Quo vadis mundo ?


Quo vadis mundo ? Où va le monde ? Où va notre village planétaire, notre maison commune ? 
Au rythme effréné de la mondialisation marquée par une avalanche d’inconvénients et de conséquences fâcheuses, cette question est loin d’être saugrenue, absurde, bizarre. 
Elle jaillit du sein d’une globalisation sauvage, désordonnée, qui  n’équivaut point à l’universalisation des enjeux, mais qui s’apparente plutôt à un cas de figure où l’interdépendance entre êtres humains, Etats et/ou communautés, est rudement mise à l’épreuve.  
Aussi, interpelle-t-elle tout citoyen universel. Elle s’impose d’elle-même à tous les citoyens du monde, certainement interloqués, et ouvre une kyrielle d’autres questions philosophiques. Ces questions revêtent de graves connotations raciales, ethniques, confessionnelles, identitaires… 
Ces connotations trouvent leurs racines dans la crise de confiance. Une crise de confiance pathologique des pratiques d’espionnage et de surveillance secrète de l’autre. C’est la dialectique entre l’ordre et le désordre mondial ; l’antagonisme entre la logique politicienne et la logique citoyenne. Pourquoi s’arroger ce droit de surveiller, d’épier, d’espionner le voisin sinon tous les autres? C’est notamment le cas dans la course folle aux armements les plus sophistiqués, spécialement à la prolifération incontrôlée du nucléaire. 
Quel intérêt le monde  aurait à encourager cette course idiote aux armements et à la sordide prolifération du nucléaire où, la moindre erreur de manipulation d’un engin atomique, pourrait signer la fin du monde? Ne faudrait-il pas, au contraire, un supplément de conscience, d’âme, d’amour et de bonté pour, durablement bâtir de meilleures relations internationales ?
Le renoncement de Kadhafi à l’arme atomique vers les années 80, n’a-t-il pas facilité de manière quasi certaine son assassinat ? En d’autres termes, Kadhafi n’avait-il pas donné le bâton pour se faire battre, ou l’arme pour se faire abattre ? 
Cela n’a-t-il pas convaincu la Corée du Nord, de ne jamais renoncer à son tour, à son projet ou droit légitime de se doter comme tant d’autres pays pas plus méritants, de l’arme nucléaire, et conforté sa judicieuse décision, de ne pas faire marche arrière dans sa course décriée vers le sésame dissuasif ? Pourquoi l’Iran ne suivrait-elle pas l’exemple de la Corée du Nord, jadis rejetée, isolée, bannie mais subitement devenue, grâce à ses capacités dissuasives qu’elle exhibe avec fierté, une nation fréquentable et une interlocutrice directe des Etats-Unis d’Amérique ? Les Nations-Unies sont-elles réellement unes, unies ? 
Font-elles preuve de sagesse décisionnelle ou de mensonge obsessionnelle dans la gouvernance holistique mondiale ? Pourquoi  la tribune des Nations-Unies est si souvent transformée non pas en agora, mais en ring, où s’affrontent des pugilistes ? C’est avec un cœur lourd, que les citoyens du monde les observent, dans leurs joutes verbales où la parole devient un sport de combat avec des uppercuts intellectuels aussi meurtriers les uns que les autres, que se renvoient des diplomates perfidement nourris, hélas, à satiété, à la culture de la violence verbale et physique.
Le Mémorial de Yad Vashem (musée de la Shoah ou holocauste avec 6 millions de morts) s’impose-t-il par exemple comme un devoir de mémoire pour non seulement inciter Israël à un sursaut de conscience, mais aussi et surtout pour obliger l’Etat sioniste à ne pas commettre de génocide palestinien ? En tout cas, tout juif ou étranger qui visiterait ce musée, s’effondrerait en larmes. 
Or, pourquoi toutes les chaudes larmes, quotidiennement versées à Yad Vashem, ne feraient-elles pas taire à  jamais, les armes entre Israël et la Palestine ? Pourquoi la Palestine doit-elle éternellement rester sous une abominable domination ou une colonisation israélienne ? 
Pourquoi ne pas privilégier la solution à deux Etats qui a l’assentiment de la communauté internationale? 
