« Kiiraay ou le soupou kandja de la honte ». Le titre donne le ton de la publication de Thierno Alassane Sall. Dans ce texte, il oppose les préparatifs de l’accueil des Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ) aux conditions de vie d’une partie de la population, qu’il décrit comme confrontée à des difficultés persistantes d’accès aux services essentiels.
« Tout semble normal dans ce Sénégal qui s’apprête à accueillir les JOJ, alors que sa population est laissée sous courant alternatif », écrit-il. Par cette formule, il introduit une série de critiques sur les préoccupations sociales qui, à ses yeux, devraient occuper une place centrale dans le débat public.
Thierno Alassane Sall évoque d’abord l’accès à l’eau. Pour nombre de Sénégalais, affirme-t-il, celui-ci repose encore sur le recours au puits et sur une éprouvante corvée de puisage. Il souligne également les conséquences du manque d’électricité dans les villages, qui prive, selon lui, les habitants de moulins et de soins de base.
Son constat s’étend à la sécurité, à la drogue et au pouvoir d’achat. Il dénonce une insécurité qu’il juge omniprésente, une banalisation de la drogue ainsi qu’un coût de l’essence qu’il estime particulièrement lourd pour les travailleurs. Il relie également le désespoir d’une partie de la jeunesse aux départs par les voies de la migration clandestine.
L’accès aux soins constitue un autre point de sa prise de position. « Tomber gravement malade est devenu une tragédie absolue », déplore-t-il, décrivant un parcours dans lequel les patients doivent d’abord trouver une structure de santé fonctionnelle, puis s’endetter pour espérer assumer les frais de leur prise en charge.
À cette accumulation de difficultés, Thierno Alassane Sall oppose la place accordée aux recompositions politiques. Il regrette que le débat national se concentre, selon lui, sur l’identité des personnalités susceptibles de rejoindre Kiiraay, plutôt que sur les réponses à apporter aux besoins des populations.
Pour critiquer ce qu’il présente comme un assemblage de différentes provenances politiques, il recourt à une métaphore culinaire. Il décrit ainsi Kiiraay comme un « parti soupou kandja », composé de « condiments de Pastef, des os de l’APR, un zeste du PDS et un soupçon de Takku-Wallu ». Cette formule exprime son jugement sur la composition politique de Kiiraay, sans que la publication ne cite de noms ni ne détaille les ralliements évoqués.
« À défaut d’un véritable ceebu jën, Kiiraay nous sert ce soupou kandja de la honte », conclut-il. Une dernière charge qui prolonge sa critique principale : la place prise par les jeux d’alliances dans un pays dont il estime les urgences sociales insuffisamment prises en compte.
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