Vers les rendez-vous électoraux: Quelles chances pour une opposition morcelée, orpheline d’un leader?

Comme à la veille des élections locales, des coalitions et partis politiques cherchent la bonne stratégie pour disposer d’un bon nombre de députés à l’Assemblée nationale. Après Yewwi Askan Wi en septembre dernier, Wallu Sénégal quelques jours après, c’est au tour cette fois-ci de Thierno Alassane Sall, Thierno Bocoum, Abdourahmane Diouf, Cheikh Oumar Sy et le juge Dème de mettre en place une alliance dénommée « Aar Sénégal ».
Du côté du Parti démocratique sénégalais, on semble recoller les morceaux à travers la redynamisation notée depuis la fin des élections locales. Toutes choses donc qui nous amènent à poser la question de la meilleure option pour une opposition « morcelée » à faire face à un Benno en stratégie permanente ? Cette dislocation qui est en train de s’opérer dans les rangs de l’opposition à quelques mois des législatives, lui profitera-t-elle?


Nous sommes bien dans un processus de reconstruction voire de restructuration au niveau des partis politiques,  surtout de l’opposition. Une phase qui s'avère  très complexe, liée au fait qu’il n’y pas de franche  domination d’un parti sur les autres qui pourrait s’imposer et dicter ses règles. En réalité, il n’y a pas un leader accepté par tous comme ce fut le cas avec l’ancien président Abdoulaye Wade qui a été, plus qu’un fédérateur en son temps de l’opposition.   
Le parti démocratique sénégalais veut « renaître » de ses cendres. Après un compagnonnage avec des partis dans la coalition Wallu Sénégal aux dernières locales, le PDS va faire cavalier seul pour les élections des représentants du peuple, mais veut y aller avec stratégie en s’alliant avec des sensibilités politiques qui épousent son idéologie. Mercredi dernier, le parti a procédé à l’installation de son directoire de campagne, pour aller vers ces échéances qui vont constituer, pour Doudou Wade et ses camarades, l’étape intermédiaire et cruciale dans la marche vers la reconquête du pouvoir. Il est clair que le Pds ne compte pas fusionner avec Khalifa Sall qui est un fin socialiste encore moins Ousmane Sonko avec qui les regards politiques ne se croisent toujours pas. Le Pds envisage aussi, de préparer activement l'arrivée de son candidat, Karim Wade, actuellement au Qatar.
 
Pour la nouvelle alliance Aar Sénégal dans laquelle nous trouvons l’ancien ministre Thierno Alassane Sall, Thierno Bocoum, Abdourahmane Diouf, le juge Dème ou Cheikh Oumar Sy l’ancien parlementaire, la cohabitation avec la coalition Yewwi Askan Wi ne semble pas porter ses fruits. Pour illustration, la posture du Thierno Bocoum à la veille des élections locales qui dénonçait la démarche de Sonko, Khalifa Sall et compagnie au sein de YAW, suffit pour ne pas attendre un possible compagnonnage politique. Les positions de l’ancien ministre de l’énergie sont également illustratives. Mais ce nouveau pôle constitué, pourrait-il faire mal ? Selon l’analyste politique Babacar Dione, « le démarquage de ces hommes politiques cités ne peut pas faire mal aux autres coalitions ou partis comme Yewwi Askan Wi, le Pds. Ils veulent juste jouer sur leur crédibilité » considère notre interlocuteur.
 
Aujourd’hui, l’opposition, comme le pouvoir, ont chacun une chance de  bien s’en sortir aux élections législatives. Pour le cas de la coalition initiée par Khalifa Sall, elle sort confiante des dernières élections locales. Toutefois, la seule erreur qui sera fatale à Yewwi, c’est de dormir sur ses lauriers et se dire que le break est fait. D’où l’importance de refaire le même travail comme lors des locales. L’opposition, par ailleurs, pourrait profiter d’un faux pas de Benno. Ce  dernier s’est-il relâché ?
 
En effet, la coalition Benno Bokk Yakaar est en train d’extraire des militants et responsables politiques des rangs de Yewwi Askan Wi. C’est tantôt un maire qui est reçu par le président de l’alliance pour la république ou ses collaborateurs, tantôt, c’est un autre opposant qui fait l’éloge des réalisations du régime de Macky Sall. Benno ne peut-elle pas regretter ce genre d’adhésion aux allures de ce qui est considérée comme « la transhumance » par une partie des sénégalais?
 
Ce qui reste factuel, c’est qu’aujourd’hui, l’opposition est tributaire de ses scissions, divorces et/ou querelles politiques. Il n’y a ni parti leader, encore moins un leader politique. Il y a même des rivalités qui ne disent pas leur nom. Même si le parti démocratique sénégalais, perdant du pouvoir en 2012 et qui devait être le moteur de l’opposition, aujourd’hui, voit son leadership contesté. Il faut toutefois considérer que l’acquisition d'une majorité confortable  à la 14e législature sera problématique pour l'opposition en y allant en rangs dispersés...

 
Samedi 30 Avril 2022
Dakaractu



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