Qu’est-ce qui bloque cette solution pourtant inéluctable, car plus équilibrée, si l’on veut vraiment la paix dans cette partie du Moyen Orient ? Pourquoi l’Etat d’Israël, terre sainte qui abrite à Jérusalem des lieux de pèlerinage des trois grandes religions révélées, ne deviendrait-il pas le centre et l’épicentre de la fraternité abrahamique ? 
Les multiples résolutions Onusiennes contre Israël toujours non suivies d’effets, n’ont-elles pas imprudemment enflammé, empoisonné, aggravé et dangereusement détérioré le climat de la gouvernance politique mondiale ?  Pourquoi les Nations-Unies se laissent-elles piétiner, marcher dessus par Donald Trump, otage de lobbies juifs? Les sanctions américaines contre des Etats tiers ne sont-elles pas l’étincelle qui répand le feu partout dans le monde ?
Une sale guerre, une guéguerre salée ne se joue-t-elle pas en permanence entre membres permanents du Conseil de sécurité ? Pourquoi cette guerre et cette guéguerre sur des questions politiques, économiques, sociales, environnementales et même humanitaires pourtant toutes simples, mais aussi essentielles pour la paix et la stabilité mondiale? Ne sommes-nous pas au cœur  du Conseil de sécurité ? Pourquoi ce conseil supposé être impartial peine-t-il si laborieusement à harmoniser, en chœur, ses positions qui influent et influencent la marche du monde? Et d’ailleurs, de quelle sécurité parle-t-on ? Les résolutions des Nations-Unies n’engendrent-elles pas plus de crises et d’insécurité à travers le monde ? Les membres permanents de ce conseil, aujourd’hui totalement inapproprié et, en déphasage totale avec la géopolitique mondiale actuelle, ne sont-ils pas au contraire, les instigateurs de toute l’instabilité-insécurité qui prévaut sur terre? 
Pourquoi tant de contradictions dans l’esprit et la lettre du droit international ? Les peuples ne sont-ils pas en droit d’attendre une meilleure réglementation et une régulation plus appropriée dans la législation de la gouvernance mondiale ? 
Cette réglementation ne fluidifierait-elle pas et n’huilerait-elle pas les relations internationales ? N’est-ce pas la principale cause de tant de contestations, de confrontations et d’affrontements dans le monde ? Pourquoi la gouvernance mondiale est-elle aussi cruelle et aussi anti démocratique ? 
Cette cruauté et ce manque de démocratie ne sont-ils pas la cause nostalgique  de tant de replis identitaires, de nationalisme, d’unilatéralisme ? Les citoyens des cinq continents n’ont-ils pas les mêmes droits à la vie, à la survie, à la paix et au développement ? 
La longue guerre froide n’aurait-elle pas dévié, dénaturé le fonctionnement des Nations-Unies ? On s’empresse d’emprisonner d’anciens chefs d’Etats ou leaders africains. Pendant ce temps, la CPI reste étrangement sourde, muette et aveugle face aux crimes des Bush, de Poutine, de Sarkozy, de Cameron, d’Erdogan, d’Al Assad, ……? 
Ou bien la nationalité, le rang social, ou le nom doit-il conférer une immunité immuable contre l’impunité ? L’actuel climat politico-social ou nouvel ordre mondial, ne résulte-t-il pas des mensonges de Reagan, de Bush père et fils, de Sarkozy de Cameron ? 
Leurs prédécesseurs avaient-ils fait mieux ? Ou avaient-ils plutôt commencé le sale job, désagrégeant les ensembles sous-régionaux des différents continents ? Cette situation qui remonte aux temps immémoriaux n’est-elle pas, de nos jours, aggravée par l’ambition démesurée de Poutine de rebâtir l’empire Russe ? 
Pourquoi piétiner la justice sociale dans la gouvernance mondiale ? Ce piétinement de la justice sociale, ne renforce-t-il pas le climat de méfiance et de défiance ? Pourquoi la sécurité collective ne serait-elle pas collégialement maitrisée pour un monde plus stable et plus juste? 
