Dakar a changé de visage depuis quelques jours. La ville qui doit accueillir les collectivités locales de toute l’Afrique est devenue la nouvelle capitale des ordures depuis que les concessionnaires sont allés en grève pour réclamer trois mois d’arriérés de salaires. Devant les montagnes d’immondices et la mauvaise odeur, le reflexe de survie est de boucher les narines.
Médina, Grand-Yoff, Castors, Liberté 6, Rebeuss. Des endroits différents, mais qui ont le même décor et la même sensation : Des tas d’immondices et une odeur fétide qui règne en maître absolu. Depuis la grève des éboueurs, il y a maintenant trois à quatre jours, la ville de Dakar offre un spectacle piteux avec de l’air infeste. Toutes les grandes artères sont devenues des dépotoirs d’ordures à ciel ouvert.
Et dans cette situation, les espaces entre les deux voies semblent être le lieu privilégié pour les populations quand il s’agit de se débarrasser, «n’importe comment» des ordures. A Khar Yalla, ce pavé qui sert de marché hebdomadaire tous les samedis est transformé en foire de déchets. Il en est de même de la route reliant le rond-point Liberté 6 à la Vdn.
Toutefois, ce qui se passe dans ces quartiers ci-devant cités n’est rien comparé au spectacle offert par la Médina, notamment le marché Tilène. Ici, ce sont des montagnes de débris qui s’offrent aux visiteurs et empêchent les vendeurs de travailler. Ils sont pourtant obliger d’inhaler l’odeur nauséabonde de l’atmosphère. «Nous sommes des cadavres ambulants. Regarde ça ! Comment des vendeurs de fruits peuvent-ils vivre à côté de ces ordures», se demande outré, Ibrahima Sorry Diallo.
A la cantine contiguë à la sienne, celle de Mbaye Sall, vendeur d’encens. Au devant de son étal, un encensoir contenant des braises. Mais ses efforts visant à atténuer son calvaire par des effluves odoriférants sont restés vains. A peine sorti de l’encensoir, le contenu aromatique de la fumée est vite avalé par des senteurs pestilentielles. Il ne lui reste que de s’appitoyer sur son sort. «Les restes de viande et de poissons sont les plus difficiles à respirer. Si on y ajoute la pluie, ça devient insupportable», gémit-il.
GRAND-YOFF, LA NOUVELLE DECHARGE
Et pourtant Tilène n’est que l’affiche du film qui se joue à Grand-Yoff qui est devenu une véritable décharge. Même la moitié de la route est obstruée par les ordures. Si ailleurs les vendeurs et passants peuvent garder leur calme, c’est impossible de le faire au marché de Grand-Yoff. Ici, tous les gestes indiquent qu’il y a quelque chose qui ne va pas. D’abord les passants. Ils ont tous le nez couvert pas la main, le visage qui se tord et ils ne cessent de cracher, tout en ayant un regard furtif de dépit sur ces amas indésirables. Les ordures sont dans la bouche de tous, simples passants ou clients.
«Je ne sais pas comment des gens peuvent habiter ici», se demande une fille. «Nous ne sommes pas des habitants, mais plutôt des travailleurs qui n’ont pas de solution. Ici n’est pas notre maison», lui lance un vendeur visiblement piqué au vif. Chez les commerçants, les émanations sont de plus en plus pesantes. Raison pour laquelle le port de masque s’est généralisé. «Les saletés du marché et même de tout le quartier se retrouvent ici. La voiture passait pour tout prendre. Depuis vendredi elle n’est pas venue et malgré tout les gens continuent d’en faire leur poubelle. Nous sommes fatigués de la poussière et des odeurs», déclare Cheikh Kanté, vendeur de chaussures.
SALAIRES DE MINISTRE POUR LES EBOUEURS
Chez les vendeurs, la situation a fini de créer une double frustration. D’abord parce que les clients ne veulent plus venir. Ensuite parce que la municipalité ne fait rien pour les soulager. Et le sort reste le même à Grand-Yoff et à Médina. Mbaye Sall, Ibrahima Sorry Diallo et Cheikh Kanté répètent tous le même refrain. «Les clients ne viennent plus. Et ceux qui ont fait le déplacement ne peuvent pas durer. Ce qui fait qu’ils ne terminent pas leurs achats. Quant aux véhiculés, dès qu’ils voient ça, ils ne veulent plus s’arrêter», regrettent-ils. Pire, au lieu de leur venir en aide en les débarrassant des immondices, les autorités municipales leur donnent de patentes et taxes. Une attitude qui augmente leur indignation. «Nous leur avons clairement dit que nous ne payerons rien tant qu’il y a ces tas devant nos cantines. Nous ne pouvons pas ne pas travailler et vouloir payer des taxes», préviennent-ils.
