MIRACLE DE KEKEYA : un parc de zones humides construit sur le sable


Qui croirait que cet espace paradisiaque était il y une dizaine d'années un bassin fluvial ensablé et délaissé. La métamorphose du Parc national de terres humides d'Akesu est d'autant plus surprenante qu'il se trouve dans une région en lutte constante contre la désertification.

En ma compagnie, c'est le professeur associé Yan Chengcai, expert dans le domaine de la résistance des plantes au stress. Il me fait remarquer une plante particulière. 

-C'est le tamaris, l'une des espèces principales pour le verdissement des zones désertiques chez nous.

-Qu'est-ce qui en fait une espèce principale ?

-Il possède une résistance exceptionnelle. Il tolère le sel, l'alcali, la sécheresse, la pauvreté du sol et les vents de sable. Nous le plantons souvent avec le peuplier euphrate, l'alhagi, la réglisse et d'autres espèces, en adoptant un modèle associant arbres, arbustes et herbes, afin de former un système de protection écologique efficace et tridimensionnel.

-Dans une région comme Akesu, où il y a peu de pluie, beaucoup de sécheresse et des sols fortement salinisés, quel est le plus grand défi pour restaurer l'écosystème ?

-Il y a deux problèmes principaux : l'eau et la salinité. Pour la salinité, l'essentiel est de sélectionner des espèces locales tolérantes au sel et à l'alcali. Pour l'eau, il s'agit d'introduire des eaux usées recyclées associées à une irrigation goutte-à-goutte de précision.

A présent, le parc de plus de 300 hectares est couvert d'une végétation luxuriante. Aux racines de sa prospérité : une meilleure protection des ressources en eau.

La professeure Guan Yao est experte dans le domaine de l'utilisation efficace des ressources en eau. Pour tester la qualité de l'eau, elle prélève un échantillon dans un gobelet et me le fait sentir. Aucune odeur particulière.

 

Ici, dans les 22 étangs, l'eau passe par la clarification, la décontamination et la dés-eutrophisation, avant d'atteindre une qualité satisfaisante.

Mais la disparition de l'eau boueuse jaunâtre qui y coulait est due à un aménagement plus extensif, comme me le précise Mme Guan : « Nous avons principalement adopté quatre mesures techniques : premièrement, la mise en place d'un système d'épuration écologique, qui améliore nettement la qualité de l'eau. Deuxièmement, le traitement à la source. Troisièmement, dans la région d'Akesu, nous avons généralisé le modèle intégré d'irrigation goutte-à-goutte sous film plastique avec fertilisation, ce qui réduit l'utilisation d'engrais chimiques et contribue à maintenir la qualité de l'eau. Quatrièmement, nous renforçons l'entretien et effectuons des contrôles réguliers, ce qui permet de maintenir un taux d'excellence de la qualité de l'eau à 100 % pendant plusieurs années. »

Le parc est aujourd'hui un paradis pour des animaux aquatiques. Mme Guan me présente le lieu : « Actuellement le parc abrite plus de 20 espèces d'animaux protégés au niveau national, comme la cigogne noire et l'aigrette blanche. Chaque hiver, environ 80 000 oiseaux y passent l'hiver. Le Parc des zones humides de la rivière Duolanghe est devenu une étape importante pour la migration des oiseaux. »

De la surveillance à l'aménagement, Akesu prend des actions concrètes pour protéger ses ressources en eau. L'harmonie entre l'Homme et la nature ne doit rien au hasard : elle est le fruit d'une gouvernance scientifique et d'investissements soutenus. La restauration écologique n'a pas de raccourci — elle exige rigueur et patience. C'est grâce aux efforts de générations successives, qu'une simple friche, est devenue une carte de visite de la ville.
 





Lundi 10 Août 2026
CGTN



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