Patrimoine bâti de l’État / Affaire faycal : "« Monsieur le président, pour être poli, c’est votre interprétation. »" Abdou Karim Fofana défie le président de la commission d’enquête sur l’interprétation de la loi


L’audition d’Abdou Karim Fofana, ancien directeur général de l’Agence de gestion du patrimoine bâti de l’État (AGPBE) entre 2015 et 2019, a été marquée par un vif échange avec le président de la commission d’enquête parlementaire sur le patrimoine bâti de l’État. Au cœur des débats : les conditions d’attribution des baux et la régularité de certaines affectations à la cité Fayçal, où figureraient notamment parmi les bénéficiaires, deux adjoints au gouverneur de Dakar, le préfet de Pikine et celui de Guédiawaye, selon les déclarations rapportées lors de l’audition. Deux irrégularités ont été évoquées, notamment au regard des dispositions encadrant les compétences de l’agence et la valorisation des baux emphytéotiques.
La tension est montée d’un cran lorsque les compétences de l’AGPBE en matière de gestion et de résiliation des baux ont été discutées, notamment au regard des décrets de 2013 et de 2018. Face à l’argumentation de l’ancien DG, le président de la commission a opposé une lecture juridique qu’il présente comme fondée sur la loi. Abdou Karim Fofana lui a alors lancé : « Monsieur le président, pour être poli, c’est votre interprétation. » Le président a répliqué en affirmant qu’il ne s’agissait pas de son interprétation, mais de la loi. Une réponse à laquelle l’ancien responsable a opposé un argument de droit : « Vous interprétez la loi, tout le monde interprète la loi. » Un échange frontal qui met en lumière les divergences d’analyse sur l’étendue des prérogatives de l’agence.
 
Pour justifier sa position, Abdou Karim Fofana s’est notamment appuyé sur le décret de 2013, qui, selon lui, conférait à l’agence des compétences en matière de mise en œuvre des politiques d’aliénation et d’acquisition du patrimoine. Il a également soutenu que l’octroi de baux ne constituait pas une pratique apparue avec les décrets de 2013 ou de 2018, affirmant que l’administration qui précédait son mandat en accordait déjà. Au delà de cette confrontation, la commission devra établir, à partir des textes applicables et des éléments recueillis, si les procédures contestées respectaient effectivement le cadre légal.
Lundi 12 Octobre 2026
Dakaractu



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