Saly / Omar Ba, président de l’Association des maires du Sénégal : « Nous avons beaucoup de difficultés, la première, c’est l’insuffisance des transferts »

Réunis à Saly dans le cadre d’une rencontre statutaire, les membres du bureau de l’Association des maires du Sénégal (AMS) ont échangé avec plusieurs structures et agences de l’État intervenant dans le développement territorial. Une occasion pour le président de l’AMS, Omar Ba, maire de Ndiop, de revenir sur les principales difficultés des communes sénégalaises, notamment l’insuffisance des transferts de ressources et la question du statut de l’élu local.


L’Association des maires du Sénégal a tenu une réunion statutaire consacrée à la vie de l’organisation ainsi qu’au dialogue entre les collectivités territoriales et leurs partenaires étatiques.

Selon Omar Ba, cette rencontre s’inscrit dans le fonctionnement habituel de l’AMS, dont le bureau se réunit périodiquement pour dresser le bilan de ses activités et dégager de nouvelles perspectives.

« La rencontre d’aujourd’hui est une réunion statutaire de l’Association des maires du Sénégal. Le bureau se réunit périodiquement pour faire le point sur la vie de l’association et dégager des perspectives », a expliqué le président de l’AMS.

Cette rencontre avait également pour objectif de permettre aux maires d’échanger directement avec plusieurs agences et structures impliquées dans le développement territorial. Omar Ba a notamment cité le FERA, l’ADEME, le PROCACEF, l’ANEC ainsi que la Direction générale de la comptabilité et du Trésor.

« Ce sont nos partenaires et aujourd’hui, c’est l’occasion de les rencontrer et de pouvoir échanger avec eux », a-t-il indiqué.

Interrogé sur les difficultés auxquelles les communes sont confrontées, le président de l’AMS a identifié deux préoccupations majeures : l’insuffisance des transferts de ressources et le statut de l’élu local.

« Nous avons beaucoup de difficultés », a-t-il déclaré, avant d’insister sur le manque de moyens mis à la disposition des collectivités territoriales.

« Le maire est l’autorité la plus décentralisée, en contact direct avec les populations, qui est le réceptacle de toutes les doléances des populations à la base », a-t-il rappelé.

Selon lui, les maires doivent exercer les compétences qui leur sont transférées tout en répondant, dans la pratique, à d’autres sollicitations qui ne relèvent pas toujours formellement de leurs attributions. Cette situation soulève la question de l’adéquation entre les responsabilités des communes et les ressources dont elles disposent.

Le statut de l’élu local constitue l’autre préoccupation majeure soulevée par Omar Ba. Il rappelle que le maire est à la fois le porte-voix des populations et un représentant de l’État dans l’exercice de certaines missions.

« Le maire est une autorité locale qui est élue par les populations. Le maire, c’est le porte-voix des populations, mais il jouit d’un dédoublement fonctionnel », a-t-il souligné.

Cette double fonction implique, selon lui, des responsabilités importantes qui doivent s’accompagner d’une meilleure protection et d’un soutien adapté. Le président de l’AMS plaide ainsi pour que les maires soient sécurisés dans l’exercice de leurs fonctions et bénéficient des appuis nécessaires à l’accomplissement de leurs missions.

À ses yeux, la réussite d’une réforme majeure de la décentralisation passe par le renforcement des moyens de ceux qui sont chargés de la mettre en œuvre à l’échelle locale.

La rencontre devait également permettre aux élus de mieux comprendre les programmes et dispositifs portés par les différentes agences. Omar Ba a notamment évoqué l’Agence de développement municipal (ADM) et le PACASEN 2, dont le démarrage est attendu.

« Il était bon que les maires puissent entendre l’ADM pour savoir quel est le contenu de ce PACASEN 2, comment ce PACASEN sera mis en œuvre et comment le choix des communes se fera », a-t-il expliqué.

La même démarche concerne le Fonds d’entretien routier autonome (FERA). Selon le président de l’AMS, celui-ci a connu une période de suspension, et une reprise est désormais envisagée.

« Nous avons invité le directeur général du FERA pour nous parler de sa vision et de son nouveau programme », a-t-il précisé.

À travers ces échanges, l’AMS souhaite renforcer le dialogue entre les maires et les structures de l’État. L’objectif est de permettre aux collectivités territoriales de mieux connaître les programmes qui les concernent et de disposer des moyens nécessaires pour répondre aux attentes des populations.

Samedi 19 Septembre 2026
Dakaractu



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