Législatives en Israël: le camp de Benyamin Netanyahu sans majorité, des tractations difficiles à venir


Législatives en Israël: le camp de Benyamin Netanyahu sans majorité, des tractations difficiles à venir
Le camp du Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu, est arrivé devant le bloc principal de l'opposition. Mais il est loin de la majorité pour garder le contrôle de la Knesset, selon les résultats finaux des élections législatives publiés dans la nuit du jeudi 29 au vendredi 30 octobre.

La coalition sortante de droite et d'extrême droite de Benyamin Netanyahu recueille 53 sièges sur les 120 que compte la Knesset, et le Likoud du Premier ministre reste le premier parti d'Israël avec 27 députés. Le bloc de l'opposition, emmené par le centriste Gadi Eisenkot, obtient 48 sièges. La participation record a également été confirmée par les résultats finaux, à presque 78 %.

Ces résultats publiés par la Commission électorale israélienne confirment par ailleurs la percée spectaculaire des deux listes arabes Raam et la Liste unifiée, qui raflent à elles deux 19 sièges et s'imposent comme de possibles faiseurs de roi.

Ces partis ont été visés jeudi 29 octobre par des accusations de fraude électorale relayées par le camp de Benyamin Netanyahu. Des responsables et des médias ont notamment affirmé que ces formations étaient soupçonnées d'avoir reçu des fonds du Qatar pour financer l'achat de voix. Les partis arabes, de même que le Qatar, ont rejeté ces accusations et Gadi Eisenkot a accusé Benyamin Netanyahu de chercher à « délégitimer les résultats » du scrutin.

Le service de renseignement intérieur, le Shin Bet, a indiqué qu'il enquêtait sur des soupçons d'irrégularité, tout en affirmant que cette enquête ne visait pas à « incriminer toute une communauté qui a voté de manière démocratique et légale ».

 

Sans faire explicitement référence aux accusations relayées par le camp du Premier ministre contre les partis arabes, la Commission électorale a affirmé jeudi que « certaines informations qui ont circulé sont entièrement infondées ». « L'enquête se poursuit en parallèle du processus mené par la Commission électorale centrale. Elle n'aura aucun impact sur les résultats finaux qui seront remis au président », a-t-elle ajouté.
Des tractations qui s'annoncent difficiles
Les résultats finaux seront officiellement remis mercredi 4 novembre au président Isaac Herzog, mais les tractations ont déjà commencé puisque les chefs de partis politiques ont entamé leurs discussions dès ce 29 octobre, indique notre correspondante à Jérusalem, Frédérique Misslin. Le président Herzog va recevoir leur recommandation, après quoi il désignera la personne la mieux placée pour construire une coalition. Benyamin Netanyahu ou Gadi Eisenkot ? Cette personne aura 28 jours plus une rallonge de 14 pour former un gouvernement. Majoritaire, minoritaire ou d’Union nationale ? Toutes les options sont sur la table. Issac Herzog a prévenu : « Il faudra faire preuve d’ouverture d’esprit pour éviter de convoquer de nouvelles élections. »
 

De son côté, le bloc de Gadi Eisenkot tente un coup de force parlementaire, quitte à précipiter le pays vers de nouvelles élections, en pleine escalade régionale, explique notre correspondant à Jérusalem, Michel Paul. 

Gadi Eisenkot le sait, il n’a pas les 61 sièges pour gouverner. Pourtant, dès la prestation de serment des députés le 10 novembre, le chef du parti Yashar veut faire voter des textes explosifs : la conscription universelle — bête noire des ultra-orthodoxes — et une commission d’enquête nationale sur les failles du 7 octobre 2023.

Une stratégie du fait accompli qui compte sur l’appoint des 19 élus arabes. Impensable pour le Likoud de Netanyahu, qui crie à la trahison, mais tout aussi intenable pour certains des propres partenaires de Gadi Eisenkot. C’est le cas notamment d’Avigdor Liberman qui refuse catégoriquement tout pacte avec les factions arabes. Mansour Abbas lui-même, chef de Raam, juge ce gouvernement minoritaire irréalisable.

Face à ce blocage et aux accusations d’ingérence étrangère, la coalition anti-Bibi se fissure déjà. L'absence de majorité à ce stade augure en tout cas de tractations extrêmement difficiles qui pourraient durer des semaines. En cas d'échec , le pays pourrait devoir organiser un nouveau scrutin, comme cela a été le cas à plusieurs reprises dans son histoire. Une perspective périlleuse, alors qu'aux frontières, la menace d’une nouvelle campagne militaire apparaît comme de plus en plus forte.

Vendredi 30 Octobre 2026
RFI



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