Mali - Dioncounda-Modibo: Qui a intérêt à la brouille?


Mali - Dioncounda-Modibo: Qui a intérêt à la brouille?
Dès le retour du président par intérim, Dioncounda Traoré, de son long exil de Paris, après son agression survenue dans son bureau de Koulouba, et son discours à la nation dont on dit de lui qu'il est rassembleur et apaisant, des tentatives, ourdies çà et là, n'ont pas manqué pour diviser le président intérimaire et le Premier ministre de la transition, CMD.
Pour quels desseins? Qui veut torpiller le processus de la transition? Dans le discours à la nation, prononcé par le président intérimaire, Dioncounda Traoré, à deux jours seulement de son retour au bercail, après une longue période d'absence due à sa convalescence à Paris, il y avait de la retenue et de l'apaisement.

Comme l'ont fait remarquer les observateurs de la scène nationale, le discours du président par intérim était celui du rassemblement, une sorte d'appel à l'union sacrée pour sauver le pays de la crise politique aiguë dans laquelle il s'est enfoncé.

Dans un tel contexte de sursaut national, et dans un tel esprit de rassemblement autour de la cause nationale, quel autre chamboulement ce dernier, porteur de ce message d'union et de dépassement de soi, qu'est le président intérimaire, peut-il envisager en se débarrassant du Premier ministre de la transition, lequel a tant bien que mal dirigé le pays en son absence, depuis tout ce temps?

Le vouloir et le penser, comme certains courants politiques le souhaitent aujourd'hui, c'est créer les bases d'une déstabilisation criarde de la transition actuelle pour laquelle le président intérimaire, dès son retour au bercail, a manifesté son souci d'enrichissement de cette même transition en proposant, pour cela, de nouveaux organes dont l'architecture reste à être finalisée.

En fait, dans l'esprit du président Dioncounda Traoré lui-même, ces nouvelles propositions ne visent qu'à «compléter l’architecture institutionnelle de mieux l’adapter aux réalités sociopolitiques, aux missions de la transition, dans l’esprit de l’article 6 de l’accord cadre».
Cela veut dire clairement que l'homme ne s'écarte pas lui-même du socle institutionnel du pays, en crise, qui est fondé sur l'accord-cadre, signé le 6 avril dernier entre le médiateur de la Cedeao et la junte militaire dans le cadre du retour à la normalité constitutionnelle.

En tout état de cause, cette démarche du président Dioncounda Traoré indique clairement que le contexte actuel de la crise politique et institutionnelle auquel le pays est confronté, et dont la recherche de solution idoine doit mobiliser aujourd'hui tous les efforts, tant au plan national qu'international, fait que l'architecture institutionnelle sort également du cadre de la normalité gouvernementale.
Cette approche, pour le moins consensuelle, doit être appréhendée par le président Dioncounda Traoré qui ne doit pas s'en écarter d'autant qu'il a lui-même imprimé son discours à la nation dans le sens des retrouvailles nationales pour sauver le pays.

Cela lui est d'autant plus facile qu'il n'y a pas de divergences fondamentales entre lui, président intérimaire de la transition, et le Premier ministre de la transition, CMD, lequel, à maintes reprises, a reproduit le même schéma architectural, tel qu'il a été proposé par le président Dioncounda, pour, dit-il, adapter l'architecture institutionnelle aux réalités sociopolitiques et aux missions de la transition.

C'est principalement le cas pour la protection des institutions de la transition par les forces de sécurité du pays. Là-dessus, sans ambages, le président par intérim, une fois retourné au pays, a dit sa préférence et sa confiance à l'armée et au service de sécurité du Mali pour assurer cette mission régalienne de l'État. Le PM, CMD, tout le temps qu'il a gardé le gouvernail, en l'absence du président Dioncounda, n'a pas dit autre chose. Autrement dit, il y a une parfaite convergence de vue entre les deux hommes sur cette question de sécurité centrale.

Ce n'est d'ailleurs pas le seul point de convergence: qu'il s'agisse de la requête du Mali en direction des instances sous régionales ou onusiennes, en fonction des conclusions de la mission d’évaluation de la Cedeao, c'est également la même démarche qui unit les actions des deux hommes.
Idem pour le Comité militaire, prévu par l’accord-cadre, et qui a d'ailleurs été été adopté par les députés de l’Assemblée nationale, à l'initiative du gouvernement de transition.
Si, dans son discours à la nation, le président Dioncounda Traoré a évoqué, dans les propositions qu'il a faites pour la création de nouveaux organes de la transition, le Conseil national de transition(CNT), le Premier ministre, lui, lors de la rencontre qu'il a eue avec les regroupements politiques et le forces vives de la nation, était dans la même logique de la création d'un organe consultatif.

S'agissant de la formation du gouvernement d'union nationale, le Premier ministre, CMD, qui ne s'y est jamais opposé, surtout si cet élargissement de la base du gouvernement à différentes sensibilités du pays vise à reconquérir au plus vite les régions occupées du nord et à réussir des élections apaisées et transparentes, a toujours déclaré qu'il est en parfaite entente avec le président intérimaire sur cette question.
Pourquoi alors chercher à brouiller deux hommes qui s'illustrent par leur parfaite convergence sur les problèmes du pays?

Le discours de rassemblement du président Dioncounda Traoré ne va pas dans le sens d'un nouveau chamboulement dans l'architecture institutionnelle de la transition, tel que formulé par certains faucons de l'entourage présidentiel pour qui toutes les occasions sont bonnes pour canarder le PM dans l'optique de se débarrasser de lui.

Pour la stabilité de la transition, et pour l'équilibre du jeu institutionnel en ce contexte de crise, il est temps d'arrêter la furie de persécution contre CMD pour lui permettre de réussir sa mission, dans le sens du sursaut national proclamé par le président Dioncounda Traoré. Et cela, pour le bien du pays qui en a tant besoin.
Sékouba Samaké
Source: Info Matin
Vendredi 3 Août 2012
Malijet




1.Posté par mamadou ndiaye le 03/08/2012 14:05
Le Mali fera-t-il exception
Je fus des tout premiers à avoir considéré que la descente du scientifique Cheickh Modibo Diarra dans l’arène politique était aussi prématurée que »suicidaire ».Il est vrai qu’en Afrique surtout , les novices en politique n’ont la chance d’accéder aux plus hautes charges publiques que dans des moments exceptionnels , des moments de transition comme ceux que vit présentement le Mali.
Mais les déchirures de fond que connait le contexte politique de ce pays se traduisant par un refus de dialogue et une farouche animosité entre adversaires, sont plus pour le desservir que le servir. S’y ajoutant le drame de la partition du pays dont la solution est loin d’être une mince affaire. Mais n’allons pas aussi vite en besogne quant à l’avenir de Cheickh Modibo Diarra. Diocounda Traoré a beau vouloir se débarrasser ou marginaliser l’astrophysicien de la Nasa N’oublions pas que Cheickh Modibo Diarra est Malien certes mais il a aussi la nationalité Américaine et plus que jamais auparavant aussi les puissances continuent à se mener une guerre feutrée d’influence nourrie par des enjeux géopolitiques, stratégiques et économiques. On ne constatera d’ailleurs que dans l’essentiel des pays en transition politique en Afrique de 2011 à maintenant, Washington a réussi à placer ses hommes. Suivez mon regard Le Mali fera –t-il exception ? les jours à venir nous édifieront



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