Conflit Israélo-Palestinien / Comment le Royaume Uni et la Société des Nations (ONU) ont créé un État Juif en Palestine ?

Le conflit israélo-palestinien désigne le conflit qui oppose Palestiniens et Israéliens au Proche-Orient. Il oppose deux nationalismes (le nationalisme juif et le nationalisme arabe Palestinien) et inclut une dimension religieuse importante, du fait qu'Israël est un État Juif, à majorité juive et que les Palestiniens sont majoritairement musulmans. L'opposition arabe au sionisme se marque dès le début du mandat britannique sur la Palestine avec de nombreuses émeutes et massacres et une révolte arabe entre 1936 et 1939.


Conflit Israélo-Palestinien / Comment le Royaume Uni et la Société des Nations (ONU) ont créé un État Juif en Palestine ?

Pour mieux comprendre cette affaire et sans évoquer les Livres Saints : le Coran et la Thora, il faut étudier les politiques occidentales dans la zone après l’empire ottoman et entre les deux guerres.

 

L’implication du sionisme Européen

 

Les racines du conflit se trouvent dans le contexte mondial d'exacerbation des nationalismes européens et d'affaiblissement de l'empire ottoman, dans l'opposition progressive des objectifs du sionisme en Europe et du nationalisme arabe au Proche-Orient. L’organisation sioniste mondiale est créée en 1897 à Bâle (Suisse). La mission qu'elle s’était donnée, était de préparer, pour le peuple juif, un foyer national en Palestine, région historique des anciens royaumes de Juda et d'Israël, résume un document parcouru par Dakaractu. Pour cela, l'Organisation sioniste mondiale rachète des terres grâce à l'organisme juif d'achats de terres K.K.L. Dès lors, il promeut l'immigration et le sentiment national afin de renforcer la présence juive sur le territoire.

 

Les vagues d’immigration juive en Palestine ou anciens royaumes de Juda et d'Israël

 

Dans le même temps, les premières grandes vagues d’immigration juive commencent et s'accélèrent avec les nouveaux pogroms, notamment ceux de Kichinev qui amènent quelques dizaines de milliers d'immigrants d'Europe orientale en Palestine. Parallèlement, en 1908, sont fondés les premiers journaux nationalistes arabes Al-Karmel et Falistin.

À la fin de la période ottomane, la population juive est estimée entre 56 000 et 82 000 personnes et les populations arabes (musulmanes, chrétiennes, Druzes et autres) à plus de 600 000 personnes.

 

La région était peuplée de Musulmans, Chrétiens, Druzes, Juifs, …

 

Avant 1917, la région était sous l'autorité de l’empire ottoman. Les populations chrétiennes et musulmanes qui y vivent se définissent en termes de communautés religieuses et ne manifestent guère de sentiment de type national. La population est divisée en deux communautés : l’ancien Yichouv c'est-à-dire la communauté établie de longue date sur ce territoire, et le nouveau Yichouv composé de Juifs établis depuis les années 1880, motivés principalement par le sionisme. Dès 1891, une délégation de notables arabes de Palestine proteste auprès des autorités ottomanes contre les arrivées de Juifs composant le nouveau Yichouv.

 

La déclaration de Balfour en 1917 la cause du premier conflit entre le Yishouv et les Arabes de Palestine 

 

En 1917, les Britanniques conquièrent la Palestine qu'ils administrent officiellement à partir de 1920 dans le cadre d'un mandat de la Société des Nations. Le conflit entre le Yishouv et les Arabes de Palestine débute principalement depuis la Déclaration Balfour de 1917. De 1920 à 1948, de nombreux Juifs s'installent en Palestine alors que le Royaume-Uni exerce son mandat sur la Palestine mandataire : la population juive, qui était estimée en 1917 à environ 70 000 personnes, passe à plus de 650 000 au début de 1948. Des conflits éclatent entre Arabes et Juifs dès 1920, mais aussi entre ces populations et les autorités britanniques. En 1921, les Juifs commencent à créer une milice armée, la Haganah, chargée de protéger les installations juives et les Juifs déjà établis.

 

Le 2 novembre 1917, le gouvernement britannique proclame la déclaration Balfour, selon laquelle il envisage favorablement l'établissement d'un foyer national juif en Palestine. Chaim Weizmann participe aussi à la préparation de la conférence de la paix à Paris et il y signe en 1919, un accord avec Fayçal, futur roi d'Irak.

 

L’accord secret de « Sykes-Picot », la goutte qui a fait déborder le vase et la création d’un régiment juif au sein de l’armée britannique

 

En mai 1916, le Royaume-Uni et la France concluent l’accord secret « Sykes-Picot », qui projette de diviser la région en 2 zones d'influence pour ces 2 puissances coloniales. Les accords Sykes-Picot attribuent la Transjordanie (ancien État du Proche-Orient, devenu en 1949 la Jordanie) et la Palestine mandataire à la zone d'influence britannique et la zone de la grande Syrie à la France.

