« Il bénéficie du soutien du peuple ukrainien. » La réponse officielle prenant la défense de Volodymyr Zelensky est venue dans la nuit du 10 au 11 octobre du chef de la diplomatie, qui a rappelé sur les réseaux sociaux un principe simple : c’est aux Ukrainiens de choisir leurs dirigeants, écrit notre correspondant à Kiev, Lucas Lazo.
Si le souhait d’un renouvellement politique existe, une large majorité de la population estime que les élections doivent attendre la fin de la guerre.
Sidération des Ukrainiens
Et pour Kiev, ce n’est pas en allégeant les sanctions contre Moscou que cette guerre se terminera plus vite. La décision américaine d’autoriser de nouvelles livraisons de gazole russe a suscité la sidération dans le pays.
On ressent aussi de la colère et de l'incompréhension, ce matin dans les rues de Kiev. « Malheureusement, ils sont aussi fous l’un que l’autre » : Vladimir Poutine et Donald Trump, du pareil au même pour cet homme qui vend des petits drapeaux ukrainiens sur la place Maïdan de Kiev. Il ne décolère pas contre l’appel du président américain à organiser des élections en Ukraine : « Quel que soit le point de vue, et je pourrais passer des heures à vous expliquer pourquoi, c’est impossible ! C’est irréaliste, et ce n’est pas sérieux. Il ne faut simplement pas le faire ! D’abord, comment les militaires pourraient voter ? »
Près d’un million d’Ukrainiens sont actuellement mobilisés au sein de l’armée. C’est notamment le cas d’Oleksander, croisé à la sortie du métro : « Nous avons un bon président, c’est lui qui nous permet de tenir. Nous n’avons pas besoin d’élections maintenant. Quand la guerre sera terminée, alors là oui, nous pourrons envisager des élections. »
« Je ne veux même plus entendre parler de Trump »
Viktoria est retraitée. Selon elle, la reprise des importations de gazole russe et la levée partielle des sanctions décrétée par Washington relèvent de la trahison : « Je ne veux même plus entendre parler de Trump. Comment une personne normale peut-elle dire aux Ukrainiens : “Ne frappez plus la Russie, mais laissez-la vous bombarder"... comment peut-on dire une chose pareille ? Ça me dépasse. »
Un trait d’humour noir qui traduit le sentiment de trahison au sein des officiels ukrainiens. Pendant ce temps, les attaques russes se poursuivent : cette nuit, plus d’une centaine de drones ont été lancés sur l’Ukraine, selon l’armée de l’air. Dès vendredi, les Nations unies faisaient état de plus d’une centaine de civils tués depuis le début de la semaine.
Encore peu de réactions des Européens
Le Premier ministre britannique Andy Burnham a dit apporter de son côté sa « totale solidarité » au président ukrainien, lors d'un échange téléphonique entre les deux dirigeants.
Allié militaire majeur de Kiev, Berlin s'est limité à « prendre acte » de la décision américaine, mais a réaffirmé son soutien à Kiev.
Volodymyr Zelensky a dit avoir discuté « des difficultés posées par l'allègement des sanctions sur les produits pétroliers » russes par téléphone avec son homologue français Emmanuel Macron. L'Élysée n'a pas immédiatement réagi à l'annonce de l'accord entre Washington et Moscou.
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