Hôpital Abass Ndao /affaire du nourrisson retrouvé dans une machine à laver : trois employées devant le tribunal trois ans après...les parents du bébé réclament 100 millions FCFA

Trois ans après un drame survenu au service de néonatologie de l’hôpital Abass Ndao, l’affaire du nourrisson retrouvé dans une machine à laver est revenue devant le tribunal correctionnel de Dakar. Deux infirmières et une buandière sont poursuivies pour homicide involontaire. Les parents réclament 100 millions de FCFA de réparation, rapporte Les Échos.


C’est une affaire particulièrement douloureuse qui est revenue devant la justice trois ans après les faits.
 
Selon Les Échos, les infirmières Ndèye Birame Sylla et Rose Niang Diop ainsi que la buandière Astou Diène sont poursuivies pour homicide involontaire à la suite de la mort d’un nourrisson dont les restes avaient été retrouvés dans une machine à laver de l’hôpital Abass Ndao en juillet 2023.
 
L’affaire a été examinée par le tribunal correctionnel de Dakar le jeudi 10 septembre 2026.
 
Les faits se seraient déroulés au service de néonatologie. Ndèye Birame Sylla assurait une garde de nuit au cours de laquelle huit bébés se trouvaient sous surveillance. L’un d’eux est décédé.
 
Selon les éléments évoqués à l’audience et rapportés par Les Échos, le corps du nourrisson aurait été placé dans des draps, puis un sac de linge destiné à la buanderie aurait été constitué.
 
Un enchaînement de manipulations du linge entre le personnel infirmier et la buanderie aurait alors conduit le sac contenant le nourrisson jusqu’à la machine à laver.
 
À la barre, Astou Diène a expliqué qu’elle avait trouvé un sachet de linge devant la porte de la crèche en arrivant vers 7 h 30. Elle affirme l’avoir ramassé avant de le placer dans la machine sans vérifier précisément ce qu’il contenait.
 
Elle a expliqué que le personnel n’avait pas l’habitude de vérifier les objets enveloppés dans les draps lorsqu’il s’agissait de linge pour bébés, contrairement à certains linges provenant des blocs opératoires qui sont inspectés notamment pour détecter des seringues ou des traces de sang.
 
Rose Niang Diop a reconnu avoir transporté un sachet de linge vers la buanderie. Elle a expliqué qu’elle ignorait qu’un nourrisson se trouvait à l’intérieur.
 
Ce n’est qu’après le cycle de lavage que la terrible découverte aurait été faite.
 
Le père de l’enfant, Jean François Kouderin, a livré à la barre un témoignage particulièrement éprouvant. Il a expliqué que le bébé, qui était leur premier enfant, avait d’abord été suivi par le pédiatre avant d’être transféré dans la salle Kangourou.
 
Lui et son épouse seraient rentrés chez eux sans imaginer que ce serait la dernière fois qu’ils verraient leur enfant vivant.
 
Il a raconté qu’à leur retour à l’hôpital, les médecins les avaient informés qu’un bébé avait été retrouvé dans la machine.
 
Le père a également évoqué les graves conséquences psychologiques du drame pour le couple. Selon son témoignage rapporté par Les Échos, son épouse a vu les restes de son enfant et a ensuite dû être suivie par un psychiatre et un psychothérapeute.
 
L’avocat de la partie civile, Me Mamadou Diaw, estime que le tri du linge aurait dû être effectué à la fois au moment de la collecte dans les services et lors de son arrivée à la buanderie. Il considère que cette précaution élémentaire n’a pas été respectée.
 
S’appuyant sur le certificat relatif aux causes de la mort, le conseil a évoqué un cycle complet de lavage dans un liquide chaud ayant provoqué d’importantes lésions sur le corps du nourrisson.
 
La partie civile réclame la déclaration de culpabilité des prévenues ainsi que 100 millions de FCFA de dommages et intérêts au bénéfice des parents.
 
Le parquet a requis six mois de prison ferme contre Ndèye Birame Sylla, assortis d’une amende de 500 000 FCFA, ainsi qu’une amende de 200 000 FCFA contre Astou Diène. Concernant Rose Niang Diop, le procureur s’en est rapporté à la sagesse du tribunal.
 
La défense a demandé la relaxe des prévenues.
 
L’agent judiciaire de l’État a, pour sa part, demandé que l’État du Sénégal soit mis hors de cause dans le volet indemnitaire de la procédure.
 
Le délibéré a été fixé au 17 décembre 2026, indique Les Échos.
Samedi 12 Septembre 2026
Dakaractu



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