Présidence de l’UA 2023 - 24 : Des organisations panafricaines alertent sur l’élection du futur président et demandent la suspension des aides de l’UE à l’UA.


Dans la perspective de l’élection du Président de l’Union Africaine, lors du prochain sommet des Chefs d'État de l’Union Africaine qui se tiendra en février prochain, trente-deux (32) Organisations et partis politiques signataires de la présente déclaration parmi lesquelles l’Association Soninké du Sénégal pour l’égalité et le progrès (ASSEP) et GANBANAAXU Fédé regroupant le Mali, la Mauritanie, le Sénégal, la Gambie et les deux Guinée décident d'engager des procédures judiciaires devant les juridictions européennes pour empêcher que les fonds européens, donc l’argent des contribuables européens, soient destinés à financer le budget, des activités et projets d’une organisation dirigée par un Président dont la gouvernance politique et financière violent, ouvertement, des principes de l’État de Droit et de la démocratie tels que ceux énumérés à l’article 3 et à l’article 4, paragraphe 2 du règlement de l’Union Européenne relatif à la conditionnalité. Les parties prenantes à cette déclaration faite à Paris et rendu publique, ce 05 janvier, rappellent que cette règle vise, d’une part, à sanctionner financièrement les États, les institutions et les organisations coupables de violation de l’État de droit et éviter, d’autre part, que le Budget européen ne soit utilisé à mauvais escient par des gouvernements agissant en contradiction avec les valeurs de l’Union Européenne. 
 
À les croire, les juridictions de l’Union Européenne seront saisies pour se prononcer sur la légalité et la conformité des aides allouées à l’Union Africaine qui, par laxisme et indifférence, ne parvient pas à assumer ses obligations et qui, au contraire, apparait comme un soutien à des régimes non démocratiques.
 
Pour la trentaine d’organisations et partis panafricains, le prochain sommet des États membres de l’Union Africaine se tiendra dans un contexte d’extrême inquiétude pour l’avenir du continent. Inquiétude accentuée par les tensions politiques, sécuritaires, par les conflits actuels et à venir ou par la question des migrations de la jeunesse africaine qui meurt en tentant de traverser la méditerranée et l’océan indien pour fuir la misère et les régimes non démocratiques, autocratiques et répressifs.
« Dans ce contexte, l’hypothèse de l’élection de Monsieur Azali Assoumani, Président non constitutionnel, à la Présidence de l’Union Africaine, serait un abandon inquiétant par les pays africains à assumer leur responsabilité. Cela serait un reniement intolérable des organisations régionales et panafricaines à leurs valeurs et aux principes fondamentaux, rappelés dans leur charte », ont alerté les organisations signataires de la déclaration reçue à Dakaractu.
 
En effet, expliquent-elles, alors que les peuples d’Afrique aspirent à une nouvelle vision de l’Afrique, incarnée par des dirigeants politiques profondément et sincèrement engagés dans une dynamique respectueuse de l’État de droit et de la démocratie, il est impensable que l’Union Européenne maintienne son aide budgétaire à une Organisation Internationale dirigée par un dirigeant qui continue sans cesse, dans des positions de gouvernement, à s’opposer aux institutions constitutionnelles de son pays, à les supprimer, à faire de la torture, des persécutions policières et judiciaires, des assassinats politiques, du népotisme, de la corruption et des détournements des deniers publics son mode de gouvernance.
 
« Élire Monsieur Azali Assoumani à la présidence de l’Union Africaine serait reconnaître et légitimer des pratiques criminelles des régimes politiques et favoriser l’impunité des crimes et d’autres faits graves, ce qui compromet le développement économique de notre continent et maintient nos populations dans la pauvreté. Car, malgré la publication des rapports des Nations-Unies sur la torture aux Comores, de la décision de la Commission Africaine des droits de l’homme et des peuples, des déclarations de l’Union Européenne et celle de l’Union Africaine qui demandent de mettre fin aux détentions politiques et aux persécutions policières et judiciaires, Monsieur Azali Assoumani persiste à pratiquer la répression au mépris des engagements internationaux souscrits par son pays, l’Union des Comores », renseignent les signataires de la requête. 
Pour eux, l’élection du colonel Azali Assoumani au poste du Président de l’Union Africaine éloignerait davantage l’Union Africaine des préoccupations et inspirations légitimes des peuples d’Afrique qui exigent une vraie réforme des pratiques politiques et la défense de leurs droits les plus fondamentaux, l’État de droit et notamment la séparation des pouvoirs.
 
« Nos organisations entendent donc demander l’application de l’article 7 du traité de l’Union européenne qui prévoit un régime de sanctions en cas de violation des valeurs européennes et de l’état de droit », lit-on sur le document. C’est pourquoi les organisations panafricaines demandent à l’Union Européenne de prendre la mesure de cette question préoccupante de la candidature de Monsieur Azali Assoumani à la présidence de l’Union Africaine au regard de l’exigence du respect de l’État de droit qui est un pilier essentiel à la bonne gestion des fonds européens dont l’octroi est conditionné au respect des valeurs rappelées dans la charte de l’Union Européenne.
 
« Il est de notre devoir à tous de ne pas laisser l’avenir et l’espoir de milliards de jeunes africains entre les mains d’un homme dépourvu de vision pour son pays donc pour l’Afrique non plus.
Dans les circonstances présentes marquées par le terrorisme, la crise des migrants et le défi démocratique pour notre continent, les partis politiques et les organisations de la société civile, les populations espèrent et attendent beaucoup que notre organisation continentale soit dirigée par un dirigeant visionnaire et très engagé à inscrire l’Afrique dans une dynamique de changement radical des schémas de gouvernance qui ont échoué, qui maintiennent nos peuples dans la pauvreté », ont conclu les organisations signataires.
Ont signé la requête, RIDJA (Rassemblement pour une Initiative de Développement avec une Jeunesse Avertie), le Parti Africain pour l’indépendance de la Guinée-Bissau et du Cap Vert (PAIGC), l’Alliance des forces patriotiques pour une Guinée libre (AFPGL), le Parti Panafricanisme Congolais (PPC), le Parti de la Refondation pour une Action Globale (RAG), le Collectif des français d’origine ivoirienne et des amis de la Côte d’Ivoire (CFIAC), La Ligue Tunisienne pour la défense des Droits de l’homme, l’Alliance Ganbanaaxu, Fédé Mauritanie, l’ONG Waraba d’Afrique, Kane Afrique, l’association chère et Baobab, Union Nationale des Travailleurs africains des troupes coloniales et
d’Outre-Mer, la Ligue Panafricaine (UMOJA), l’Union des Volontaires pour le Développement Sonikana (UVDS), l’Association Contre la domination et l’Esclavage, Memouke Diaguily, l’ASSEP – (Association Soninké du Sénégal pour l’égalité et le progrès), GANBANAAXU Fédé : Mali, Mauritanie, Sénégal, Gambie et les deux Guinée, le RMFP (Rassemblement Malien pour la Fraternité et le progrès, ACDE, IRA France, l’ARMEPES France, AHME, UN Passé Trop Présent, U.V.D.S, ACDE, RMFP, Solidarité Africaine, Section France, le Mouvement pour la sauvegarde des Droits de l’homme (MSDH), l’Association Assistance des Nigériens, l’Union des Panafricains, l’Union pour des Panafricanisme et S.O.S Démocratie aux Comores.
 




Jeudi 5 Janvier 2023
Dakaractu



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