Escroquerie - blanchiment - Trafics de migrants : La CENTIF enregistre 371 déclarations d’opérations suspectes (…) les récriminations sur les banques, plus fréquentes ! (Rapport 2021-2022)


La Cellule nationale de Traitement des Informations financières (CENTIF) du Sénégal a sorti son rapport de l’année 2021-2022. Dans ce document, la cellule de renseignement financier de type administratif sous la tutelle du ministère chargé des Finances a fait remarquer que 371 déclarations d’opérations suspectes ont été reçues.  En effet, après une progression substantielle du nombre de déclarations constatée en 2020 (qui était de 213), la CENTIF s’est engagée dans une collaboration extensive avec les déclarants, afin d’optimiser le processus de déclaration. Cette initiative a abouti à une consolidation du nombre de déclarations reçues entre 2016 à 2021, malgré une réduction du nombre de DOS concernant les années 2018 et 2020.



En effet, l'analyse des déclarations d’opérations suspectes par type d’assujetti met à jour une montée du nombre de DOS provenant des banques et établissements financiers. « Le montant des DOS reçues au cours de l’année 2021 s’établit à plus de 568 milliards de francs CFA, dont plus de 551 milliards de francs CFA se rapportent aux signalements faits par les banques. Le reste étant réparti comme suit : - les régies financières (427 982 13 048 francs CFA) , - les sources nationales (1 532 500 000 francs CFA) ; - les système de transfert d’argent (1 071 718 415 de francs CFA) ; - les sociétés d’assurances (247 millions de francs CFA) ; - les notaires (72 499 800 de francs CFA) ; - les SFD (34 560 000 de francs CFA) ; les Établissements de monnaie électronique (19 353 000 de francs CFA) » apprend le rapport qui précise que ces montants correspondent à des transactions effectuées ou rejetées, au sujet desquelles les entités déclarantes ont eu des doutes sur la licéité des sommes en cause.



La réintégration dans le circuit économique de l’argent (d’origine criminelle ou délictuelle) dissimulé aux services fiscaux est aussi récurrente d’après le CENTIF dans la plupart des DOS reçues. Cette technique de blanchiment de capitaux repose d’après l’institution financière sur « la mise en œuvre d’opérations complexes avec la création de sociétés opaques et le transfert de fonds à l’étranger ». Ces dossiers mettent souvent en cause des personnes d’origine étrangère, qui investissent dans des activités très rentables comme l’import-export, le transfert d’argent, l’exploitation agricole et l’offre de services. Dans son rapport, la CENTIF met à nu des infractions remarquées particulièrement dans les banques telles que l’usurpation de la signature de dirigeant de société ;  l’association de malfaiteurs ;  l’accès illégal dans un système d’information ;  usurpation d’identité · le faux et usage de faux en écritures privés ; Retraits frauduleux de fonds ; la transmission d’un faux ordre de virement à la banque ; l’utilisation de l’identité d’un tiers pour l’ouverture d’un vrai faux compte à son insu pour recevoir des fonds d’origine frauduleuse, encore dite la technique du blanchiment de capitaux « coucou- smurfing ». 



La question de l’immigration irrégulière révèle très souvent l’existence de réseaux criminels en lien avec la traite des personnes. Dans le rapport, il est expliqué que la division nationale de Lutte contre le Trafic de migrants a ouvert une enquête contre des personnes pour des faits de trafic illicite de migrants, faux et usage de faux, usurpation d’identité, association de malfaiteurs et blanchiment de capitaux. L’institution a révélé des enquêtes sur des réseaux qui envoient des migrants à destination des pays de l’espace Schengen, moyennant des sommes comprises entre 2.000.000 de F CFA et 4.000.000 de F CFA.  



 Cheikh S. FALL
Lundi 13 Novembre 2023
Dakaractu




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