Le Sénégal a officiellement rouvert son marché aux importations d’oignons. Selon L’Observateur, le ministère de l’Industrie et du Commerce a informé les opérateurs économiques et les acteurs de la filière que les importations étaient de nouveau autorisées à partir du lundi 31 août 2026.
La mesure de suspension, en vigueur depuis le 16 janvier, devait initialement favoriser l’écoulement de la production nationale avant l’arrivée des produits étrangers et protéger les producteurs locaux.
Mais les stocks disponibles ayant fortement diminué, les autorités ont choisi de rouvrir les importations afin d’éviter une rupture d’approvisionnement et de contenir une éventuelle hausse des prix.
Cette décision suscite toutefois une vive déception chez plusieurs producteurs. Certains considèrent que la période de gel n’a pas produit tous les effets attendus, notamment pour les exploitants disposant de moyens limités.
El Hadji Tacko Ndiaye, président de la Fédération des producteurs des Niayes cité par L’Observateur, estime que le mécanisme n’a pas suffisamment profité aux petits producteurs. Alors que la suspension devait les protéger de la concurrence étrangère, les grands opérateurs de l’agrobusiness auraient pu tirer davantage avantage de leurs capacités financières et logistiques.
Le stockage constitue l’un des principaux points de fracture. Les grandes exploitations disposent davantage de moyens leur permettant de conserver leur récolte et d’attendre des conditions de marché plus favorables. À l’inverse, de nombreux petits maraîchers dépourvus de chambres froides ou de magasins adaptés sont contraints d’écouler leur production rapidement.
Cette situation les expose à une baisse des prix lorsque l’offre devient abondante. Face à un produit périssable et en l’absence de capacités de conservation, vendre rapidement devient parfois la seule option.
À cette différence de moyens s’ajoute l’écart de rendement. Cheikh Tidiane Cissé, secrétaire général de la Fédération des paysans du Bassin arachidier, évoque une production d’environ 30 à 35 tonnes à l’hectare chez un petit producteur, contre 70 à 80 tonnes pour certaines grandes exploitations.
Le coût de production, estimé entre 125 et 150 FCFA le kilogramme, oblige le petit exploitant à rechercher un prix de vente situé autour de 250 FCFA pour couvrir ses charges et espérer une marge. Grâce à de meilleurs rendements, les grandes unités peuvent, selon l’analyse rapportée par L’Observateur, proposer des prix tournant autour de 175 FCFA le kilogramme.
Pour les organisations de producteurs, la concurrence est donc déséquilibrée dès le départ.
L’Agence de régulation des marchés est également interpellée. Certains producteurs estiment que son rôle ne devrait pas se limiter à organiser l’entrée des produits étrangers, mais également garantir un fonctionnement plus équitable du marché intérieur.
Ils dénoncent notamment le risque de voir les grands opérateurs utiliser leur capacité de stockage pour écouler certaines catégories de produits pendant que les petits exploitants vendent leur meilleure production à bas prix, avant de remettre ensuite sur le marché des stocks de meilleure qualité à des tarifs plus importants.
Les semences constituent une autre source d’inquiétude. Une part importante resterait importée, tandis que les mécanismes de subvention agricole concernent davantage les engrais. Les producteurs souhaitent donc que l’État encourage plus fortement la production nationale de semences, notamment à travers des financements adaptés.
L’objectif serait de réduire la dépendance extérieure, de soutenir les producteurs locaux et de conserver davantage de valeur au sein de l’économie sénégalaise.
Au-delà de la décision ponctuelle de rouvrir les frontières aux oignons importés, c’est le fonctionnement global de la filière qui est remis en cause.
Les acteurs interrogés veulent sortir du cycle répétitif consistant à suspendre les importations pendant la campagne locale avant de les rouvrir dès que les stocks baissent. Ils réclament une politique agricole plus structurelle.
Des organisations de base mieux équipées pourraient notamment négocier des partenariats, acquérir du matériel, développer la transformation et mettre en place des infrastructures de stockage. Une meilleure organisation de la commercialisation permettrait également aux producteurs d’éviter d’être contraints de vendre dans l’urgence.
