L'ancien maire de Dakar, qui s'exprimait à l'occasion d'un meeting de ralliement des militants APR de Nianing dans le département de Mbour, n'admet pas "l'entêtement démesuré du gouvernement qui refuse de rendre à l'évidence et persiste dans son choix." Le recours excessif aux facilités d’emprunts pourrait menacer la stabilité des institutions financières du Sénégal. Une prévision d’autant plus inquiétante qu’il s’agit, selon Pape Diop, de "plus de 10 emprunts obligataires en l'espace de deux seulement."
Pour rappel, l'ancien maire de Dakar avait soulevé, il y a quelques mois, une polémique mettant en cause le recours excessif de l'Etat du Sénégal aux emprunts obligataires pour lever des fonds sur le marché financier.
Cette nouvelle polémique intervient alors que le gouvernement du Sénégal s'apprête une nouvelle fois à lever 500 millions de dollars, soit environ 250 milliards de francs CFA sur le marché financier. Une décision jugée inopportune même si le ministre des finances Amadou Ba a voulu lever l'équivoque sur le caractère improvisé de cette décision en arguant que "cet emprunt obligataire était bien consigné dans le Budget en cours et validé par le Fonds monétaire international (FMI). Le FMI dont une mission est d'ailleurs attendue courant avril à Dakar.
Pour autant, le patron de Bokk Gis-Gis n'en reste pas moins convaincu que l'actuel "régime, chargé de la gestion du mécanisme de redistribution des fonds issus du contribuable, ne semble pas avoir pris conscience de l'ampleur des risques qu'il encourt par son recours excessif à l'endettement, en l'occurrence l'endettement intérieur."
Selon Pape Diop, qui s'interroge sur l'opportunité de ce nouvel emprunt obligataire alors que le Sénégal vient d'obtenir des financements de l'ordre de 3729 milliards de nos francs auprès du groupe consultatif de Paris, le gouvernement a battu tous les records en termes de recours à la dette. Ce qui ne passera pas sans incidence sur les finances publiques.
De quoi accentuer les inquiétudes sur le niveau de l'endettement du pays, qui maintient une tendance à la hausse et réduit les possibilités d'investissement. Aujourd'hui, les dépenses de la dette excèdent celles de l'investissement, selon de experts sur les questions de finances publiques.
XAMLE.NET
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