Environ 120 véhicules sont sortis d'Anéfis, au Mali, en milieu de matinée. À leur bord, des soldats maliens, des militaires russes de l'Africa Corps, et des combattants du MSA et du Gatia, des groupes politico-militaires touaregs intégrés à l'armée malienne (Fama).
Dans un communiqué diffusé à la mi-journée ce mardi, l'état-major revendique pour la première fois « avoir engagé des opérations aéroterrestres d'envergure dans la région de Kidal », avec ses « partenaires russes », afin de « neutraliser les groupes armés terroristes », « détruire leurs sanctuaires » et « restaurer durablement la sécurité des populations » et leur « libre-circulation ».
Aucune précision en revanche dans ce communiqué sur le convoi qui a quitté Anéfis ce matin.
« Retrait stratégique »
Dans un communiqué diffusé mardi après-midi, le FLA confirme avoir procédé à « un repli stratégique » de Kidal afin de « préserver des vies humaines » « face au risque croissant pesant sur les rares populations encore présentes dans la ville », et assure qu'il s'agit d'« une mesure opérationnelle temporaire, destinée également à préserver intacte ses capacités humaines et logistiques ». Les forces maliennes et leurs partenaires russes ont donc le champ libre pour reconquérir Kidal sans combattre.
La reprise de la ville serait un symbole fort au crédit des autorités de transition, qui avaient été humiliées par la défaite d'avril dernier.
Ville vide
Kidal est aujourd'hui pratiquement vide. En 2023, ses habitants avaient majoritairement fui l'arrivée de l'armée malienne et du groupe Wagner. Chassés en avril dernier, les Fama et leurs partenaires russes sont repartis avec ceux qui leur étaient loyaux.
Depuis qu'elle est passée aux mains des indépendantistes du FLA et de leurs alliés jihadistes du Jnim, liés à al-Qaïda, la ville est régulièrement ciblée par des frappes aériennes de l'armée, qui ont détruit de nombreux bâtiments. Depuis dimanche 4 octobre, ces frappes se sont intensifiées. Des bombes ont été larguées sur et près de la ville de Kidal. Des frappes de drones ont également été opérées à Tinzaouatène, près de la frontière algérienne.
L'armée, dans un communiqué diffusé lundi soir, revendique des « frappes de précision » et « de nombreux terroristes neutralisés ». Le FLA dénonce, de son côté, des « frappes aveugles » contre des cibles civiles : boutiques, maisons, gare routière remplie de migrants et orpailleurs. Aucun bilan n'a pu être vérifié de source indépendante.
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