La décision du Conseil constitutionnel déclarant irrecevable la proposition de loi sur le régime juridique des crédits spéciaux n’a pas surpris le député de l’opposition Abdou Mbow. Dans une réaction, l’élu avance deux raisons à son absence d’étonnement, et n’épargne ni la majorité parlementaire ni ses propres collègues députés.
Selon lui, le débat n’aurait tout simplement pas dû avoir lieu. Abdou Mbow estime que Pastef n’est « pas bien placé » pour donner des leçons de transparence dans l’encadrement des fonds politiques, une pique qui vise directement la majorité à l’origine du texte recalé par la haute juridiction.
Le parlementaire pousse ensuite sa critique sur le terrain technique. Pour lui, l’Assemblée nationale compte des députés « incompétents », incapables de déposer des propositions de loi correctement agencées et de faire la distinction entre ce qui relève du domaine réglementaire et ce qui relève du domaine législatif notamment de la loi précisément le motif invoqué par l’Exécutif, puis retenu par le Conseil constitutionnel, pour faire barrage au texte. Il affirme n’avoir jamais vu un groupe parlementaire à ce point en délicatesse avec les fondamentaux du travail législatif. Sa conclusion est sans appel : ces députés sont, selon lui, « complètement disqualifiés ».
Le Conseil constitutionnel a donné raison au gouvernement, qui l’avait saisi le 18 août pour contester la proposition de loi n°34/2026, adoptée en commission le 14 août après le rejet de plusieurs amendements exécutifs. Le texte visait à encadrer les crédits spéciaux aussi appelés fonds politiques ou fonds secrets en limitant leur usage aux besoins de défense, de sécurité et de renseignement. La haute juridiction a tranché en faveur de la thèse gouvernementale, jugeant que certaines dispositions du texte relevaient du pouvoir réglementaire et non du domaine de la loi.
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