Otage du conflit entre l’UNACOIS et la Douane, le Sénégal frôle une pénurie d’huile


Pour avoir fait de la baisse des prix des denrées de consommation courante une priorité de sa gouvernance, le président Macky Sall doit surveiller, comme de « l’huile sur le feu », le climat délétère qui prévaut, présentement, entre la direction générale des Douanes et les acteurs qui sollicitent, quotidiennement, les services de cette institution. En clair, le torchon brûle, depuis quelque temps, entre ces acteurs et le nouveau directeur général Omar Diallo. Et le bras-de-fer, sur fond de chasse aux sorcières, risque d’avoir des répercussions néfastes sur le prix de l’huile, à un peu plus d’un an de la présidentielle de 2019.
En vérité, informe, ce jeudi, notre confrère Dakartimes : « L’UNACOIS avait donné ordre à ses membres de suspendre toute déclaration douanière sur l’huile alimentaire jusqu’à nouvel ordre. Cela suite à la décision de la direction générale de réajuster le dédouanement des huiles alimentaires. Il semble que les conteneurs devraient désormais payer 8,7 millions de F Cfa au lieu de 4 millions comme avant, soit 500F le Kg. Mais hier, les commerçants sont revenus sur leur décision après des négociations avec la direction de la Douane qui a annulé sa décision ».
Ignorant les raisons de ce rétropédalage, le journal renseigne, cependant, que le ministre de l’Economie, des Finances et du Plan, Amadou Ba, était informé vers 16 h par un de ses proches. On imagine, dès lors, que l’argentier de l’Etat, qui suit de très près ce dossier sur instruction du président de la République, a tapé sur la table du directeur général pour amener celui-ci à revoir sa copie.
Notre source rappelle que cette crise risquait d’induire, fâcheusement, une pénurie de l’huile sur le marché. Ainsi le ministre du Commerce, Aliou Sarr, ses collègues Amadou Bâ et Birima Mangara étaient dans l’obligation de parer au plus pressé pour régler cette situation.
« Pire encore, les recettes douanières allaient être affectées par ce blocage. Car la Douane liquidait des droits sur l’huile alimentaire pour une valeur de 813 millions de F Cfa par jour, mais cette décision des commerçants de suspendre toutes les déclarations allait réduire les recettes jusqu’à 85 millions de F Cfa par jour. Et la mesure de la direction générale de la Douane allait faire perdre à l’Etat 728 millions chaque jour », ajoute notre source. Dakartimes éclaire, sur ce registre toujours, que l’échéance a été fixée au mois de mars 2018 pour appliquer les réajustements sur l’huile. Comme pour dire que la Douane n’a fait que reculer pour mieux sauter.
Qui plus est, notre confrère révèle que la publication, dans la presse, des performances, en matière de liquidation, à l’actif de son prédécesseur, portant sur le chiffre de 900 milliards de F Cfa, n’est pas du goût du nouveau directeur général, dont certains de ses proches soutiennent, en privé, que « rien de bon n’a été fait depuis 03 ans».
Jeudi 11 Janvier 2018
Dakaractu



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