Me Aïssata Tall Sall est allée droit au but. Après avoir consacré une première partie de son intervention au parcours du Premier ministre Al Aminou Lo, la présidente du groupe parlementaire Takku Wallu a cette fois décidé d’attaquer le contenu même de sa Déclaration de politique générale.
Et son verdict est particulièrement sévère.
« À la fin des fins de l’exercice, il faut bien faire le constat que vous avez déçu tous nos espoirs », a-t-elle déclaré devant le Premier ministre et son gouvernement.
La députée a même comparé Al Aminou Lo à Cassandre, personnage de la mythologie condamné à annoncer des catastrophes, estimant que le chef du gouvernement n’avait apporté devant la représentation nationale que de « mauvaises nouvelles ».
Parmi les premiers dossiers abordés figure celui des hydrocarbures et notamment du gaz naturel. Me Aïssata Tall Sall a réagi à l’annonce du Premier ministre concernant un éventuel « bras de fer » avec BP.
Selon elle, le contrat prévoit déjà l’alimentation du marché local en gaz naturel. Elle affirme que cette disposition a été négociée par des équipes d’avocats sénégalais et internationaux.
« N’engagez pas de bras de fer, revoyez le contrat », a-t-elle conseillé à Al Aminou Lo, affirmant connaître particulièrement bien ce dossier.
La présidente du groupe Takku Wallu a ensuite interrogé le gouvernement sur les finances publiques. Elle a évoqué « 700 et quelques milliards » attendus d’ici la fin de l’année 2026, demandant au Premier ministre où en était leur mobilisation à seulement quelques mois de l’échéance.
Mais c’est surtout la question de la dette qui a occupé une place centrale dans sa charge.
Pour Me Aïssata Tall Sall, le gouvernement jouerait sur les mots lorsqu’il établit des distinctions entre « ajustement », « reprofilage » et « restructuration ».
« Tout ça, ce ne sont que des difficultés. Ce ne sont que des difficultés à venir », a-t-elle lancé.
Elle a repris l’exemple utilisé par le Premier ministre d’un débiteur qui rencontre sa banque pour obtenir un rééchelonnement de sa dette. Mais, selon elle, la véritable question n’est pas de savoir si la dette peut être étalée, mais à quelles conditions.
« Qu’est-ce que vous donnez en garantie pour que la dette soit étalée ? », a-t-elle demandé.
Puis elle a directement placé le FMI au cœur du débat : « Qu’avez-vous promis au FMI pour étaler et reprofiler la dette du Sénégal ? »
À travers cette interrogation, Aïssata Tall Sall réclame davantage de clarté sur les éventuelles contreparties liées au traitement de la dette sénégalaise.
La députée a également lancé un avertissement particulièrement ferme concernant les subventions.
Elle conteste l’argument selon lequel celles-ci profiteraient principalement aux catégories les plus aisées et soutient qu’elles bénéficient surtout aux couches les plus vulnérables.
Pour elle, toute remise en cause brutale de ces mécanismes pourrait avoir des conséquences sociales majeures.
« Si vous touchez aux subventions, vous allez faire une explosion sociale au Sénégal », a-t-elle prévenu.
Même inquiétude concernant une éventuelle augmentation de la pression fiscale. Selon la députée, celle-ci se répercutera inévitablement sur les prix et donc sur le pouvoir d’achat.
« La pression fiscale va augmenter le coût de la vie. Elle va augmenter. Il faut qu’on se le dise », a-t-elle insisté.
Aïssata Tall Sall s’est ensuite attaquée aux solutions proposées par le gouvernement.
Reprenant l’image du Sénégal présenté comme un « grand corps malade » par le ministre des Finances, elle a utilisé une métaphore médicale pour dénoncer ce qu’elle considère comme l’insuffisance des réponses proposées.
Selon elle, le gouvernement ne s’attaque pas véritablement aux causes profondes de la maladie économique, mais se contente d’en traiter les symptômes.
« Effet placebo », a-t-elle résumé.
Elle illustre son propos par l’exemple d’un malade souffrant de maux de tête provoqués par une tension artérielle : lui administrer un comprimé contre la douleur sans traiter la tension revient, selon elle, à masquer les symptômes sans guérir la maladie.
C’est sur cette base que Me Aïssata Tall Sall a exprimé son profond scepticisme sur la capacité du gouvernement à sortir le Sénégal de ses difficultés.
« Avez-vous les moyens ? Avez-vous les hommes ? Avez-vous le temps ? Avez-vous la solution ? », a-t-elle interrogé.
Pour les moyens financiers, sa réponse est catégorique : « C’est sûr que non », estimant que le Premier ministre lui-même en a fait le constat devant les députés.
