Putsch au Niger : Le clergé Ouest Africain invite les organisations et institutions internationales à œuvrer pour des solutions pacifiques


Dans un contexte de tension politique au Niger avec le coup d’État militaire, les Cardinaux, Archevêques et Évêques des Conférences Episcopales Réunies de l'Afrique de l'Ouest ont écrit une lettre pour interpeller les acteurs majeurs à la retenue, à plus de responsabilité et au discernement dans la gestion de la situation socio-politique au Niger.
 
« Chers frères et sœurs en humanité,
Nous, les Cardinaux, Archevêques et Évêques des Conférences Episcopales Réunies de l'Afrique de l'Ouest, après concertation, sommes profondément préoccupés par la tension sous régionale en lien avec la situation politique au Niger. Face aux événements qui se déroulent actuellement dans notre sous-région, il est de notre devoir moral, spirituel et pastoral d'adresser cette lettre d'exhortation à tous les acteurs impliqués, de près ou de loin, dans la gestion de cette crise afin d'inviter chacun à faire preuve de retenue, de discernement et de responsabilité. Il y va de la vie de nos peuples de l'Afrique de l'Ouest », lit-on dans la note du clergé.
 
En gardant comme vision centrale "l'intégrité des populations" et en mettant l'accent sur le respect de la dignité humaine et un sens élevé de la redevabilité devant les hommes, l'histoire et Dieu le Créateur, ces frères et sœurs en humanité réaffirment que rien ne peut justifier la création ou la facilitation d'un environnement destructeur pour les populations. Aucun intérêt, projet individuel, national, régional, géopolitique ou confessionnel ne doit prévaloir sur la préservation de la vie, de la dignité humaine et de l'avenir des générations futures en Afrique de l'Ouest et au-delà.
 
Considérant que la violence ne résout aucun problème, même pas celui qui est à l'origine de son déclenchement, ils réaffirment et insistent auprès de la CEDEAO et de l'Union Africaine, pour dire que « toute intervention militaire au Niger en ce moment, compliquerait plus la situation des populations du Niger, de la sous-région et qu'elle ne leur apporterait des solutions. »

À titre d’exemple, le terrorisme qui a déjà son bilan macabre de veuves, d'orphelins, de déplacés, d'affamés, de mutilés, etc. Le cas de la Libye aussi, demeure un exemple tragique des conséquences désastreuses sur la vie, la dignité et l'avenir des populations. « Nous ne pouvons pas rester silencieux face à de telles situations et devons tirer des leçons pour que de tels événements ne se reproduisent plus, en particulier avec le Niger comme épicentre potentiel d'une crise similaire », considère le clergé qui interpelle nommément les institutions régionales et sous régionales telles que la CEDEAO et l'Union Africaine à faire preuve de responsabilité devant l'histoire et à revisiter leurs missions respectives, car, en cette période critique et délicate, il est essentiel que ces organisations jouent un rôle actif dans la recherche de solutions pacifiques et durables, en mettant en avant les intérêts de la population et le respect de leur dignité.
 
Mardi 8 Août 2023
Dakaractu




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