L’installation de la nouvelle Assemblée nationale issue des Législatives du 01 juillet n’a pas seulement débouché sur l’élection au perchoir d’un leader (Moustapha Niasse) ne faisant pas parti de la formation politique au pouvoir. Elle a aussi servi de plateforme à la mise sur pied officielle de deux groupes parlementaires dirigés par deux anciens dirigeants du mouvement estudiantin, dans les années 1990, à l’Université Cheikh Anta Diop (Ucad) de Dakar, par ailleurs tous deux responsables du Mouvement des élèves et étudiants libéraux (Meel). La coalition Bennoo Bokk Yaakaar a nommé en effet à la présidence de son groupe parlementaire, majoritaire à l'Assemblée nationale, Moustapha Diakhaté.
Un « nonantard », habitué des luttes estudiantines dans les années de braise (88-90), quand le campus universitaire et les facultés servaient de tribune aux revendications d’une opposition (Pds, Ld, Pit, Rnd) acculée dans ses moindres retranchements par la toute-puissance du parti au pouvoir, en l’occurrence le Parti socialiste d’Abdou Diouf. Le président du groupe parlementaire Bokk Yaakaar retrouve en face de lui un de ses anciens camarades de lutte estudiantine, Modou Diagne Fada, ex-ministre de la Santé et de la prévention, comme chef de file du Groupe parlementaire des Démocrates et des libéraux. Un groupe fort de 12 députés, vestige d’une formation libérale qui a perdu sa majorité mécanique de la 10ème et 11ème législature à l’issue des dernières législatives, mais dans lequel on retrouve des noms comme Souleymane Ndéné Ndiaye, dernier Pm de Me Wade, Me Ousmane Ngom, ministre sortant de l’Intérieur, Oumar Sarr, ancien ministre de l’Habitat, coordonnateur du Parti démocratique sénégalais qui a dirigé le pays pendant 12 années (2000-2012).
La confrontation qui risque d’opposer les deux groupes parlementaires, dans les limites strictes de l’exercice de la démocratie représentative, annonce à coup sûr des débats d’une grande intensité. Et cela, d’autant que les deux chefs de files des groupes parlementaires de Bokk Yaakaar et du Pds, réputées comme étant de fortes têtes et de grands débatteurs, ne vont pas se faire de libéralités. Bien que Moustapha Diakhaté ait promis d'inscrire, au sortir de la première séance plénière de l’Assemblée, son action dans une dynamique de concertation et de rassemblement, donnant pour cela en exemple l'exemplarité de ses relations avec Modou Diagne Fada, son alter égo de l'opposition qu'il présente comme son « ami » plus que son vis-à-vis, rien ne permet de dire que les débats ne seront pas heurtés à la Chambre basse. Conformément à la pure tradition parlementaire.
DES PRODUITS DU MEEL A LA TETE DES GROUPES PARLEMENTAIRES
Nourris à la source des luttes revendicatives du milieu estudiantin et de l’action politique au sein du Mouvement des étudiants et élèves libéraux (Meel), dans les années 90, Moustapha Diakhaté et Modou Diagne Fada s’acheminent vers une confrontation de groupes parlementaires qui risque de baliser le terrain à un duel ouvert entre deux leaders au caractère trempé. L’Assemblée de « rupture » préconisée par le nouveau pouvoir et ses alliés gagnerait assurément de cette opposition, si elle est cadrée dans les limites d’un exercice serein de débat et conforme à l’orthodoxie parlementaire. Oui au retour à la pure tradition parlementaire mais sans démagogie.
Dans cet exercice toutefois, l’ancien parti au pouvoir ne sera pas logé à bonne enseigne. Le règne sans partage de Doudou Wade, ancien président du Groupe parlementaire de la mouvance libérale, sur l’Assemblée nationale ayant pris fin avec l’avènement de la 12ème législature, le nouveau groupe de députés du Pds aura, en face de lui, un homme au tempérament marqué et, de surcroît, du cru. Moustapha Diakhaté qui fut ancien responsable du Meel, a en effet longtemps milité au Parti démocratique sénégalais dans l'opposition d'abord, puis pendant les années de pouvoir de la formation libérale. Celui qui avoue d’ailleurs connaître le groupe PDS mieux que le groupe Bennoo Bokk Yaakaar, a été nommé Conseiller du Président Wade avant de claquer la porte du palais de la République pour rejoindre, bien plus tard, l’Apr de Macky Sall. Très droit dans ses bottes, procédurier et conformiste, Moustapha Diakhaté qui avait fini de rompre définitivement les amarres avec Me Wade s’est alors distingué dans ses critiques normatives du secrétaire général national du PDS qui « piétinait toutes les dispositions règlementaires de la formation libérale », selon le nouveau président du Groupe parlementaire de Bennoo Bokk Yaakaar.