Par ailleurs, en dépit des difficultés qu’ils vivent à cause de la grève, les citadins restent tous solidaires aux éboueurs. «On doit leur payer leur argent le plus tôt possible, de préférence, dès le 25 du mois», se solidarise une dame ayant requis l’anonymat. «Ils doivent avoir un salaire de ministre. Ils le méritent, parce que ceux qui retiennent leur argent ne ramasseront jamais les ordures. Il est difficile de passer la journée avec de telles odeurs. On leur doit respect et considération», plaide Sorry et Kanté. SOURCE: Le Quotidien
Médina, Grand-Yoff, Castors, Liberté 6, Rebeuss. Des endroits différents, mais qui ont le même décor et la même sensation : Des tas d’immondices et une odeur fétide qui règne en maître absolu. Depuis la grève des éboueurs, il y a maintenant trois à quatre jours, la ville de Dakar offre un spectacle piteux avec de l’air infeste. Toutes les grandes artères sont devenues des dépotoirs d’ordures à ciel ouvert.
Et dans cette situation, les espaces entre les deux voies semblent être le lieu privilégié pour les populations quand il s’agit de se débarrasser, «n’importe comment» des ordures. A Khar Yalla, ce pavé qui sert de marché hebdomadaire tous les samedis est transformé en foire de déchets. Il en est de même de la route reliant le rond-point Liberté 6 à la Vdn.
Toutefois, ce qui se passe dans ces quartiers ci-devant cités n’est rien comparé au spectacle offert par la Médina, notamment le marché Tilène. Ici, ce sont des montagnes de débris qui s’offrent aux visiteurs et empêchent les vendeurs de travailler. Ils sont pourtant obliger d’inhaler l’odeur nauséabonde de l’atmosphère. «Nous sommes des cadavres ambulants. Regarde ça ! Comment des vendeurs de fruits peuvent-ils vivre à côté de ces ordures», se demande outré, Ibrahima Sorry Diallo.
A la cantine contiguë à la sienne, celle de Mbaye Sall, vendeur d’encens. Au devant de son étal, un encensoir contenant des braises. Mais ses efforts visant à atténuer son calvaire par des effluves odoriférants sont restés vains. A peine sorti de l’encensoir, le contenu aromatique de la fumée est vite avalé par des senteurs pestilentielles. Il ne lui reste que de s’appitoyer sur son sort. «Les restes de viande et de poissons sont les plus difficiles à respirer. Si on y ajoute la pluie, ça devient insupportable», gémit-il.
GRAND-YOFF, LA NOUVELLE DECHARGE
Et pourtant Tilène n’est que l’affiche du film qui se joue à Grand-Yoff qui est devenu une véritable décharge. Même la moitié de la route est obstruée par les ordures. Si ailleurs les vendeurs et passants peuvent garder leur calme, c’est impossible de le faire au marché de Grand-Yoff. Ici, tous les gestes indiquent qu’il y a quelque chose qui ne va pas. D’abord les passants. Ils ont tous le nez couvert pas la main, le visage qui se tord et ils ne cessent de cracher, tout en ayant un regard furtif de dépit sur ces amas indésirables. Les ordures sont dans la bouche de tous, simples passants ou clients.
«Je ne sais pas comment des gens peuvent habiter ici», se demande une fille. «Nous ne sommes pas des habitants, mais plutôt des travailleurs qui n’ont pas de solution. Ici n’est pas notre maison», lui lance un vendeur visiblement piqué au vif. Chez les commerçants, les émanations sont de plus en plus pesantes. Raison pour laquelle le port de masque s’est généralisé. «Les saletés du marché et même de tout le quartier se retrouvent ici. La voiture passait pour tout prendre. Depuis vendredi elle n’est pas venue et malgré tout les gens continuent d’en faire leur poubelle. Nous sommes fatigués de la poussière et des odeurs», déclare Cheikh Kanté, vendeur de chaussures.
SALAIRES DE MINISTRE POUR LES EBOUEURS
Chez les vendeurs, la situation a fini de créer une double frustration. D’abord parce que les clients ne veulent plus venir. Ensuite parce que la municipalité ne fait rien pour les soulager. Et le sort reste le même à Grand-Yoff et à Médina. Mbaye Sall, Ibrahima Sorry Diallo et Cheikh Kanté répètent tous le même refrain. «Les clients ne viennent plus. Et ceux qui ont fait le déplacement ne peuvent pas durer. Ce qui fait qu’ils ne terminent pas leurs achats. Quant aux véhiculés, dès qu’ils voient ça, ils ne veulent plus s’arrêter», regrettent-ils. Pire, au lieu de leur venir en aide en les débarrassant des immondices, les autorités municipales leur donnent de patentes et taxes. Une attitude qui augmente leur indignation. «Nous leur avons clairement dit que nous ne payerons rien tant qu’il y a ces tas devant nos cantines. Nous ne pouvons pas ne pas travailler et vouloir payer des taxes», préviennent-ils.
Par ailleurs, en dépit des difficultés qu’ils vivent à cause de la grève, les citadins restent tous solidaires aux éboueurs. «On doit leur payer leur argent le plus tôt possible, de préférence, dès le 25 du mois», se solidarise une dame ayant requis l’anonymat. «Ils doivent avoir un salaire de ministre. Ils le méritent, parce que ceux qui retiennent leur argent ne ramasseront jamais les ordures. Il est difficile de passer la journée avec de telles odeurs. On leur doit respect et considération», plaide Sorry et Kanté. SOURCE: Le Quotidien
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