Élection d'Umaro Sissoco Embalo : Les narco-trafiquants dans la tourmente en Guinée Bissau ?


L'arrivée de l'ancien officier de l'armée à la tête de l'Etat bissau-guinéen n'est pas une bonne nouvelle pour les narco-trafiquants.

Ces dernières années, ils ont fait de ce pays ouest-africain un passage pour transporter leur marchandise vers l'Europe. En attestent les deux grandes saisies de cocaïne opérée par la Police judiciaire entre mars et décembre 2019.

La première opération qui a permis aux policiers bissau-guinéens de mettre la main sur 800 kilos de cocaïne mettait en cause un proche du président de l'Assemblée nationale du Niger, un autre nigérien, un Sénégalais et un bissau-guinéen. Ils ont été jugés et condamnés à des peines allant de 14 à 15 ans de prison ferme. Au mois de septembre, près de 2 tonnes de cocaïne ont été saisies dans différentes villes du pays.

Mais cette saisie qui intervenait à quelques semaines du démarrage de la campagne électorale en vue de la présidentielle dont le premier tour a eu lieu le 24 novembre, a mis en ébullition la scène politique bissau-guinéenne.

L'opposition avait à l'époque accusé le pouvoir d'être impliqué dans ce trafic de drogue qui met en overdose le pays à quelques encablures de la présidentielle. Des accusations que le pouvoir incarné par le Parti africain pour l'indépendance de la Guinée et du Cap-vert avait balayées. Mais un candidat comme Umaro Sissoco Embalo ne lâchait pas l'affaire.

D'ailleurs, parmi ses thèmes de campagne, l'ancien Premier ministre qui a créé avec d'autres dissidents du PAIGC, le Madem G15, avait placé la lutte contre le trafic de drogue.

Dans toutes ses sorties, il promet de combattre sans relâche les groupes qui veulent faire de la Guinée Bissau un "Narco-Etat". Une posture courageuse si l'on sait l'influence que les narco-trafiquants sud-américains et leurs relais africains peuvent avoir dans les appareils d'Etat faibles comme ceux de la Guinée Bissau.

Il n'empêche, le Général Umbalo semble engagé à leur mener la vie dure, pourvu qu'il ait tous les pouvoirs pour arriver à ses fins. Cela suppose que son parti ou l'alliance qui l'a porté au pouvoir au détriment de son adversaire Domingos Simoes Pereira parvienne à renverser la tendance à l'Assemblée nationale au sortir des prochaines législatives. Malgré sa déculotée à la présidentielle, le PAIGC reste timidement majoritaire au Parlement.

C'est dire que pour le moment, cet homme dont l’élection à la tête de la Guinée Bissau aura chamboulé beaucoup de calculs, n'a pas les coudées franches pour mettre les narco-trafiquants hors d'état de nuire.
Jeudi 9 Janvier 2020
Dakaractu




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