Concernant les hommes, elle se montre plus prudente et accorde au chef du gouvernement le bénéfice du doute.
Mais sur le temps disponible, son verdict est tout aussi sévère : « À coup sûr, vous ne l’avez pas. »
Car pour Aïssata Tall Sall, Al Aminou Lo ne saurait faire comme si son histoire avec le pouvoir actuel avait commencé avec sa nomination à la Primature.
Elle estime qu’il est impliqué dans la conduite du projet politique depuis avril 2024 et doit donc assumer une part du bilan des 27 mois écoulés.
« Vous n’êtes pas là depuis trois mois. Vous êtes là depuis 27 mois », lui a-t-elle rappelé.
La députée estime ainsi que le temps joue désormais contre le Premier ministre, rappelant qu’il ne reste, selon son décompte, que 29 mois avant l’échéance de 2029.
Elle qualifie les deux premières années du pouvoir d’années « d’inconséquence, d’errance, d’égarement et de tâtonnements ».
Et elle revient sur la promesse d’un « Sénégal souverain, Sénégal juste, Sénégal prospère », qu’elle avait déjà critiquée lors de la DPG du prédécesseur d’Al Aminou Lo.
Pour Aïssata Tall Sall, ce projet reste avant tout « un slogan ».
Elle refuse également toute tentative de distinguer complètement les responsabilités au sommet de l’État, rappelant la formule politique « Diomaye moy Sonko, Sonko moy Diomaye » et l’expression « Mburu fof ko farine », utilisée ici pour souligner que les deux dirigeants doivent, selon elle, être considérés comme comptables du même bilan politique.
À ses yeux, Al Aminou Lo ne peut pas davantage s’exonérer des deux années écoulées au seul motif qu’il n’occupe la Primature que depuis quelques mois.
Sa conclusion est sans appel.
« Le résultat n’est pas reluisant », a-t-elle déclaré.
Et même si elle reconnaît personnellement au Premier ministre une certaine bonne volonté, Me Aïssata Tall Sall ne croit pas que celle-ci suffira.
« Nous n’avons aucun espoir que, d’ici le temps qui nous sépare de 2029, vous puissiez redresser ce pays », a-t-elle conclu.
Une intervention particulièrement sévère qui place désormais le débat moins sur les intentions affichées par Al Aminou Lo que sur trois interrogations centrales soulevées par l’opposition : avec quelles ressources, à quelles conditions financières et surtout dans quel délai le gouvernement compte-t-il réussir le redressement économique annoncé ?
Et son verdict est particulièrement sévère.
« À la fin des fins de l’exercice, il faut bien faire le constat que vous avez déçu tous nos espoirs », a-t-elle déclaré devant le Premier ministre et son gouvernement.
La députée a même comparé Al Aminou Lo à Cassandre, personnage de la mythologie condamné à annoncer des catastrophes, estimant que le chef du gouvernement n’avait apporté devant la représentation nationale que de « mauvaises nouvelles ».
Parmi les premiers dossiers abordés figure celui des hydrocarbures et notamment du gaz naturel. Me Aïssata Tall Sall a réagi à l’annonce du Premier ministre concernant un éventuel « bras de fer » avec BP.
Selon elle, le contrat prévoit déjà l’alimentation du marché local en gaz naturel. Elle affirme que cette disposition a été négociée par des équipes d’avocats sénégalais et internationaux.
« N’engagez pas de bras de fer, revoyez le contrat », a-t-elle conseillé à Al Aminou Lo, affirmant connaître particulièrement bien ce dossier.
La présidente du groupe Takku Wallu a ensuite interrogé le gouvernement sur les finances publiques. Elle a évoqué « 700 et quelques milliards » attendus d’ici la fin de l’année 2026, demandant au Premier ministre où en était leur mobilisation à seulement quelques mois de l’échéance.
Mais c’est surtout la question de la dette qui a occupé une place centrale dans sa charge.
Pour Me Aïssata Tall Sall, le gouvernement jouerait sur les mots lorsqu’il établit des distinctions entre « ajustement », « reprofilage » et « restructuration ».
« Tout ça, ce ne sont que des difficultés. Ce ne sont que des difficultés à venir », a-t-elle lancé.
Elle a repris l’exemple utilisé par le Premier ministre d’un débiteur qui rencontre sa banque pour obtenir un rééchelonnement de sa dette. Mais, selon elle, la véritable question n’est pas de savoir si la dette peut être étalée, mais à quelles conditions.
« Qu’est-ce que vous donnez en garantie pour que la dette soit étalée ? », a-t-elle demandé.
