Un magistrat plaide pour que la cour d’assises retrouve sa solennité


Un magistrat plaide pour que la cour d’assises retrouve sa solennité

André Bob Sène, président de chambre à la Cour d’Appel de Dakar, a souligné, lundi à Dakar, la nécessité de redonner sa solennité à la cour d’assises, estimant qu’il appartient aux acteurs de la justice d’œuvrer pour que celle-ci ‘’ne soit pas considérée comme banale’’.

 

‘’La cour d’assises a perdu de sa solennité, et c’est à nous de faire en sorte que notre justice ne soit pas considérée comme banale’’, a-t-il dit lors de l’ouverture de la deuxième session de cette juridiction.

‘’Nous nous attellerons à être plus efficaces, car ce n’est pas la somme des décisions rendues qui fait une bonne justice, mais c’est de prendre la décision la meilleure’’, a-t-il promis, ajoutant que ses collègues et lui s’efforceront de travailler dans ce sens.

Prenant la parole, l’avocat général Mame Cor Ndour a abondé dans le même sens. ’’Depuis la loi du 27 septembre 2008, la cour d’assises a perdu un peu de sa solennité et cette perte de solennité se reflète au niveau de la cérémonie d’ouverture’’, a-t-il déploré.

Pour lui, ‘’ le cérémonial qui consistait à accueillir des autorités administrative et religieuses et des notables a été mise de côté et supprimé’’.

‘’ Cette suppression peut s’expliquer depuis la loi du 27 septembre 2007 qui a criminalisé le trafic de drogue. Le flux d’affaires inscrites au rôle a considérablement augmenté si bien qu’il y a 208 affaires qui attendent d’être inscrites au rôle de la cour d’assises, ce qui fait que les audiences de cette cour d’assises ont pris une allure d’affaires correctionnelles’’.

‘’ Nous constaterons, aujourd’hui, que la cour juge deux affaires par jour alors que, dans le passé, elle ne jugeait qu’une affaire et il faut résoudre ce gap qui a fait perdre à la cour d’assises sa solennité’.

Pour y remédier, a-t-il indiqué, ‘’il faudra démultiplier les sessions afin de résoudre le gap.’’

Pour sa part, le représentant du bâtonnier de l’Ordre des avocats, Ibrahima Nguiguène, a plaidé pour que la salle où se tiennent les procès de la cour d’assises soit ’’ équipée convenablement […]’’.

A l’occasion de cette deuxième session, la cour d’assises de Dakar se penchera sur des cas d’infanticide, de vols aggravés et de meurtre.

D’une durée de 15 jours, elle va impliquer 25 accusés, tous de nationalité sénégalaise. Deux de ces dossiers seront jugés lundi. Les autres accusés ayant été ramenés à leur lieu de détention en attendant leur jugement.

Lundi 14 Mai 2012
APS




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