« La gestion de la dette s’est faite, quand j’étais à la tête du gouvernement, autour de cinq personnes » …« Jamais en Conseil des ministres » : Sonko révèle les coulisses de la gestion de la dette sous son gouvernement

Lors de la Déclaration de politique générale du Premier ministre Al Aminou Lo, Ousmane Sonko a fait une sortie remarquée à l’Assemblée nationale. Il affirme avoir eu accès au mémorandum du chef du gouvernement, qu’il dit avoir lu « de bout en bout », avant de revenir sur la manière dont la question de la dette était gérée lorsqu’il était à la tête du gouvernement. Selon lui, le dossier était traité par un cercle très restreint et n’a « jamais » été discuté en Conseil des ministres.


Ousmane Sonko a choisi le registre de la révélation.
 
Face au Premier ministre Al Aminou Lo, il a d’abord assuré avoir eu accès à un document présenté comme central dans les discussions économiques en cours.
 
« Monsieur le Premier ministre, je vous ferai une révélation. J’ai pu lire votre mémorandum de bout en bout », a-t-il déclaré.
 
Et d’ajouter : « Nous avons des connexions dans le monde entier. »
 
Ousmane Sonko affirme avoir pris connaissance du document dans son intégralité, depuis le premier pilier consacré au renforcement de la gestion des finances publiques et de la transparence jusqu’au cinquième pilier relatif à l’amélioration du système statistique national pour un suivi-évaluation plus efficace.
 
À travers cette déclaration, il laisse entendre qu’il dispose d’une connaissance précise du contenu des engagements et orientations contenus dans ce mémorandum.
 
Mais l’essentiel de son intervention a ensuite porté sur la gestion de la dette du Sénégal lorsqu’il était encore à la tête du gouvernement.
 
Ousmane Sonko a tenu à rappeler que ce dossier stratégique était, selon lui, traité dans un cercle particulièrement restreint.
 
« La gestion de la dette s’est faite, quand j’étais à la tête du gouvernement, autour de cinq personnes », a-t-il affirmé.
 
Il cite notamment le Premier ministre qu’il était lui-même, le ministre des Finances, le ministre de l’Économie et Al Aminou Lo, qui occupait alors les fonctions de Secrétaire général avant de devenir ministre d’État.
 
Selon Ousmane Sonko, aucune autre personne ne participait à ces travaux.
 
« Aucune autre personne n’a participé aux travaux », a-t-il insisté.
 
Il précise également que les réunions avaient lieu dans un premier temps à la Primature, avant d’être poursuivies à la Présidence de la République autour du chef de l’État.
 
« Les réunions se tenaient d’abord à la Primature et ensuite, je vous conviais à la Présidence autour du Président pour en discuter », a-t-il expliqué.
 
Ousmane Sonko a surtout livré une précision qui pourrait alimenter le débat sur la gouvernance du dossier de la dette.
 
Selon lui, la question n’a jamais été abordée en Conseil des ministres.
 
« Jamais, jamais cette question n’a été abordée en Conseil des ministres », a-t-il martelé.
 
Cette affirmation donne une dimension particulière à son intervention, dans un contexte où la dette et les négociations financières occupent une place centrale dans les échanges autour de la DPG.
 
Ousmane Sonko a toutefois adopté un ton plus institutionnel dans la dernière partie de sa prise de parole.
 
Il reconnaît la gravité de la situation économique et financière décrite par le Premier ministre et estime que celle-ci impose une mobilisation de tous les acteurs.
 
« La situation du pays est particulièrement préoccupante et nécessite un sursaut et un sens aigu de la responsabilité de la part de tout le monde », a-t-il déclaré.
 
Il a également indiqué que des discussions avaient déjà été engagées et que des accords étaient en cours de finalisation.
 
Mais Ousmane Sonko a tenu à rappeler le rôle central du Parlement dans l’issue de ce processus.
 
« En tout état de cause, le dernier mot reviendra à notre Assemblée nationale », a-t-il affirmé.
 
Par cette formule, il insiste sur le fait que, quelles que soient les discussions menées en amont, la représentation nationale devra jouer son rôle dans la validation des engagements qui touchent aux finances publiques.
 
L’intervention d’Ousmane Sonko aura donc combiné plusieurs messages : montrer qu’il reste informé des dossiers stratégiques, rappeler son rôle passé dans la gestion de la dette, préciser les conditions dans lesquelles ces discussions se tenaient et réaffirmer la primauté de l’Assemblée nationale dans les décisions finales.
Mardi 8 Septembre 2026
Dakaractu



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