Un « nonantard », habitué des luttes estudiantines dans les années de braise (88-90), quand le campus universitaire et les facultés servaient de tribune aux revendications d’une opposition (Pds, Ld, Pit, Rnd) acculée dans ses moindres retranchements par la toute-puissance du parti au pouvoir, en l’occurrence le Parti socialiste d’Abdou Diouf. Le président du groupe parlementaire Bokk Yaakaar retrouve en face de lui un de ses anciens camarades de lutte estudiantine, Modou Diagne Fada, ex-ministre de la Santé et de la prévention, comme chef de file du Groupe parlementaire des Démocrates et des libéraux. Un groupe fort de 12 députés, vestige d’une formation libérale qui a perdu sa majorité mécanique de la 10ème et 11ème législature à l’issue des dernières législatives, mais dans lequel on retrouve des noms comme Souleymane Ndéné Ndiaye, dernier Pm de Me Wade, Me Ousmane Ngom, ministre sortant de l’Intérieur, Oumar Sarr, ancien ministre de l’Habitat, coordonnateur du Parti démocratique sénégalais qui a dirigé le pays pendant 12 années (2000-2012).
La confrontation qui risque d’opposer les deux groupes parlementaires, dans les limites strictes de l’exercice de la démocratie représentative, annonce à coup sûr des débats d’une grande intensité. Et cela, d’autant que les deux chefs de files des groupes parlementaires de Bokk Yaakaar et du Pds, réputées comme étant de fortes têtes et de grands débatteurs, ne vont pas se faire de libéralités. Bien que Moustapha Diakhaté ait promis d'inscrire, au sortir de la première séance plénière de l’Assemblée, son action dans une dynamique de concertation et de rassemblement, donnant pour cela en exemple l'exemplarité de ses relations avec Modou Diagne Fada, son alter égo de l'opposition qu'il présente comme son « ami » plus que son vis-à-vis, rien ne permet de dire que les débats ne seront pas heurtés à la Chambre basse. Conformément à la pure tradition parlementaire.
DES PRODUITS DU MEEL A LA TETE DES GROUPES PARLEMENTAIRES
Nourris à la source des luttes revendicatives du milieu estudiantin et de l’action politique au sein du Mouvement des étudiants et élèves libéraux (Meel), dans les années 90, Moustapha Diakhaté et Modou Diagne Fada s’acheminent vers une confrontation de groupes parlementaires qui risque de baliser le terrain à un duel ouvert entre deux leaders au caractère trempé. L’Assemblée de « rupture » préconisée par le nouveau pouvoir et ses alliés gagnerait assurément de cette opposition, si elle est cadrée dans les limites d’un exercice serein de débat et conforme à l’orthodoxie parlementaire. Oui au retour à la pure tradition parlementaire mais sans démagogie.
Dans cet exercice toutefois, l’ancien parti au pouvoir ne sera pas logé à bonne enseigne. Le règne sans partage de Doudou Wade, ancien président du Groupe parlementaire de la mouvance libérale, sur l’Assemblée nationale ayant pris fin avec l’avènement de la 12ème législature, le nouveau groupe de députés du Pds aura, en face de lui, un homme au tempérament marqué et, de surcroît, du cru. Moustapha Diakhaté qui fut ancien responsable du Meel, a en effet longtemps milité au Parti démocratique sénégalais dans l'opposition d'abord, puis pendant les années de pouvoir de la formation libérale. Celui qui avoue d’ailleurs connaître le groupe PDS mieux que le groupe Bennoo Bokk Yaakaar, a été nommé Conseiller du Président Wade avant de claquer la porte du palais de la République pour rejoindre, bien plus tard, l’Apr de Macky Sall. Très droit dans ses bottes, procédurier et conformiste, Moustapha Diakhaté qui avait fini de rompre définitivement les amarres avec Me Wade s’est alors distingué dans ses critiques normatives du secrétaire général national du PDS qui « piétinait toutes les dispositions règlementaires de la formation libérale », selon le nouveau président du Groupe parlementaire de Bennoo Bokk Yaakaar.
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