administrative, a proposé un reclassement sur cette base. Les syndicats ont fait une contre-proposition et demandent un reclassement en conservant leur grade. Le ministère du Travail a estimé que cette demande n’était pas possible, faute de base légale, et qu’elle risquait d’ouvrir la voie à des demandes similaires d’autres fonctionnaires. Les syndicats considèrent, eux, qu’il s’agit d’une discussion syndicale et qu’ils peuvent parfaitement formuler cette demande.
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