TERRORISME PRÉSUMÉ : La filière du Lac Rose cernée

Il a été beaucoup question du quartier Keur Marème Mbengue du Lac Rose lors de la comparution de l'accusé Ibrahima Ndiaye dans le cadre de l'affaire Mokhtar Diokhané et Cie.
Devant la Chambre, l'accusé avait évoqué le cas de trois de ses amis à savoir Sidy Sarr, Lamine Ndiaye et Adama Bodian qui ont subitement "disparu du quartier". Selon les informations de Libération, Sidy Sarr était l'imam de la mosquée Ibadou de Keur Marème Mbengue (Lac Rose) et Lamine Ndiaye était l'émir du mouvement dans cette localité et mari de...Aida Sagna, écrouée à Dakar pour terrorisme après avoir purgé une peine de deux ans ferme en Libye pour les mêmes faits. Sidy Sarr, qui a rallié l'Etat islamique avec son épouse et Lamine Ndiaye qui a fait le voyage avec son fils, sont des jihadistes. A vrai dire, une filière du Jihad semble avoir vu le jour dans ce quartier où le groupe de Makhtar Diokhané a tenu sa première réunion en 2012 sous la houlette de Moussa Mbaye, maître coranique à Keur Marième Mbengue ayant rejoint Boko Haram sous le nom de guerre Abou Nafiq. Révélations sur une filière...


Face à la Chambre criminelle, l'accusé Ibrahima Ndiaye, jugé dans le cadre de l'affaire Mokhtar Diokhané et Cie, a suscité la curiosité du tribunal. Le président lui a posé la question de savoir pourquoi plusieurs candidats au Jihad sont originaires, comme lui, du quartier Keur Marième Mbengue au Lac Rose. Ibrahima Ndiaye n'a pas éclairé la lanterne de la chambre même s'il a consenti à révéler que trois de ses amis, issus du même quartier, ont subitement "disparu". Il s'agit des nommés lamine Ndiaye, Sidy Sarr et Adama Bodian.
Selon les informations de libération, le nom de ce trio apparaît dans un autre dossier de terrorisme présumé, celui d’Aïda Sagna. Cette sénégalaise, rapatriée de Libye, le 5 février 2018, a été écrouée pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste, apologie du terrorisme, actes de terrorisme et appartenance à un réseau de recrutement de combattants djihadistes. Il se trouve que Lamine Ndiaye est le mari d’Aïda Sagna et plusieurs témoignages indiquent que c'est lui qui l'a radicalisée. Lamine Ndiaye était l'émir du mouvement ibadou rahmane à Keur Marème Mbengue et Sidy Sarr assurait l'imamat de la mosquée des "ibadou rahman" dans la même localité. Aux dernières nouvelles, ils étaient en train de faire le jihad en Libye comme l'a d'ailleurs avoué Aida Sagna, lors de ses interrogatoires sous le régime de la garde à vue.
Mieux, Aida Sagna même révélé avoir fait le voyage avec Awa Camara, épouse de Sidy Sarr, alors que Lamine Ndiaye a été rejoint plus tard par son fils, Mohamed. Lorsqu'il a été convoqué à titre de renseignements par les enquêteurs de la Dic, Idrissa s., oncle de Aida Sagna a révélé que sa nièce avait complètement changé en épousant, après son divorce, Lamine Ndiaye. Pour preuve, il a déclaré que c'est après son mariage qu'elle a commencé à porter le "likad". il précisait qu’Aida Sagna a coupé tout contact avec lui. Des informations confirmées par O. Badiane, née du premier mariage d’Aida Sagna.
Après avoir cherché à nier les faits, Aida Sagna elle-même s'est livrée en révélant le rôle joué par son mari Lamine Ndiaye. Elle a reconnu que c'est Lamine Ndiaye qui l'a convaincue à aller faire le "jihad" pour bénéficier de la "sakhada". Poursuivant, elle a ajouté que c'est Ibrahima Ba, cité aussi comme un recruteur actif dans le dossier Diokhané, qui a payé son titre de transport pour la Libye. Ainsi, elle est partie avec Awa Camara, épouse de Sidy Sarr et un autre jeune du nom de Daouda domicilié lui aussi au quartier Keur Marième Mbengue.
Après avoir détaillé les péripéties de son voyage, Aida Sagna a indiqué qu'une fois en Libye, elle a trouvé sur place plusieurs membres de la communauté "ibadou rahmane" de Keur Marième Mbengue dont son mari, Lamine Ndiaye et Sidy Sarr, mais aussi Cheikh Mbaye ou Cheikh Abdallah Dièye, présumés tués lors des combats. Sur place, elle notait aussi la présence de Alioune Guèye, tué en Libye, qui avait rallié l'État islamique avec son épouse Marème Diop.
Pour dire que les enquêtes des services spécialisés ont fini de révéler l'existence d'une filière terroriste présumée, avec comme point de départ le quartier Keur Marième Mbengue. C'est d'ailleurs dans ce même quartier que le groupe de Mokhtar Diokhané a tenu, en 2012, sa première réunion pour mettre en place un mouvement de jeunes sunnites d'inspiration religieuse et idéologique du "Takhfir" et de la "Hijra" après l'attaque de la mosquée de Diourbel dirigée par l'imam Abdou Karim Ndour.
Selon les renseignements obtenus par les gendarmes, l’ordre du jour de la réunion était « la posture à adopter pour faire face à la menace que représentent les confréries au Sénégal » en vue de la création d’un groupe à travers divers modes d’actions basées sur le ‘’Takfir’’. L'un des organisateurs de cette rencontre, Moussa Mbaye, originaire du Lac rose où il avait un dahra, a été tué au combat au Nigéria où il était connu sous le nom de guerre Abou Nafiq.
Les enquêtes ont révélé que feu Moussa Mbaye avait enrôlé plusieurs jeunes originaires du même quartier. C'est le cas de Mouhamadou lamine Mballo alias Abu Zirkifli. Ce combattant présumé- ce qu'il réfute est né en 1994 et a séjourné dans le fief de Boko Haram avant d'être intercepté. À la barre de la Chambre criminelle hier, Cheikh ibrahima Bâ, qui a été au Nigéria, a informé avoir été "travaillé" par Moussa Mbaye.
Tout comme alpha Diallo qui a avoué avoir été influencé en assistant aux causeries que Moussa Mbaye organisait au... Lac Rose.
Vendredi 27 Avril 2018
Dakaractu




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