Pourquoi l’Afrique doit-elle rester le seul continent sans voix au chapitre et sans droit de véto (le droit de veto du Conseil de sécurité des Nations-Unies est un droit accordé uniquement aux cinq membres permanents du Conseil permanent des Nations-Unies qui leur permet de bloquer toute résolution ou décision, quelle que soit l'opinion majoritaire au Conseil) ? 
Ce droit de véto n’est-il pas un puissant instrument de marginalisation, d’oppression et de destruction ? Pourquoi cette hypocrisie institutionnalisée des Nations-Désunies ? Pourquoi ce droit de véto doit-il, plus d’un demi-siècle plus tard, être toujours injustement réservé à la Chine, à la France, aux Etats-Unis, au Royaume-Uni, à la Russie malgré les multiples changements et mutations intervenus non seulement dans le redécoupage géographique mais surtout dans la géopolitique mondiale? 
Ce droit de véto n’est-il pas devenu un moyen de chantage, de marchandage, une aberration engendrant des altercations en permanence? N’est-il pas le carburant qui amplifie la rage, alimente les braquages et toutes les attaques terroristes à travers le monde ? Un regard panoramique et rétrospectif de la gouvernance politique mondiale, ne nous plonge-t-il pas dans son univers sombre et son versent mélancolique ? 
Le terrorisme n’est-il pas une maladie planétaire ? Il n’est point une guerre classique avec une confrontation directe entre deux armées, où la plus forte a plus de chances de l’emporter. C’est une guerre atypique et asymétrique menée par des poltrons-drogués  qui se cachent derrière le masque de la lâcheté et de l’imposture pour surprendre, pour commettre plus d’atrocités et perpétrer plus de situations macabres ?
Malheureusement, des puissances tapis dans l’ombre soutiennent le terrorisme. Elles en font même un fond de commerce, un moyen de troc. Ce fut le cas en Afghanistan avec les Talibans et en Syrie avec Daech. C’est aujourd’hui encore plus le cas en RDC, au Kenya, au Cameroun, au Tchad, au Mali, au Nigéria, au Niger et au Burkina Faso. Les terroristes des Shebab, de  Boko-Haram, d’Aqmi et d’Ansar-Dine n’attaquent-ils pas par surprises dans ces vulnérables pays africains, tuant des civils constitués malencontreusement d’enfants, de femmes et de handicapés ? Au lendemain de chaque attaque, les populations ne se réveillent-elles pas dans la torpeur, gagnées par la frayeur ? L’irruption des djihadistes au sahel n’a-t-elle pas été favorisée par la destruction de l’Etat lybien? Les plus grandes armées du monde ont combattu Daech, mais ne font rien pour vaincre les groupes terroristes en Afrique. N’y a-t-il pas deux poids deux mesures ? Or pendant que les forces de défense et de sécurité agissent pour enrayer le fléau, d’autres s’agitent et multiplient les initiatives de manière désordonnée sans l’avis de principaux concernés.
La pauvreté et la paupérisation ne sont-elles pas les symptômes cliniques d’une pathologie mélancolique qui ternit l’esprit et la lettre du droit international? Pourquoi peine-t-on à développer des projets intégrateurs pour enclencher une bonne fois pour toutes, le développement accéléré de l’Afrique ? Pourquoi ne pas d’abord promouvoir l’investissement sur fonds propres des pays africains mais aussi l’investissement direct étranger pour industrialiser l’Afrique, pour transformer son économie et pour mieux lutter contre la pauvreté et l’immigration clandestine ? Tout ceci ne donne-t-il pas raison au Général De Gaulle dans son célèbre aveu diplomatique : « Les Etats n’ont pas d’amis, ils n’ont que des intérêts » C’est dire que la France a toujours tenu un discours-somnifère à ses anciennes colonies pour mieux satisfaire ses intérêts. La détérioration des termes de l’échange, les mesures d’ajustement structurel, la dévaluation du francs CFA ont été pour les africains auparavant dévastés par l’esclavage et la colonisation, les signes annonciateurs d’un futur crépusculaire. Or, malgré plus d’un demi-siècle d’indépendance, ils n’ont jamais su se mettre à la hauteur pour inverser irrémédiablement le cours de l’histoire. Il est donc temps qu’ils prennent leur destin en main.
