Budget 2027: Ce qui change sur les recettes fiscales par rapport à 2026…


Le projet de loi de finances (PLFI) 2027, transmis à l'Assemblée nationale, confirme la trajectoire ascendante des recettes publiques sénégalaises, tout en marquant un net ralentissement par rapport à l'exercice précédent. La comparaison avec la loi de finances 2026 ajustée révèle une progression modérée des recettes fiscales, dans un contexte de consolidation budgétaire progressive.
 
Pour l'ensemble du budget, les recettes projetées pour 2027 s'élèvent à 6012,1 milliards FCFA, contre 5848,7 milliards FCFA dans la loi de finances 2026 ajustée, soit une progression de 163,4 milliards FCFA (+2,8 %). Les dépenses, à l'inverse, sont orientées à la baisse, passant de 7583,9 à 7 363,7 milliards FCFA (−2,9 %), signe d'un effort de rationalisation de la dépense publique.
 
Au sein du budget général, les recettes fiscales sont arrêtées à 5044,6 milliards FCFA dans le PLFI 2027, contre 4931,5 milliards FCFA dans la LFI 2026 ajustée, soit une hausse de 113,1 milliards FCFA (+2,3 %). Cette progression, bien que positive, marque un ralentissement sensible comparé à la dynamique observée en 2026, où les recettes fiscales totales (y compris comptes spéciaux) avaient bondi de plus de 23 %.
 
Il convient toutefois de distinguer les périmètres. Le tableau des opérations financières de l'État (TOFE) de l'administration centrale retient des montants plus élevés : 5115,8 milliards FCFA pour 2026 et 5497,8 milliards FCFA pour 2027, soit une augmentation de 382 milliards FCFA (+7,5 %). Cet écart s'explique par l'inclusion des recettes affectées aux comptes spéciaux du Trésor et par des différences de classification comptable.
 
Structure fiscale, la bascule vers les impôts directs se confirme
 
L'analyse par catégorie fiscale, sur la base des projections pluriannuelles, confirme le mouvement de fond engagé en 2026 : le déplacement progressif de la charge fiscale vers les impôts directs. Les impôts sur le revenu, les bénéfices et les gains en capital progressent de 1 806,8 à 1 972,7 milliards FCFA entre 2026 et 2027 (+9,2 %). Les impôts sur les salaires et la main-d'œuvre augmentent plus modestement, de 55,8 à 60,2 milliards FCFA (+7,9 %), tandis que les impôts sur le patrimoine passent de 103,1 à 108,5 milliards FCFA (+5,2 %).
 
Du côté des impôts indirects, les impôts sur les biens et services (y compris FSIPP) s'établissent à 2 567,6 milliards FCFA en 2027, contre 2 399,8 milliards en 2026, soit une progression de 7,0 %. Les impôts sur le commerce extérieur suivent une tendance similaire, de 641,2 à 673,8 milliards FCFA (+5,1 %).
 
La comparaison entre 2026 et 2027 met en évidence un contraste frappant. L'année 2026 avait été marquée par une envolée spectaculaire des recettes fiscales, portée par des mesures exceptionnelles de mobilisation et un élargissement de l'assiette. Pour 2027, la progression se normalise, traduisant à la fois la maturation des réformes engagées et la prudence des prévisions dans un contexte de volatilité des prix des hydrocarbures.
 
Le gouvernement mise sur une pression fiscale ciblée à 21 % du PIB dès 2027, soutenue par les retombées du secteur pétrolier et gazier, estimées à 703,2 milliards FCFA sur la période 2027-2029. Cette stratégie vise à consolider les recettes tout en ramenant le déficit budgétaire à 3 % du PIB à l'horizon 2029.
 
Ce qu’il faut retenir, c’est que le budget 2027 confirme la trajectoire haussière des recettes fiscales, mais avec une ampleur moindre qu'en 2026. La structure fiscale poursuit sa mutation vers une imposition plus directe, tandis que les impôts indirects progressent sans retrouver leur dynamique antérieure. L'équation budgétaire reste toutefois exposée aux aléas des cours du pétrole et aux contraintes de financement, qui pourraient peser sur la réalisation effective de ces prévisions.
Jeudi 15 Octobre 2026
Dakaractu



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