Enlèvement d’enfants en série : À qui la faute ? Accusés levez-vous !


Le père du petit Fallou, âgé seulement d’un peu plus de deux, va devoir vivre la plus difficile épreuve de son existence. Enterrer  son fils. Aucun père ne  devrait avoir à vivre une telle souffrance. Son fils, a été retrouvé mort dans un sac, à moins de deux cents mètres de sa maison. Presque exactement dans les mêmes conditions que cet autre enfant retrouvé mort à grand Mbao. Le petit Fallou est le dernier d’une série qui est déjà trop longue.  Les sénégalais ont peur. Les familles ont peur. La psychose a presque fini de s’emparer du pays. Comme toujours en pareille situation, des questions se posent. En se rendant à Gouye Mouride, quartier du petit Fallou,  la "Badjenu Gox" de ce quartier, après avoir dénoncé et regretté ce qui s’est passé, a aussi pointé du doigt les jeunes mamans qui selon elle, « ne surveillent pas assez leurs enfants ». Il est vrai que dans la plupart de nos communautés, il se pose effectivement une question de surveillance de nos enfants. Combien sont-ils à traîner dans les rues, parfois jusque tard le soir ? Combien, combien sont-ils à partir et à revenir  seuls de l’école ? Il y a à ce niveau beaucoup de choses à revoir, il y va de la responsabilité des parents. De la responsabilité de  l’État aussi, lui qui est resté muet, sans aucune réaction pour au moins rassurer les populations. Il faut le dire, l’État a failli à sa mission première et fondamentale d’assurer la sécurité des citoyens.  Et pourtant, il est possible de faire descendre toutes les forces de sécurité, y compris l’armée pour rassurer le peuple et montrer qu’il est là. Mais pour assister à leur déploiement dans les rues et sur les routes, il faut qu’il y ait une visite d’un chef d’État et ou que Macky se déplace, comme si elles ne sont là que pour lui. Après chacune des disparitions d’enfants, aucune recherche sérieuse n’a été menée par les forces de sécurité, ce sont les populations elles-mêmes qui s’organisent des jours durant, pour tenter de retrouver leurs siens. C’est de la non-assistance.  On pensait,  avec les Agents à la Sécurité de Proximité (ASP),  avoir trouvé la solution au déficit de policiers et de gendarmes, mais la montagne a finalement accouché d’une petite souris. En lieu et place d’agents de sécurité de proximité, nous avons eu droit à des plantons, des chauffeurs, des agents de circulation, des secrétaires, des gardiens de service… jetant leurs missions premières dans les poubelles. La dernière sortie du directeur de la sécurité publique, n’est rien d’autre qu’un aveu de négligence. D’après lui « les moyens matériels de la Police ont été renforcés afin de venir à bout du phénomène de meurtre des enfants. » Ne fallait-il pas le faire avant ? Silence on enlève et on tue nous enfants. A qui la faute ? Accusés levez-vous!  
Yafata
Mercredi 21 Mars 2018
Dakar actu




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