Puis elle a directement placé le FMI au cœur du débat : « Qu’avez-vous promis au FMI pour étaler et reprofiler la dette du Sénégal ? »
À travers cette interrogation, Aïssata Tall Sall réclame davantage de clarté sur les éventuelles contreparties liées au traitement de la dette sénégalaise.
La députée a également lancé un avertissement particulièrement ferme concernant les subventions.
Elle conteste l’argument selon lequel celles-ci profiteraient principalement aux catégories les plus aisées et soutient qu’elles bénéficient surtout aux couches les plus vulnérables.
Pour elle, toute remise en cause brutale de ces mécanismes pourrait avoir des conséquences sociales majeures.
« Si vous touchez aux subventions, vous allez faire une explosion sociale au Sénégal », a-t-elle prévenu.
Même inquiétude concernant une éventuelle augmentation de la pression fiscale. Selon la députée, celle-ci se répercutera inévitablement sur les prix et donc sur le pouvoir d’achat.
« La pression fiscale va augmenter le coût de la vie. Elle va augmenter. Il faut qu’on se le dise », a-t-elle insisté.
Aïssata Tall Sall s’est ensuite attaquée aux solutions proposées par le gouvernement.
Reprenant l’image du Sénégal présenté comme un « grand corps malade » par le ministre des Finances, elle a utilisé une métaphore médicale pour dénoncer ce qu’elle considère comme l’insuffisance des réponses proposées.
Selon elle, le gouvernement ne s’attaque pas véritablement aux causes profondes de la maladie économique, mais se contente d’en traiter les symptômes.
« Effet placebo », a-t-elle résumé.
Elle illustre son propos par l’exemple d’un malade souffrant de maux de tête provoqués par une tension artérielle : lui administrer un comprimé contre la douleur sans traiter la tension revient, selon elle, à masquer les symptômes sans guérir la maladie.
C’est sur cette base que Me Aïssata Tall Sall a exprimé son profond scepticisme sur la capacité du gouvernement à sortir le Sénégal de ses difficultés.
« Avez-vous les moyens ? Avez-vous les hommes ? Avez-vous le temps ? Avez-vous la solution ? », a-t-elle interrogé.
Pour les moyens financiers, sa réponse est catégorique : « C’est sûr que non », estimant que le Premier ministre lui-même en a fait le constat devant les députés.
Concernant les hommes, elle se montre plus prudente et accorde au chef du gouvernement le bénéfice du doute.
Mais sur le temps disponible, son verdict est tout aussi sévère : « À coup sûr, vous ne l’avez pas. »
Car pour Aïssata Tall Sall, Al Aminou Lo ne saurait faire comme si son histoire avec le pouvoir actuel avait commencé avec sa nomination à la Primature.
Elle estime qu’il est impliqué dans la conduite du projet politique depuis avril 2024 et doit donc assumer une part du bilan des 27 mois écoulés.
« Vous n’êtes pas là depuis trois mois. Vous êtes là depuis 27 mois », lui a-t-elle rappelé.
La députée estime ainsi que le temps joue désormais contre le Premier ministre, rappelant qu’il ne reste, selon son décompte, que 29 mois avant l’échéance de 2029.
Elle qualifie les deux premières années du pouvoir d’années « d’inconséquence, d’errance, d’égarement et de tâtonnements ».
Et elle revient sur la promesse d’un « Sénégal souverain, Sénégal juste, Sénégal prospère », qu’elle avait déjà critiquée lors de la DPG du prédécesseur d’Al Aminou Lo.
Pour Aïssata Tall Sall, ce projet reste avant tout « un slogan ».
Elle refuse également toute tentative de distinguer complètement les responsabilités au sommet de l’État, rappelant la formule politique « Diomaye moy Sonko, Sonko moy Diomaye » et l’expression « Mburu fof ko farine », utilisée ici pour souligner que les deux dirigeants doivent, selon elle, être considérés comme comptables du même bilan politique.
À ses yeux, Al Aminou Lo ne peut pas davantage s’exonérer des deux années écoulées au seul motif qu’il n’occupe la Primature que depuis quelques mois.
Sa conclusion est sans appel.
« Le résultat n’est pas reluisant », a-t-elle déclaré.
Et même si elle reconnaît personnellement au Premier ministre une certaine bonne volonté, Me Aïssata Tall Sall ne croit pas que celle-ci suffira.
« Nous n’avons aucun espoir que, d’ici le temps qui nous sépare de 2029, vous puissiez redresser ce pays », a-t-elle conclu.
Une intervention particulièrement sévère qui place désormais le débat moins sur les intentions affichées par Al Aminou Lo que sur trois interrogations centrales soulevées par l’opposition : avec quelles ressources, à quelles conditions financières et surtout dans quel délai le gouvernement compte-t-il réussir le redressement économique annoncé ?
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