Pour ces derniers, l’enjeu ne consiste donc pas uniquement à produire davantage ou à bloquer les importations, mais à construire un système permettant au producteur sénégalais de conserver une part plus importante de la valeur générée par son travail.
La mesure de suspension, en vigueur depuis le 16 janvier, devait initialement favoriser l’écoulement de la production nationale avant l’arrivée des produits étrangers et protéger les producteurs locaux.
Mais les stocks disponibles ayant fortement diminué, les autorités ont choisi de rouvrir les importations afin d’éviter une rupture d’approvisionnement et de contenir une éventuelle hausse des prix.
Cette décision suscite toutefois une vive déception chez plusieurs producteurs. Certains considèrent que la période de gel n’a pas produit tous les effets attendus, notamment pour les exploitants disposant de moyens limités.
El Hadji Tacko Ndiaye, président de la Fédération des producteurs des Niayes cité par L’Observateur, estime que le mécanisme n’a pas suffisamment profité aux petits producteurs. Alors que la suspension devait les protéger de la concurrence étrangère, les grands opérateurs de l’agrobusiness auraient pu tirer davantage avantage de leurs capacités financières et logistiques.
Le stockage constitue l’un des principaux points de fracture. Les grandes exploitations disposent davantage de moyens leur permettant de conserver leur récolte et d’attendre des conditions de marché plus favorables. À l’inverse, de nombreux petits maraîchers dépourvus de chambres froides ou de magasins adaptés sont contraints d’écouler leur production rapidement.
Cette situation les expose à une baisse des prix lorsque l’offre devient abondante. Face à un produit périssable et en l’absence de capacités de conservation, vendre rapidement devient parfois la seule option.
À cette différence de moyens s’ajoute l’écart de rendement. Cheikh Tidiane Cissé, secrétaire général de la Fédération des paysans du Bassin arachidier, évoque une production d’environ 30 à 35 tonnes à l’hectare chez un petit producteur, contre 70 à 80 tonnes pour certaines grandes exploitations.
Le coût de production, estimé entre 125 et 150 FCFA le kilogramme, oblige le petit exploitant à rechercher un prix de vente situé autour de 250 FCFA pour couvrir ses charges et espérer une marge. Grâce à de meilleurs rendements, les grandes unités peuvent, selon l’analyse rapportée par L’Observateur, proposer des prix tournant autour de 175 FCFA le kilogramme.
Pour les organisations de producteurs, la concurrence est donc déséquilibrée dès le départ.
L’Agence de régulation des marchés est également interpellée. Certains producteurs estiment que son rôle ne devrait pas se limiter à organiser l’entrée des produits étrangers, mais également garantir un fonctionnement plus équitable du marché intérieur.
Ils dénoncent notamment le risque de voir les grands opérateurs utiliser leur capacité de stockage pour écouler certaines catégories de produits pendant que les petits exploitants vendent leur meilleure production à bas prix, avant de remettre ensuite sur le marché des stocks de meilleure qualité à des tarifs plus importants.
Les semences constituent une autre source d’inquiétude. Une part importante resterait importée, tandis que les mécanismes de subvention agricole concernent davantage les engrais. Les producteurs souhaitent donc que l’État encourage plus fortement la production nationale de semences, notamment à travers des financements adaptés.
L’objectif serait de réduire la dépendance extérieure, de soutenir les producteurs locaux et de conserver davantage de valeur au sein de l’économie sénégalaise.
Au-delà de la décision ponctuelle de rouvrir les frontières aux oignons importés, c’est le fonctionnement global de la filière qui est remis en cause.
Les acteurs interrogés veulent sortir du cycle répétitif consistant à suspendre les importations pendant la campagne locale avant de les rouvrir dès que les stocks baissent. Ils réclament une politique agricole plus structurelle.
Des organisations de base mieux équipées pourraient notamment négocier des partenariats, acquérir du matériel, développer la transformation et mettre en place des infrastructures de stockage. Une meilleure organisation de la commercialisation permettrait également aux producteurs d’éviter d’être contraints de vendre dans l’urgence.
Pour ces derniers, l’enjeu ne consiste donc pas uniquement à produire davantage ou à bloquer les importations, mais à construire un système permettant au producteur sénégalais de conserver une part plus importante de la valeur générée par son travail.
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