Mamadou Mansour Seck, ancien chef d’état-major général de l’armée sénégalaise vient de publier un ouvrage. La présentation et la cérémonie de dédicaces du livre ont eu lieu hier à Fann au Centre de recherches ouest-africain, devant un parterre de personnalités du monde universitaire.
Intitulé La nécessité d’une armée, l’ouvrage du général Seck est, en fait, la publication de la thèse soutenue par l’auteur, alors commandant, en 1974 à l’Ecole supérieure de Guerre aérienne de Paris. L’auteur a été présenté au public par son compagnon d’arme, le général Mountagha Diallo, ancien sous-chef d’état-major et second de l’homme du jour. Le général Diallo a retracé la brillante carrière de cet officier d’exception (plus de 7 000 heures de vol), premier saint cyrien sénégalais et seul militaire à avoir occupé quatre des cinq plus hauts postes du commandement de l’armée. Mais, c’est le professeur Abdoulaye Bathily qui présentera le livre en tant que tel. Un livre qui, selon ses propres termes, est d’une «une extraordinaire densité et actualité». Pour bien comprendre l’enjeu et l’intérêt du texte, le professeur Bathily a commencé par retracer le contexte de l’œuvre.
On est en effet en 1974, année marquée par un pacifisme ambiant qui coïncide avec les manifestations contre la guerre du Vietnam. Cette époque est marquée par des idées antimilitaristes qui considèrent que les armées sont budgétivores et que les ressources qui leur sont allouées peuvent servir à des secteurs plus utiles comme l’éducation, la santé et l’assistance aux pays pauvres. Et c’est ce moment-là, à contre courant, que celui qui était encore le commandant Seck écrit son mémoire dans lequel il défend l’idée de la nécessité d’une armée en tant qu’institution de la république : le titre est bien choisi car éloquent en ce qu’il constitue le fil conducteur du livre.
L’ouvrage comporte deux chapitres : le premier est une esquisse de l’histoire militaire de l’humanité depuis l’Antiquité. L’auteur y montre que l’armée a toujours joué un rôle moteur dans la civilisation humaine et que les Etats se sont forgés et structurés par l’institution militaire qui est donc utile et nécessaire. Le second chapitre, le plus dense, est une analyse des rapports entre la guerre et la paix depuis 1945. L’auteur y passe en revue les différentes doctrines militaires, l’émergence des blocs (est/ouest), la guerre froide. Il consacre de longs et intéressants développements à la place et au rôle de l’armée dans les pays en voie de développement. Selon le stratège, l’institution militaire est encore plus utile dans des pays comme les nôtres qui sont en construction et sont donc, de ce point de vue, fragiles.
L’armée est «le symbole et le creuset de l’intégration nationale», elle participe par sa composition, sa structuration et son esprit d’organisation et de méthode à la construction de l’Etat et de la nation. Dans certains pays, elle est la seule force sociale véritablement organisée. De ce point de vue, elle est, en dernier ressort, le garant de l’unité nationale et de la stabilité des Etats. Pour le général, il ne faut pas aussi oublier le rôle de l’armée dans le développement social et économique, surtout par le passé, au début des indépendances : aménagement de pistes de production, surveillance de l’espace économique (maritime en particulier), construction d’infrastructures (routes et ponts) et actions sanitaires avec la médecine militaire.
Toutes choses qui rendent l’armée indispensable aux yeux du général parce que son rôle ne se cantonne pas seulement à celui, important certes, de défense et de sécurité nationales. Ce dont ont besoin nos pays, c’est d’une armée polyvalente et républicaine. Cet ouvrage aurait été incomplet si le général Seck n’avait pas abordé le problème douloureux de la Casamance dont, selon lui, la résolution nécessite la mise en œuvre simultanée de trois actions : un volet politique, économique et sécuritaire car le problème, par conséquent la solution, n’est pas seulement militaire.De l’avis de tous les intervenants, cet ouvrage est une contribution inestimable dans le débat sur la place et le rôle de l’armée en Afrique. Les crises qui sévissent actuellement en Afrique de l’Ouest sont là pour l’illustrer si besoin en était.
