MBOUR : La morgue du centre hospitalier Thierno M. M. Barro en panne. Le scandale de trop?


Une défaillance électrique paralyse la morgue du Centre hospitalier Thierno Mouhamadoul Mansour Barro de Mbour. Depuis dimanche dernier, les sapeurs-pompiers ont dû mettre en place un dispositif provisoire pour acheminer les corps vers d’autres structures et morgues réglementaires. Un nouvel épisode qui ravive les inquiétudes sur l’état général d’un établissement hospitalier stratégique pour les populations de tout le département.
Même dans la mort, les familles mbouroises doivent-elles continuer à subir les conséquences des défaillances d’un service public hospitalier ? La question est brutale, mais elle mérite d’être posée.
 
Depuis dimanche dernier, les services des sapeurs-pompiers ont pris des dispositions provisoires pour assurer l’acheminement des corps vers d’autres structures et morgues réglementaires. Une solution d’urgence qui permet de faire face à la situation, mais qui ne saurait constituer une réponse durable à un dysfonctionnement aussi sensible.
 
Car une morgue hospitalière n’est pas un équipement secondaire. Elle participe à la dignité due aux défunts, au respect des familles endeuillées et au bon fonctionnement de la chaîne hospitalière. Sa mise hors service impose des contraintes supplémentaires à des familles déjà éprouvées par la douleur et soulève des interrogations légitimes sur la fiabilité des installations de l’établissement.
 
Un hôpital stratégique, des dysfonctionnements qui interpellent 
 
Le véritable problème dépasse aujourd’hui la seule panne de la morgue. C’est la répétition des difficultés signalées autour du Centre hospitalier Thierno Mouhamadoul Mansour Barro qui suscite l'inquiétude.
 
Cet établissement occupe une place stratégique dans le dispositif sanitaire du département de Mbour, qui compte seize communes et figure parmi les départements les plus peuplés du Sénégal. Il accueille des patients issus de différentes localités et doit répondre à des besoins sanitaires considérables.
 
Dans un tel contexte démographique, la question des équipements, de leur entretien et de la continuité des services ne peut être reléguée au second plan.
 
Comment un établissement hospitalier de cette importance peut-il se retrouver confronté à une panne paralysant un service aussi essentiel que sa morgue ? Quels mécanismes de maintenance sont en place ? Des dispositifs de secours électrique sont-ils opérationnels ? Quelles mesures immédiates sont envisagées pour rétablir le fonctionnement normal du service et éviter qu’une telle situation ne se reproduise ?
 
Autant de questions auxquelles les populations sont en droit d’obtenir des réponses précises.
 
Dakaractu Mbour tente de joindre les responsables,  sans succès 
 
Face à cette situation, Dakaractu Mbour a tenté en vain de joindre le président du Conseil départemental ainsi que le responsable de l’établissement hospitalier afin de recueillir leurs explications. 
 
Les populations ne demandent pas des discours rassurants. Elles attendent des explications, des mesures concrètes et, surtout, des résultats.
 
Les urgences ne peuvent pas devenir la norme 
 
Le recours provisoire aux sapeurs-pompiers pour transférer les corps vers d’autres structures permet de limiter les conséquences immédiates de la panne. Mais cette réponse d’urgence ne doit pas masquer la nécessité d’une solution définitive.
 
L'enjeu est de savoir combien de temps cette situation va durer, quelles sont les causes exactes de la défaillance électrique et quelles dispositions seront prises pour garantir la continuité du service.
 
Car lorsqu'un équipement aussi sensible cesse de fonctionner, ce n'est pas seulement une panne technique qui est en cause dans le débat public : c'est aussi la capacité de l'institution à anticiper les risques, à entretenir ses installations et à protéger la dignité des usagers.
 
Mbour mérite mieux que  des solutions de fortune 
 
Le Centre hospitalier Thierno Mouhamadoul Mansour Barro ne peut être considéré comme un établissement ordinaire. Son rôle dans la prise en charge sanitaire d'un département aussi peuplé lui impose des exigences à la hauteur des besoins des populations.
 
La panne actuelle doit donc servir de révélateur et, surtout, de déclencheur. Il faut établir les responsabilités techniques et administratives, évaluer les besoins de maintenance, vérifier la disponibilité des équipements de secours et communiquer sur les mesures prises pour remettre la morgue en service.
 
À Mbour, les populations sont en droit d'attendre un hôpital qui fonctionne, des équipements entretenus et des responsables qui rendent compte. La santé publique ne peut pas être une succession d'urgences, de solutions provisoires et de questions sans réponses.
 
La panne de la morgue pose ainsi une interrogation fondamentale : faudra-t-il attendre une nouvelle défaillance pour que les problèmes structurels de cet établissement soient enfin examinés avec toute l'urgence qu'ils méritent ?
 
Dakaractu Mbour continuera de suivre ce dossier et reste disponible pour recueillir les explications des responsables concernés.
Jeudi 29 Octobre 2026
Dakaractu



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