Agence des aéroports du Sénégal : Ça vole très bas

Cabale ou véritable sonnette d’alarme, la grogne d’une bonne partie des travailleurs de l’Agence des aéroports du Sénégal (Ads) renseigne sur un climat délétère au sein de la boîte dirigée par Pape Mael Diop depuis près de quatre mois.


Agence des aéroports du Sénégal : Ça vole très bas
S’étant farouchement opposé à la velléité des autorités sous le régime Wade, de liquider les ADS au profit des Allemands de Daport, les travailleurs regroupés au sein du Syndicat national des travailleurs de l’aéronautique civile (Sntac/section ADS) subodorent les mêmes velléités de la part de la nouvelle direction générale. Selon Mamadou Diop, secrétaire général dudit syndicat, « nous ne comprenons pas où il (le DG) veut aller ni ce qu’il veut faire, mais le fait qu’il continue de travailler avec un certain nombre de cadres de l’ancienne direction ne nous rassure pas. »

Actuellement, « il n’y a toujours pas d’organigramme au sein des ADS », explique M. Diop qui ajoute par ailleurs qu’auparavant, la direction travaillait avec une partie des travailleurs du Syndicat (Synpaas) « dont le secrétaire général est en même temps le chef du département sûreté et facilitation.»

La démarche de rupture tant attendue par les travailleurs de la boîte ne serait pas encore une réalité. «Il y avait beaucoup d’injustice avant l’arrivée de Pape Maël Diop et puisque, nous, les partenaires sociaux, nous sommes des acteurs, nous voulons lutter contre tout ce qui est injustice», renchérit le secrétaire général du Sntac.

La gestion actuelle des Ads inquièterait ainsi les travailleurs qui rappellent que la Direction générale a même eu de sérieux problèmes pour payer les salaires du mois de juillet dernier. Une situation qui, selon Mamadou Diop, découle de la « gestion ténébreuse » de l’ancienne direction et qui vaudrait aujourd’hui aux Ads un passif de 8 milliards de FCfa.

Sans assurance maladie ni retraite complémentaire, selon les membres du Sntac, « nous sommes inquiets », font-ils savoir avant de réclamer une harmonisation de la plateforme aéroportuaire comme cela était prévu, mais aussi un pacte social avec une mise en œuvre de la feuille de route qui était déjà tracée.

Le Sntac « exige » ainsi, selon ses responsables, « un changement de comportement » de la direction générale qu’ils appellent à rompre avec les pratiques de l’ancienne direction qui en 2011, par exemple, « avait obtenu un prêt de 4 milliards qu’elle a dilapidé en quatre jours », affirme Mamadou Diop alors que « les aéroports du pays manquent de tout », ajoute-t-il.
Mardi 14 Août 2012
Sudonline




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