Abdoulaye BAH
Intitulé La nécessité d’une armée, l’ouvrage du général Seck est, en fait, la publication de la thèse soutenue par l’auteur, alors commandant, en 1974 à l’Ecole supérieure de Guerre aérienne de Paris. L’auteur a été présenté au public par son compagnon d’arme, le général Mountagha Diallo, ancien sous-chef d’état-major et second de l’homme du jour. Le général Diallo a retracé la brillante carrière de cet officier d’exception (plus de 7 000 heures de vol), premier saint cyrien sénégalais et seul militaire à avoir occupé quatre des cinq plus hauts postes du commandement de l’armée. Mais, c’est le professeur Abdoulaye Bathily qui présentera le livre en tant que tel. Un livre qui, selon ses propres termes, est d’une «une extraordinaire densité et actualité». Pour bien comprendre l’enjeu et l’intérêt du texte, le professeur Bathily a commencé par retracer le contexte de l’œuvre.
On est en effet en 1974, année marquée par un pacifisme ambiant qui coïncide avec les manifestations contre la guerre du Vietnam. Cette époque est marquée par des idées antimilitaristes qui considèrent que les armées sont budgétivores et que les ressources qui leur sont allouées peuvent servir à des secteurs plus utiles comme l’éducation, la santé et l’assistance aux pays pauvres. Et c’est ce moment-là, à contre courant, que celui qui était encore le commandant Seck écrit son mémoire dans lequel il défend l’idée de la nécessité d’une armée en tant qu’institution de la république : le titre est bien choisi car éloquent en ce qu’il constitue le fil conducteur du livre.
L’ouvrage comporte deux chapitres : le premier est une esquisse de l’histoire militaire de l’humanité depuis l’Antiquité. L’auteur y montre que l’armée a toujours joué un rôle moteur dans la civilisation humaine et que les Etats se sont forgés et structurés par l’institution militaire qui est donc utile et nécessaire. Le second chapitre, le plus dense, est une analyse des rapports entre la guerre et la paix depuis 1945. L’auteur y passe en revue les différentes doctrines militaires, l’émergence des blocs (est/ouest), la guerre froide. Il consacre de longs et intéressants développements à la place et au rôle de l’armée dans les pays en voie de développement. Selon le stratège, l’institution militaire est encore plus utile dans des pays comme les nôtres qui sont en construction et sont donc, de ce point de vue, fragiles.
L’armée est «le symbole et le creuset de l’intégration nationale», elle participe par sa composition, sa structuration et son esprit d’organisation et de méthode à la construction de l’Etat et de la nation. Dans certains pays, elle est la seule force sociale véritablement organisée. De ce point de vue, elle est, en dernier ressort, le garant de l’unité nationale et de la stabilité des Etats. Pour le général, il ne faut pas aussi oublier le rôle de l’armée dans le développement social et économique, surtout par le passé, au début des indépendances : aménagement de pistes de production, surveillance de l’espace économique (maritime en particulier), construction d’infrastructures (routes et ponts) et actions sanitaires avec la médecine militaire.
Toutes choses qui rendent l’armée indispensable aux yeux du général parce que son rôle ne se cantonne pas seulement à celui, important certes, de défense et de sécurité nationales. Ce dont ont besoin nos pays, c’est d’une armée polyvalente et républicaine. Cet ouvrage aurait été incomplet si le général Seck n’avait pas abordé le problème douloureux de la Casamance dont, selon lui, la résolution nécessite la mise en œuvre simultanée de trois actions : un volet politique, économique et sécuritaire car le problème, par conséquent la solution, n’est pas seulement militaire.De l’avis de tous les intervenants, cet ouvrage est une contribution inestimable dans le débat sur la place et le rôle de l’armée en Afrique. Les crises qui sévissent actuellement en Afrique de l’Ouest sont là pour l’illustrer si besoin en était.
Abdoulaye BAH
Autres articles
-
RDC: décès des deux principaux responsables de la justice militaire dans un crash d'avion à Kenge
-
Guinée: l'opposant et ancien Premier ministre Sidya Touré est mort
-
Elle était déjà célèbre bien avant son mari: qui est Peng Liyuan, l’épouse de Xi Jinping?
-
Lula interdit les paris sportifs en ligne au Brésil
-
Gestion des deniers publics : Sénégal Bi Nu Bokk dénonce une « austérité destructrice » et exige des clarifications sur Kosmos Energy