Pourquoi les peuples, dans un multilatéralisme repensé, rénové et mutuellement accepté, ne peuvent-ils pas vivre ensemble en paix et en harmonie, loin des querelles, des guerres et des clivages de toute sorte ? Ou bien attendent-ils que Senghor se relève d’entre les morts pour leur inculquer le commun vouloir de vie commune ? N’urge-t-il pas pour le monde de comprendre que la guerre n’engendre que migrations forcées, immigrations clandestines et des souffrances effroyables et impitoyables ? Qu’est-ce que tuer peut-il alors apporter aux tueurs, à leur race, à leur ethnie, à leur religion ou à leurs pays ? Partout où elle frappe, la guerre ne laisse que des corps blessés, des vies brisées, une foi blessée ! Partout où opèrent les djihadistes et mafieux narcotrafiquants, ce sont des cœurs fanés et des corps profanés de femmes violées-mutilées par dessus tout.
La violence n’est-elle pas une profanation du nom de Dieu ? Une religion peut-elle être terroriste ou liée à des actes terroristes et barbares ? Pourquoi refuser à des minorités le droit à pratiquer leur foi dans leur vécu quotidien ? Pourquoi des pays où les minorités ne peuvent pas exercer leur foi sont les premiers à crier au scandale lorsqu’on recadre leurs ressortissants qui s’affichent comme des pharisiens dans d’autres pays ? Peut-on avoir la conscience tranquille, le cœur préposé et disposé au recueillement, lorsqu’on entre dans une synagogue après avoir orchestré des massacres de palestiniens ?  Peut-on être quitte avec sa conscience dans une église, lorsqu’on est vecteur des germes de la haine, de la division et du chaos transnational? N’a-t-on pas peur d’implorer la bonté imméritée de Dieu, lorsqu’on s’introduit sans peur et sans stupeur, dans une mosquée avec des mains souillées de sang  innocent? Pourquoi un croyant peut ou doit-il se plaire à faire du mal et se complaire à répandre l’injustice ? Suffit-il d’honorer Dieu du bout des lèvres pendant que son cœur est loin de lui ? Pourquoi les Don Juan, tartuffes et hypocrites se croient-ils plus proches de Dieu, allant même jusqu’à s’ériger en donneurs de leçons, qualifiant les autres de mécréants? Tout juif, chrétien ou musulman devrait, dans sa conscience ensanglantée d’impuretés, sinon vivre sous le joug de la culpabilité, du moins mourir de honte face à la banalisation des institutions internationales, à la déshumanisation des Hommes, (créés pourtant à l’image et à la ressemblance de Dieu) et à la désacralisation des religions. Au nom de la liberté, le lesbianisme et l’homosexualité s’abattent comme des missiles sur la religion plurielle. Cette forteresse-religion est déjà très fortement menacée par les obus de la zoophilie.
Le poète-président ayant sans doute reçu une visite nocturne de ses muses, s’était, au réveil, hâté lentement et sans perdre courage, à préconiser des idées novatrices à travers ses beaux poèmes. Mais en définitive, avait-il trop tôt raison ou tort, de rêver déjà en son temps, d’enracinement et d’ouverture, de métissage culturel et de la civilisation de l’universel? Un rêveur pourrait-il prôner la quête d’ « accords conciliants » et la progression par « cercles  concentriques », bref le dialogue des lumières éclairantes ? Ces paroles suaves, limpides et riches de sens ne devraient-elles pas encore sonner, résonner comme un leitmotiv dans les chastes oreilles du cœur de l’humanité pour l’orienter résolument vers un œcuménisme culturel ? Pourquoi un Etat doit-il voir en l’autre un partenaire hostile, inutile plutôt qu’un allié fidèle, solide ? Pourquoi abandonner les armes de l’amour révélées, enseignées, données, prônées par les prophètes et présentes dans les discours des apôtres de la non-violence ? Pourquoi ne pas les épouser et les mettre en pratique si l’on veut d’un monde nouveau, un monde meilleur sans migraines et sans crise de confiance ? A moins que les hommes et les femmes du village planétaire ne veuillent pas de l’unité dans la diversité fécondante !
Samuel SENE
Dimanche 24 Novembre 2019
Dakaractu



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