Et si dans la bataille picrocholine qui oppose Moustapha Niasse à Moustapha Clissé Lô, le fait qu’on oublie est qu’ils ne nous intéressent ni l’un ni l’autre pour une telle fonction. On doit à la vérité de dire quand même que le terme bataille même convient peu tant on entend pas du tout Moustapha Niasse revendiquer haut et fort sa posture de candidat au perchoir. Seul le tonitruant Moustapha Clissé Lô donne de la voix et du muscle et fait dans l’agitation médiatique pour dire son ambition. Or, il convient de dire qu’il y aurait des raisons pour que ni l’un ni l’autre ne se présentent aux suffrages des parlementaires pour le siège de président d’Assemblée, et laissent un homme neuf prendre cette charge. Moustapha Niasse a connu tous les honneurs. Il est nous dit-on, à l’abri du besoin, il a eu à exercer des fonctions de décision importantes, et il finit sa carrière politique avec ce titre certes honorifique d’avoir été en 2000, comme en 2012, un « faiseur de Roi ». Mais il est connoté et estampillé comme dinosaure de la politique sénégalaise et nombreux des citoyens souhaitent quand même renouveler le genre. En face de lui, l’autre Moustapha. Cissé Lô est son nom. Sanguin et iconoclaste, il défraie quotidiennement la chronique de ses bons mots comme de ses gros mots, ainsi que de ses algarades qu’il a tendance à régler à coups de feu. Le raffinement ne l’étouffe pas, les bonnes manières non plus, et il revendique d’ailleurs son statut de « régional de l’étape », comme pour s’opposer à un certain type d’intelligentsia dont le pouvoir sur la chose politique serait révolu. Il est vrai que depuis que Wade nous a habitué aux frasques d’un Farba Senghor, Moustapha Clissé Lô peut passer pour un florentin. Alors n’est-il pas temps de désirer un homme qui serait d’abord neuf et qui ensuite reflèterait cette envie de changement et d’audace que nécessite ce nouvel ordre citoyen en marche, et qui somme les politiciens à justement faire moins de politique politicienne et manœuvrière. Et si on rebattait les cartes ?
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