Tensions à Ceuta: comment les réseaux sociaux ont alimenté la crise


Tensions à Ceuta: comment les réseaux sociaux ont alimenté la crise
La commissaire européenne Henna Virkkunen, en charge de la Souveraineté technologique, de la sécurité et de la démocratie, a indiqué lundi soir que les géants TikTok et Meta avaient “activé des protocoles de crise et désormais mis en place un mécanisme ad hoc d’escalade et de coopération avec des fact-checkers”, en rapport avec la vague soudaine de migrants tentant d’entrer dans le territoire espagnol de Ceuta depuis le Maroc.

Via ce “mécanisme ad hoc”, la Commission a mis Meta et TikTok en contact avec des fact-checkers au fait du contexte local, qui alertent ces plateformes de l’apparition de contenu problématique, a précisé mardi un porte-parole.

L’exécutif européen entend ainsi freiner la désinformation propagée sur les réseaux sociaux, et qui semble avoir encouragé les candidats à l’entrée illégale dans l’UE à tenter leur chance via l’enclave espagnole en continent africain. La Commission avait déjà rassemblé vendredi dernier des représentants de Meta et TikTok ainsi que des organisations de fact-checkers, et elle a réitéré l’exercice lundi.

La Commission, Europol et les plateformes “sont en contact quotidien et ont accru leur coordination”, précisait lundi soir la commissaire Virkkunen, sans entrer dans les détails. “Actuellement, on se concentre sur le code de conduite contre la désinformation, un outil prévu par le DSA”, le règlement européen sur les services numériques, “et basé sur la coopération volontaire”, a précisé mardi un porte-parole de la Commission, Balazs Ujvari.

“Désinformation nuisible”

Le code de conduite propose, en cas de crise, un “mécanisme ad hoc” tel que mis en place lundi, a-t-il ajouté: “Les plateformes reçoivent ainsi une meilleure information de la part des fact-checkers, qui signalent toute désinformation nuisible (...) Dans les faits, on les aide (les plateformes) à appliquer leurs propres règles”. Les plateformes se sont en effet “toutes engagées à interdire le contenu concernant le trafic d’êtres humains”, rappelle-t-il.

Si la Commission estime pour le moment que l’outil choisi “est efficace”, elle se tient prête à “aller plus loin, si nécessaire”, ajoute le porte-parole. Jeudi, la commissaire rencontrera d’ailleurs le “groupe de travail sur l’intégrité de l’espace de l’information”, un organe qui supervise parmi d’autres l’application du DSA dans les États membres. On y discutera de la possibilité de faire appel à d’autres “outils” prévus par le DSA pour répondre à la crise liée à Ceuta.

En quelques jours, fin juillet, des dizaines de milliers de personnes ont tenté de franchir la frontière pour entrer à Ceuta, par la terre ou par la mer. Des dizaines d’entre elles sont mortes noyées en tentant d’atteindre cette enclave espagnole à la nage. Cette ruée, inédite pour ces dernières années dans son ampleur, serait au moins en partie liée à une rumeur partagée sur les réseaux sociaux, selon laquelle ceux qui franchissent la frontière à Ceuta n’auraient pas de problème à entrer ensuite en Europe.

Mardi 11 Août 2026
7sur7.be



Nouveau commentaire :
Twitter



Dans la même rubrique :