Des milliers d'orpailleurs maliens et burkinabè quittent la Guinée et refluent vers le Mali. Depuis la suspension de l'orpaillage artisanal décidée par les autorités guinéennes dans la zone de Siguiri, les localités maliennes frontalières voient arriver des convois de personnes contraintes de rentrer. Ce mercredi 4 novembre 2026, le Burkina Faso a dépêché une délégation ministérielle à Bamako, tandis que le Mali affirme avoir pris des dispositions pour accueillir et assister les personnes concernées.
Selon les informations rapportées par la presse régionale, les autorités guinéennes ont suspendu l'orpaillage artisanal en Haute-Guinée à partir du 29 octobre 2026. Des opérations de sécurisation ont été menées sur plusieurs sites, notamment à Kouremalé, Djatéla et Bouré-Kourda, où des installations d'exploitants ont été détruites.
Conakry justifie cette décision par la dégradation de l'environnement et les atteintes portées aux cours d'eau, liées à l'exploitation artisanale de l'or. Une loi interdisant l'orpaillage illégal sur le territoire guinéen a également été évoquée par des responsables locaux.
Kouremalé et Yanfolila en première ligne
Du côté malien, la commune de Kouremalé fait face à un afflux massif. Son maire, Mamby Keïta, indique que plus de 8 000 personnes expulsées de Guinée y étaient déjà enregistrées le lundi 2 novembre. D'après lui, la majorité d'entre elles seraient des ressortissants burkinabè.
À Yanfolila, dans le sud du Mali, plus de 450 orpailleurs de nationalités burkinabè et malienne sont arrivés ce mercredi 4 novembre. Des chiffres qui devraient encore évoluer dans les prochains jours, au rythme des retours.
Une réponse coordonnée entre Bamako et Ouagadougou
Dans un communiqué publié le 3 novembre, le Centre de coordination et de gestion des crises, rattaché au ministère malien de la Sécurité et de la Protection civile, a confirmé l'afflux de personnes venues de Guinée. Il assure que des dispositions sont prises pour leur apporter une assistance et organiser leur retour dans leurs pays respectifs.
Le Burkina Faso, dont de nombreux ressortissants travaillaient sur ces sites, a annoncé des mesures pour organiser leur retour dans la dignité. Une délégation gouvernementale est attendue à Bamako ce mercredi, avec pour mission d'identifier les ressortissants burkinabè, d'évaluer leurs besoins en hébergement et en santé, puis d'organiser leur retour en toute sécurité. Le choix du Mali s'explique par le trajet emprunté par une partie des personnes concernées pour rejoindre leur pays.
Un défi partagé dans la sous-région
Au-delà de l'urgence, cette situation rappelle que l'orpaillage artisanal fait vivre des milliers de familles à travers l'Afrique de l'Ouest, et que les décisions prises dans un pays ont des effets immédiats chez ses voisins. Mali, Burkina Faso et Guinée se retrouvent aujourd'hui face à un défi commun : accompagner les mouvements de population tout en préservant l'environnement.
Pour les orpailleurs de retour, l'enjeu des prochaines semaines sera simple et concret : être accueillis, être pris en charge, puis trouver un moyen de gagner leur vie.
-
Un alunissage habité avant 2030 : la nouvelle approche chinoise pour décomposer les défis complexes de l'exploration lunaire
-
Nécrologie : décès de Me Yérim Thiam, ancien Bâtonnier de l’Ordre des avocats du Sénégal
-
Faux visas : un suspect interpellé à l’AIBD, des tarifs allant jusqu’à 4,5 millions de francs CFA évoqués
-
Bargny : des jets de pierres contre les policiers lors d’une tentative de départ, 17 personnes interpellées
-
Thiobon : 114 candidats retrouvés dans la mangrove, dont huit mineurs et une femme enceinte


