Palais de justice : pour une affaire de chanvre indien, M. Sèye violente un agent de police et écope de 15 jours de prison ferme


Une affaire de coups et blessures volontaires s’est invitée, ce 1er février, au tribunal correctionnel de grande instance de Dakar. Le dossier impliquant la famille Seydi est des moins incompréhensibles. 

En effet, les prévenus L. Diop, Mb. Seydi et M. Seydi cités au cœur de cette affaire, sont respectivement poursuivis pour détention de chanvre indien pour le premier nommé, violence à agent pour le second et complicité de violence pour le dernier. Il est reproché aux frères Seydi d’avoir administré des coups et blessures volontaires à un agent de la police dans l’exercice de sa fonction, moyennant une incapacité de travail temporaire de 4 jours. Attraits à la barre, les trois (2) prévenus ont apporté leur part de vérité sur les accusations qui pèsent sur leurs personnes.

« Le samedi 20 janvier dans l’après-midi, j’ai été interpellé par la police vers l’unité 24 des Parcelles Assainies. Les policiers m’ont fouillé mais n’ont rien trouvé par devers moi. Ils m’ont menotté avant de m’amener sur la terrasse d’un villa située sur les lieux. Ils m’accusent d’avoir fumé du chanvre indien », a déclaré L. Diop qui clame son innocence.

« Les policiers m’ont arrêté,  menotté et fait entrer chez les Seydi. On m’a appréhendé au niveau du terrain de basket. Quand ils m’ont arrêté, je croyais qu’ils allaient m’amener dans leur véhicule et à ma grande surprise, ils m’ont amené chez les Seydi sur la terrasse pour me forcer à leur livrer du soi-disant chanvre indien que j’aurais caché sur place », a dit le mis en cause.

Interpellé sur son implication dans cette affaire, Mb. Seydi donne sa version.

« Un policier en civil est entré chez moi le jour des faits lorsqu’il m’a croisé devant la porte. Je lui ai demandé ce qu’il voulait mais il m’a mal répondu en m’intimant l’ordre de dégager de la voie, je me suis opposé et il m’a donné un coup de poing au visage avant d’aller appeler ses collègues en renfort », a expliqué le frère Seydi qui réfute avoir violenté l’agent.

« Je ne l’ai jamais violenté au contraire c’est lui qui m’a blessé avec ses collègues avant qu’ils ne m’interpellent », a-t-il ajouté.

Pour sa part, l’autre frère M. Seydi a soutenu n’avoir pas pris part à l’altercation. Il explique avoir été injustement accusé de complicité de violence à agent.

« L’altercation m’a trouvé dans le salon. Quand je suis sorti, j’ai vu que Mb. Seydi se battait avec le policier ce qui a ameuté la famille », a déclaré M. Seydi.

 

Il ressort du procès verbal d’enquête que L. Diop en compagnie de Mb. Seydi usait de chanvre indien sur la terrasse du domicile de la famille Seydi et c’est l’odeur du produit prohibé qui a poussé le policier à vouloir s’introduire dans la demeure. Les frères Seydi ont démenti en soutenant n’avoir jamais vu le sieur L. Diop.

« Je ne connais pas les Seydi. C’était la première fois que je posais les pieds chez eux. Lorsque les policiers m’ont amené sur place j’y ai trouvé une foule », a ajouté L. Diop.

À la question de savoir les raisons pour lesquelles il s’est opposé à l’intrusion du policier chez lui, Mb. Seydi a répondu ignorer son identité.

« Je me suis battu avec le policier parce qu’il était en civil, il ne m’a pas montré de carte et j’ignorais qui il était réellement, alors qu’il voulait forcer le passage pour entrer. C'est pourquoi j’ai riposté. Nous ne l’avons jamais blessé. Chez moi, il y’avait que ma mère, ma sœur et mon frère qui était dans le salon », s’est-il justifié.

 

Dans sa plaidoirie, l’avocat de la famille Seydi a indiqué que le policier voulait faire une perquisition au domicile des mis en cause. Il a renseigné que l’altercation entre le jeune Seydi et le policier précéde l’intrusion de L. Diop dans la demeure et parle d’incompréhension entre son client et le policier.

« Si mon client savait qu’il avait affaire avec un policier, il ne se serait pas comporté comme il l’a fait », a dit le conseil qui a sollicité une application bienveillante de la loi pénale envers les Seydi.

Rendant son verdict sur l’affaire, le tribunal a relaxé L. Diop et M. Seydi des faits qui leur sont reprochés. La juridiction a toutefois requalifié les faits de violence à agent en coups et blessures volontaires en défaveur de Mb. Seydi avant de le condamner à 15 jours de prison ferme.

 
Jeudi 1 Février 2024
Moussa Beye




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