La Cité Belle-vue fait le bilan des récentes pluies dévastatrices : « 67 maisons sinistrées, véhicules, mobilier et électroménager détruits et des pertes estimées à plusieurs centaines de millions »


Les inondations d'octobre 2026 ont laissé la cité Belle-vue exsangue. Lors d'une conférence de presse tenue ce matin, l'association des habitants a dressé le bilan d'une catastrophe qu'elle qualifie de « humaine, matérielle, sanitaire et sécuritaire ». Après l'intervention de son président, Me Alassane Seck, la vice-présidente, Mme Sylla Khady Niang, a détaillé l'ampleur des pertes, notamment pour les véhicules et les biens domestiques. « Vous savez ce que coûte un véhicule neuf aujourd'hui », a-t-elle lancé. Selon elle, tous les habitants, sans exception, ont retrouvé leur voiture dans l'eau, au fond de la cité, où elle est restée trois jours avec toute son électronique. « Aucune voiture ne démarre », a-t-elle affirmé, estimant que ce seul poste représente des centaines de millions de francs CFA de pertes. Les véhicules ont été remorqués par des mécaniciens, qui évaluent actuellement le coût des réparations.

 

Dans les maisons, le constat est tout aussi lourd. Mme Niang assure qu'aucun foyer n'a conservé son mobilier, bois et fauteuils compris, tout ayant séjourné trois jours dans l'eau. Les habitants ont dû tout sortir, comme l'ont montré les images de camions venus évacuer les biens détruits. Télévisions, réfrigérateurs, congélateurs, micro-ondes : l'électroménager est hors d'usage. « Moi qui vous parle, je n'ai plus aucun appareil électroménager chez moi », a-t-elle témoigné. Les sinistrés fouillent aujourd'hui leurs documents à la recherche de leurs factures pour établir la valeur de ce qu'ils ont perdu.

 

Sur la base de 67 maisons touchées, l'association estime les pertes globales à plusieurs centaines de millions de francs. « Je ne plaisante pas en disant cela », a insisté la vice-présidente, précisant qu'une évaluation maison par maison sera nécessaire. Elle a également évoqué l'état psychologique de certains habitants, choqués par ce qu'ils ont vécu.

Cet aspect avait été souligné par Me Seck, qui rapporte que plusieurs personnes évacuées par les embarcations des sapeurs-pompiers sont « tombées en transe » et plaide pour une assistance psychologique, notamment pour les personnes âgées. Plus de 80 % des habitants sont des retraités qui ont bâti leur maison sur fonds propres, sans apport de l'État.

 

À ces pertes s'ajoute un danger physique immédiat. Le ravinement et les infiltrations ont fait disparaître le pavage et le sable dans plusieurs zones, creusant des cratères et des trous profonds qui fragilisent les fondations et exposent, selon Me Seck, enfants et personnes âgées à des risques permanents de chutes et d'accidents graves. Certaines maisons menacent de s'écrouler, et le mur de clôture effondré laisse la cité ouverte, aggravant l'insécurité. D'après l'association, la cause est à chercher dans le lotissement de la zone de captage des eaux pluviales, qui aurait dévié les flux d'eau vers la cité. Me Seck rejette l'idée que Belle-vue soit bâtie sur une voie d'eau, rappelant que la cité, construite entre 1986 et 1990, n'avait jamais été inondée par le seul ruissellement avant les épisodes de 2005, 2022 et 2026.

 

Les habitants réclament une solution technique définitive, avec l'arrêt du ruissellement vers la cité et le drainage des eaux vers la mer, le remplacement rapide du mur par un ouvrage moderne, ainsi qu'une indemnisation complète. Prêts au dialogue avec les autorités, ils posent une ligne rouge : « Jamais, je dis bien jamais », ils ne renonceront à leurs maisons.




Samedi 24 Octobre 2026
Dakaractu



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