Partage du rapport de l’ITE 2015-2016 à Kédougou : « Le contenu local reste un défi majeur à relever ... Car les communautés attendent beaucoup des retombées de l’exploitation minière » (M. Mankeur NDIAYE)


Partage du rapport de l’ITE 2015-2016 à Kédougou : « Le contenu local reste un défi majeur à relever ... Car les communautés attendent beaucoup des retombées de l’exploitation minière » (M. Mankeur NDIAYE)
M. Mankeur NDIAYE, président du comité national de l’ITE a présidé l’atelier régional de dissémination des Rapports Itie 2015 et 2016 tenu à Kédougou ce mardi 09 février 2018.
Devant les autorités administratives, locales, la société civile…., M. Ndiaye  a tenu à expliquer les raisons de sa démarche et le choix porté sur la région de Kédougou.
En effet, dira-t-il  « L’option prise pour effectuer la deuxième dissémination régionale des rapports ITIE à Kédougou se justifie hautement par la position de la région. Cette dernière est la collectivité territoriale aurifère par excellence du Sénégal. Il n’est pas inutile de rappeler que l’Or est devenu une source importante d’exportation du pays. Ce qui permet de générer des devises importantes et de contribuer à l’équilibre de la balance commerciale.  
Les exportations en or industriel ont connu une augmentation exponentielle de 2009 à 2016, passant de 85,4 milliards à 193,3 milliards de FCFA.  L’industrie aurifère contribue directement aux rentrées de fonds du Trésor public.
A titre d’illustration, les contributions des entreprises minières au niveau de la région sont de 13 Milliards en 2014, 18, 4 milliards en 2015 et 32, 4 milliards en 2016, soit une hausse de 43% entre 2015 à 2016.  Il s’y ajoute que les dépenses sociales des entreprises sont en constante augmentation. Par exemple, la Société Sabodala Gold Operations après la fin de la période d’exonération, a versé une patente de 709 millions à la commune en 2016.  
Plusieurs projets sont en cours de développement dans la région. Il s’agit entre autres, du projet de Mako avec le Petowal Mining company, du projet de Massawa avec RandGold, du projet de Makabingui, etc. En plus, les gisements prometteurs comme celui de Malikoundi avec IAMGOLD Corporation et ceux de fer de la Falémé avec d’importantes réserves de qualité, témoignent la dynamique affichée par la région. 
Le rapport sur la Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE) de Sabodala Gold de 2016, a identifié des opportunités pour les petites et moyennes entreprises (PME) locales dans le cadre de l’approvisionnement en services et équipements miniers, en transport, en maintenance. »
Le président de l’ITIE a aussi invité les pouvoirs publics, les agences de développement et les sociétés minières à promouvoir le développement local. Ainsi, dira-t-il, «  il est important que les pouvoirs publics et les agences de développement accompagnent davantage les entreprises intervenant dans la région de Kédougou pour pouvoir bénéficier de plus d’opportunités.  
A cet effet, le contenu local reste un défi majeur à relever pour maximiser l’impact des industries extractives dans le tissu économique local. Car les communautés attendent beaucoup des retombées de l’exploitation minière. C’est ce que le Président de la République Son Excellence Macky SALL, a instruit dans le Rapport ITIE 2014, publié en octobre 2016 en demandant :   « La mise en application de la réglementation sur la péréquation qui constitue un fondement de l’équité économique, sociale et territoriale ».  Pour mettre en œuvre cette recommandation qui constitue une source de financement pour les collectivités territoriales, un  Comité interministériel a été mis en place pour travailler sur les arrêtés portant répartition de la dotation d’appui du Fonds de péréquation et d’appui aux collectivités territoriales tiré des ressources annuelles provenant des opérations minières de 2010 à 2015. Il s’agit de 20% des recettes (constituées essentiellement de la redevance et des droits fixes) issues des activités minières qui sont versés dans un Fonds d’appui et de péréquation destiné aux collectivités comme le prévoit la législation minière. D’ailleurs, le Nouveau Code Minier du 8 novembre 2016 en son article 115 prévoit un Fonds d’appui au développement local. Ce Fonds a pour mission de financer le plan de développement des communes abritant les opérations minières pour contribuer à leur développement économique et social. Il sera alimenté à hauteur de 0, 5% du chiffre d’affaires hors taxe annuel des entreprises en exploitation et sur la base des engagements financiers négociés pour les entreprises en phase de recherche et en phase de développement. Ainsi, la mise en place effective du Fonds d’appui et l’opérationnalisation de la péréquation vont contribuer à l’amélioration des conditions de vie des populations à travers des activités génératrices de revenus favorisant le développement durable. Au demeurant, l’application concrète des innovations découlant du nouveau Code minier de 2016 en termes d’organisation de l’activité minière artisanale et de délimitation de couloirs d’orpaillage, d’extension de la réhabilitation des sites à partir de la phase de recherche des projets, de garantie de réhabilitation minière à travers l’ouverture d’un compte fiduciaire auprès d’un établissement spécialisé désigné par l’Etat..., pourra également contribuer à assurer un impact durable des industries extractives. » Par ailleurs le  Président du comité national de l'ITIE a saisi cette opportunité pour inviter la société civile et les communautés à s’approcher d’avantage de l’ITIE. « C’est le lieu pour moi d’encourager la société civile et les communautés à s’approprier davantage l’ITIE comme outil de redevabilité, d’évaluation et de contrôle des revenus tirés de l’exploitation minière. Je salue vivement, au passage, le rôle actif de la Coalition Publiez ce que Vous payez qui, d’ailleurs, organisera, demain des foras communautaires. Par la même occasion, je voudrais vous dire ici, que notre pays, après quatre années de mise en œuvre de la Norme ITIE se livre à l’épreuve de la validation qui est un élément crucial du processus ITIE permettant de vérifier les progrès du Sénégal par rapport à la Norme mondiale. Enfin, je voudrais vous encourager à pérenniser la vitalité du dialogue entre l’Etat, les compagnies et les organisations de la société civile. »
 
Mardi 9 Janvier 2018
Dakaractu




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