Guinée: l'opposant et ancien Premier ministre Sidya Touré est mort


Guinée: l'opposant et ancien Premier ministre Sidya Touré est mort
L'ancien Premier ministre guinéen et deux fois candidat à l’élection présidentielle, Sidya Touré, est mort cette nuit à Paris. L’opposant est décédé à l’âge de 81 ans sans avoir pu revoir son pays.

Jusqu'à son évacuation sanitaire, Sidya Touré vivait en exil en Côte d’Ivoire, sa seconde patrie, où s’est déroulé l’essentiel de sa carrière dans l’administration. Depuis sa jeunesse, il était déjà en exil, fuyant le régime de Sékou Touré. Il a occupé plusieurs postes importants, à la direction du Trésor, puis au Commerce intérieur. Il fut même le directeur de cabinet d'Alassane Ouattara, alors Premier ministre de Félix Houphouet-Boigny.

« Sidya courant »

En 1996, Sidya Touré signe son grand retour au pays. Il est nommé Premier ministre par Lansana Conté au lendemain des mutineries qui ont bien failli renverser le régime. Sidya parvient à redresser une économie au bord du gouffre, en rétablissant le dialogue avec les bailleurs de fonds et en menant d’importantes réformes qui feront sa réputation de technocrate. Mais c’est surtout l’accès à l’eau et à l’électricité qui lui vaudra l’affectueux surnom de « Sidya courant ».

Évincé après trois années à la primature, Sidya Touré se lance en politique et prend la tête de l’Union des forces républicaines (UFR), en 2000, alors que les militaires ont une nouvelle fois confisqué le pouvoir. Ce choix lui vaudra une grave blessure à la tête lors des massacres du 28 septembre 2009 au stade de Conakry.

 

En 2016, il est nommé haut représentant du président Alpha Condé. Une parenthèse de trois ans qui suscite l’incompréhension dans les rangs de l’opposition, qu’il réintègre aussitôt après, dans la lutte contre le troisième mandat.

La chute d’Alpha Condé, le 5 septembre 2021, ouvre le dernier chapitre de la vie de Sidya Touré, marqué une nouvelle fois par l’exil. Contraint dès février 2022 de quitter sa maison de Conakry, dépossédé d’une partie de ses biens, sans passeport, empêché de se présenter aux élections, son parti dissous, il est tenu à l’écart de la scène politique officielle.

L’homme à la moustache et aux petites lunettes, calme, posé, réfléchi, a tiré sa révérence sans abandonner pour autant son combat politique.

Samedi 26 Septembre 2026
RFI



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