Ces accords n'empêchent pas les Anglais de promettre non seulement un royaume indépendant aux Arabes, mais aussi la création d'un « foyer national » aux Juifs, par la déclaration Balfour sur la zone de la Palestine mandataire et d’un État Arabe qui sera la Transjordanie. Les Anglais créent un régiment juif (la légion juive) dans l'armée Anglaise, le 23 août 1917.

 

La Société des Nations (actuel ONU) entérine en 1922 la déclaration Balfour en donnant l'établissement du foyer national juif pour mission du mandat britannique

 

La première guerre mondiale bouleverse la géographie du Moyen-orient. Le Royaume-Uni prend pied dans le Moyen-Orient et étend son influence. La Société des Nations entérine en 1922 la déclaration Balfour en donnant l'établissement du foyer national juif pour mission du mandat britannique (sorte de tutelle du Royaume-Uni sur ces territoires) mis en place sur la Palestine, qui englobe à l'époque aussi les territoires transjordaniens de l'autre côté du Jourdain. Le Royaume-Uni contente la famille hachémite avec la création rapide d'un royaume musulman dès 1921 en Transjordanie, sur la partie orientale de la Palestine, ce qui réduit le territoire destiné au foyer national juif.

 

Les premières émeutes anti-juives se produisent aux mois de mars et avril 1920 à Jérusalem, puis en mai 1921 à Jaffa

 

Les tensions entre communautés juives et arabes s'accroissent à partir de 1920, à la suite de l'augmentation de l'immigration juive. À partir de 1921, cette opposition arabe est incarnée par le Grand Mufti de Jérusalem, Amin Al-Husseini. Les premières émeutes anti-juives se produisent aux mois de mars et avril 1920 à Jérusalem, puis en mai 1921 à Jaffa et contre des établissements agricoles (Kibboutz et Moshav). Ces émeutes font plus d'une centaine de morts juifs et sont attribuées par la commission Haycraft nommée par les Britanniques à la colère arabe contre l'immigration juive. Cela débouche sur la publication du premier Livre blanc, dit le livre blanc Churchill, visant à rassurer les Arabes, en limitant l'immigration juive. Mais ces émeutes débouchent aussi sur la création des unités de défense juive, la Haganah, en 1921 à partir des premières unités de l'organisation Hashomer, créée en 1902 … En 1936, c'est la grande révolte arabe en Palestine, qui va durer par intermittence jusqu'en en 1939, qui sera écrasée par l'armée et la police britanniques, avec le concours de troupes de police juive (Notrim) que les Britanniques ont mis au point avec les autorités du Yichouv.

 

Le Haganah se rebelle contre les Anglais qui ont refoulé des rescapés juifs des concentrations nazis

 

Après mai 1945, la pression s'accentue, pour permettre l'accueil en Palestine mandataire des rescapés juifs des camps de concentrations nazis. Le Royaume-Uni s'y oppose. La Haganah lance à son tour des actions armées contre le Royaume-Uni ; elle attaque notamment des casernes, des postes de police, des bases de l'armée britannique et elle fait dérailler des trains. L'affaire de l’Exodus 1947, qui est parti du Port de Bouc, avec l'accord des autorités françaises, où 4 500 réfugiés se voient contraints de retourner en Allemagne avec des morts à son bord, bouleverse l'opinion mondiale.

 

En mai 1946, le Royaume-Uni abandonne sa tentative de trouver une solution, ne voulant pas imposer une solution aux 2 parties.

 

La Grande-Bretagne confie alors le dossier à l’organisation des Nations Unies qui, avec le soutien conjoint des États-Unis et de l'Union soviétique et malgré l'opposition de tous les pays arabes, votent le plan de partage de la Palestine, le 29 novembre 1947. Ce plan de partage divise la Palestine en trois secteurs, l'un arabe, l'autre juif et le troisième, la ville de Jérusalem, sous compétence de l'ONU. Les dirigeants arabes palestiniens et les pays arabes refusent ce plan et annoncent qu'ils s'y opposeront par les armes. Les dirigeants du Yishouv approuvent le partage même si l'Irgoun et le Lehi sont en désaccord avec la superficie du futur Etat juif.

Le 14 mai 1948, au musée des Beaux-Arts de Tel Aviv, David Ben Gourion proclame l’indépendance de l'État d’Israël. Dès le 15 mai, le jeune Etat juif est immédiatement attaqué par les États arabes voisins …

 

Les Pays qui reconnaissent l'État palestinien

 

À la mi 2019, 138 pays reconnaissaient l'État palestinien. C’est la presque totalité des États africains, asiatiques, sud et centre-américains, de l'ancienne URSS et de l'Europe de l'Est. Par contre les « puissances occidentales », les pays d'Amérique du Nord, la plupart des pays d'Europe de l'Ouest (à l'exception de la Suède, de l'Islande et du Vatican), la Corée du Sud, le Japon, l'Australie et la Nouvelle-Zélande ne reconnaissent pas l'État palestinien même s'ils entretiennent des relations officielles avec l'Autorité palestinienne...

Samedi 15 Mai 2021
Dakaractu



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