Attaque armée à Niaguis : le vrai film du drame / Tout a commencé vers 7h du matin, ce samedi


Attaque armée à Niaguis : le vrai film du drame / Tout a commencé vers 7h du matin, ce samedi
A travers le communiqué qu’il a publié ce samedi sur l’attaque armée ayant entrainé la mort de 13 personnes à Niaguis, le gouvernement souligne que le drame a eu lieu vers 16h30. Le site Kewoulo, sous la plume de son patron Babacar Touré, soutient le contraire. « Il ressort de nos investigations que « c’est un guet-apens qui a été tendu », ce samedi, aux exploitants de la forêt. Des premiers témoignages obtenus sur place, « c’est vers 7 heures du matin , que tout a commencé », éclaire notre confrère.

« Les rebelles s’étaient dispersés, en petits groupes cachés dans les bois. Ils ont commencé à arrêter tous ceux qui rentraient dans la forêt. Et, ils nous ont rassemblés dans un endroit, sous la menace de leurs armes. De 7 heures, nous sommes restés jusqu’à midi, ignorant ce qui allait se passer. Et, soudain, ils se sont rassemblés et ont commencé à nous tirer dessus», a raconté un rescapé à Kewoulo.

Poursuivant son récit, Touré détaille : « Contacté par nos soins, le chef d’un village de la zone a déclaré que « c’est aux alentours de 11 heures » qu’il a entendus les premiers coups de feu. « Mais, comme dans cette zone on est habitué à ce genre d’ambiance, personne n’y a prêté attention », a-t-il déclaré. Alors qu’ils se croyaient dans un huis clos, les hommes armés qui ont dépouillé leurs otages, les ont rassemblés et ont ouvert le feu sur eux. 22 personnes ont été passés à l’arme ».

Le journal en ligne explique également que trois exploitants de bois -qui ont eu plus de chance que les autres- ont assisté à la scène. « Ce sont gens-là qui, après le départ des derniers rebelles, ont quitté leur cachette pour donner l’alerte au premier gendarme en faction sur la route. Il est 15 heures quand la gendarmerie a été alertée. Aussitôt, les sapeurs-pompiers sont réquisitionnés », narre note confrère. Avant de poursuivre : « la forêt des Bayottes étant en zone de non droit, il n’arriverait à aucun commandant des Sapeurs pompiers l’idée saugrenue d’y engager ses hommes. Ce sont, donc, les rescapés qui vont prendre ce risque. Ils ont appelé parents et proches et, ensemble, ils ont décidé de retourner sur les lieux du drame, sauver ceux qui peuvent encore l’être ».

 «On a découvert les corps sous un tas de bicyclettes. Après les avoir tués, ils les ont rassemblés comme du bois mort et ont posé les vélos -qu’ils ne voulaient pas prendre- sur les corps. Ils ont aussi abattu de nombreux ânes qui étaient reliés aux charrettes», a témoigné un rescapé à Kewoulo.

« Il n’y avait pas que des jeunes, le plus vieux devait avoir 60 ans voire plus. Et les plus jeunes ont largement dépassé la trentaine. La plupart des victimes n’était pas venu couper du bois pour le vendre. Mais, ils étaient venus chercher du bois mort, pour faire la cuisine », raconte un autre témoin.

Pour finir, renchérit Kewoulo : «Il faut savoir que c’est dans une zone non accessible. On est presque à la frontière avec la Guinée Bissau. Si les Sapeurs-pompiers n’ont pas pu accéder à la zone, c’est qu’ils attendaient l’arrivée de l’escorte de l’armée. Mais, entretemps, les populations ont été plus rapides en allant elles-mêmes chercher les corps des profondeurs».  

 

 
Dimanche 7 Janvier 2018
Dakaractu



Nouveau commentaire :
Facebook Twitter



Dans la même rubrique :