Isra : le faible budget alloué à l’institut retarde le paiement des salaires / Les chercheurs craignent des menaces sur le PSE


Isra : le faible budget alloué à l’institut retarde le paiement des salaires / Les chercheurs craignent des menaces sur le PSE
Selon un communiqué de son personnel parvenu à Dakaractu ce samedi, l’Institut Sénégalais de Recherches Agricoles (ISRA) rencontre plusieurs difficultés liées à un budget faible et instable. « En effet, depuis 10 ans, l’ISRA ne reçoit de l’Etat que 4,5 milliards de FCFA. Ces ressources, qui ne couvrent que 45% des besoins de l’Institut, ne sont pas toujours totalement recouvrées malgré l’évolution du personnel et l’augmentation des charges », alerte le communiqué. Avant de poursuivre : « depuis septembre 2017, la situation s’est encore dégradée en raison du non versement de la quatrième tranche d’un budget déjà insuffisant. Sans cette tranche de 1,475 milliards, des retards dans le paiement des salaires sont notés et des arriérés et impayés ne sont pas à écarter pour les prochains mois ».

« D’autres conséquences découlent de cette situation. D’abord, le risque de ne pas prendre en charge la totalité de la recherche stratégique publique du fait que ce sont presque 50% des ressources mobilisées qui dépendent des fonds compétitifs internationaux. Ensuite, en plus du déficit en ressources humaines administratif, technique et scientifique, une partie du personnel souffre de la précarité de son statut après des renouvellements de contrat sur plusieurs années. Aussi, le Centre d’Etude Régional pour l’Amélioration de l’Adaptation à la Sécheresse (CERAAS), un des centres phares de l’ISRA, premier Centre Régional d’Excellence (CRE) de la CEDEAO sur les céréales sèches et cultures associées de l’Afrique de l’Ouest, après des investissements multiples sur une décennie, risque-t-il de fermer et de faire perdre ce statut de CRE au Sénégal. De même, cette absence de moyens financiers crée une grande léthargie scientifique dans des points névralgiques du pays comme la Casamance dont le vecteur du développement doit être les productions agricoles », détaille le texte.

« Si la situation perdure, le risque majeur est la non atteinte des objectifs du PSE avec en premier l’indisponibilité des semences (base et prébase) de céréales (riz, maïs, mil, sorgho, fonio), de légumineuses (arachide, niébé), horticoles (oignon, pomme de terre…).  Au niveau de la santé animale, il y a, avec la dégradation des conditions de production de vaccins, un risque de survenance d’épidémies (peste, maladie du sommeil dans les écosystèmes sensibles, Newcastle pour la volaille). Ainsi, l’approvisionnement en viande, lait et œufs en quantité et qualité sera compromis. L’exploitation irrationnelle des forêts va se poursuivre en l’absence de connaissances avérées sur leur disponible et les catégories vulnérables (femmes) vont perdre leurs ressources additionnelles tirées des produits de cueillette avec le vieillissement des sujets. Enfin, le dernier risque est la diminution et la rareté des stocks de poissons (thiof, yaboye…). En résumé, c’est la remise en cause de la souveraineté alimentaire du peuple sénégalais qui est en jeu », menace notre source.

« Au regard des enjeux et en prévision des conséquences, les travailleurs de l’ISRA à travers les syndicats réunis réclament d’une seule voix un masque d’oxygène. Celui-ci consiste d’abord en l’augmentation substantielle de la part de l’Etat dans le budget de l’ISRA pour prendre en charge les besoins stratégiques de recherche et de veille scientifique. Ensuite, il faudra la garantie de mobilisation effective du budget pour un fonctionnement décent de l’Institut. Aussi, les syndicats exigent-ils le respect des engagements au regard du code du travail et la préservation du patrimoine de l’ISRA », termine le document signé du Dr Tamsir Mbaye, secrétaire général du syndicat des chercheurs SARAA, de M. Saliou Niang, leader de SYNTRA et de M. Abdel Kader Sagna secrétaire général de SYRIESTA.
Samedi 13 Janvier 2018
Dakaractu




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