Keur Massar/ Visa, Gambie et mystérieux « policier » italien : 4,25 millions pour rejoindre l’Italie, le projet de M. Seck finit devant le tribunal…les dessous d’une escroquerie familiale

M. Seck pensait investir les économies familiales dans un départ pour l’Italie. Après avoir remis 4,25 millions de francs CFA à M. M. Diouf, sa belle-sœur par alliance, il n’a jamais effectué le voyage annoncé. La prévenue, qui se disait simple intermédiaire, a finalement été condamnée pour escroquerie, rapporte L’Observateur.


Le rêve d’émigration de M. Seck s’est transformé en longue procédure judiciaire. Selon L’Observateur, cet homme désirait rejoindre l’Italie et avait mobilisé 4,25 millions de francs CFA pour financer son projet de voyage.
 
L’affaire prend naissance dans un cadre familial. M. M. Diouf, âgée de 40 ans et domiciliée à Keur Massar, entretenait des liens de proximité avec M. Seck : la sœur de ce dernier est mariée au frère de la prévenue.
 
Selon la version de M. Seck, sa mère avait vendu la maison familiale avant d’en acheter une autre. Une partie de l’argent restant devait lui permettre de financer son départ pour l’Europe. Sa sœur lui aurait alors parlé de M. M. Diouf, présentée comme étant en mesure de l’aider.
 
M. Seck affirme lui avoir progressivement remis de l’argent. Plusieurs transactions auraient été effectuées via Wave, dont des versements de 500 000 et 584 000 francs CFA. En décembre 2024, le montant total remis aurait atteint 4,250 millions de francs CFA.
 
Le départ promis n’a toutefois jamais eu lieu. Au fil des mois, différentes explications auraient été données. Des difficultés en Gambie auraient d’abord été évoquées, avant que d’autres possibilités ne soient mentionnées, notamment du côté de la Guinée. La piste gambienne serait ensuite redevenue privilégiée.
 
La prévenue aurait affirmé avoir mis M. Seck en relation avec un ressortissant étranger présenté comme un « policier » en fonction à l’aéroport de Milan. Cet homme était supposé faciliter son installation à son arrivée en Italie.
 
À la barre, M. M. Diouf a toutefois affirmé qu’elle n’était qu’une intermédiaire et qu’elle n’avait pas directement encaissé les fonds pour son propre compte. Une version contestée par la partie civile, M. Seck maintenant avoir remis l’argent entre les mains de sa belle-sœur.
 
Les débats judiciaires ont également fait apparaître une évolution notable de la promesse. Il ne s’agissait plus seulement d’obtenir un visa, mais également d’une supposée carte de séjour. Interrogée par l’avocat de M. Seck, la prévenue a expliqué que le « policier italien » devait accueillir son client à l’aéroport de Milan puis l’accompagner dans les démarches pour obtenir le document.
 
L’avocat de la partie civile a estimé qu’une telle procédure n’avait rien de régulier et que M. M. Diouf ne disposait d’aucune qualité lui permettant de délivrer un visa ou une carte de séjour. Il a demandé qu’elle soit déclarée coupable d’escroquerie et a réclamé 5 millions de francs CFA au titre du préjudice subi.
 
La défense a, de son côté, insisté sur le contexte familial de l’affaire et sur le rôle d’intermédiaire de sa cliente. Elle a soutenu que celle-ci n’aurait pas initialement eu l’intention de commettre une infraction. Son conseil a cependant reconnu la difficulté juridique liée au fait qu’elle avait reçu les fonds sans pouvoir justifier clairement leur destination.
 
M. M. Diouf a proposé à l’audience un premier remboursement de 400 000 francs CFA, avec l’engagement de solder progressivement le reliquat. Sa défense a également évoqué ses difficultés personnelles, dont une maladie et le décès de son enfant, pour solliciter la clémence du tribunal.
 
À l’issue des débats, le Tribunal des flagrants délits de Pikine-Guédiawaye l’a reconnue coupable d’escroquerie. Elle a été condamnée à six mois d’emprisonnement, dont deux mois ferme.
 
Elle devra également verser 4,5 millions de francs CFA à M. Seck à titre de réparation. Pour celui-ci, le projet d’installation en Italie s’est donc soldé par des années d’attente, la perte de plusieurs millions et une affaire familiale portée devant la justice.
Vendredi 28 Août 2026
Dakaractu



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