Macky, Niasse, l’Apr et le perchoir: Les racines du malaise

Une question fait débat au sein de l’Alliance pour la République, où, pour parler utile, il faut parler du perchoir de l’Assemblée nationale et de son futur occupant. Dans la grande majorité, la question est tranchée : l’Apr veut conserver ce fromage, « moins négociable » que le mandat présidentiel. Le sujet défait les repères et installe un climat de malaise général au sein de la majorité. A Bby, le mal est partout avec des racines connues.


Macky, Niasse, l’Apr et le perchoir: Les racines du malaise
Dilemme présidentiel ? Non, sans doute ! Macky Sall n’est point entre le marteau de sa promesse faite à Niasse et l’enclume de ses camarades de parti qui, pour rien au monde, ne laisseront ce poste pour le moins stratégique entre les mains d’un « adversaire en latence ». Le patron de la coalition Benno Bokk Yaakaar (Bby) a déjà tranché. Fermement ! Moustapha Niasse sera…« nommé » président de l’Assemblée nationale. Par qui ? La méthode Macky Le principe – jamais appliqué au Sénégal – est l’élection du président de l’Assemblée nationale par ses pairs députés. L’exception – érigée en règle par les différents régimes – est la « nomination » du président de l’Assemblée nationale par le président de la République, sous la couverture d’une formalité élective. La personnalité désignée par le chef de l’État reçoit l’onction des députés par le vote drôlement « secret ». Autrement, l’immixtion de l’exécutif dans le mode de désignation même de la plus haute incarnation du législatif, altère le jeu démocratique de la séparation des pouvoirs. En cette occurrence, Macky Sall, est décidé à marcher sur les pas de ses prédécesseurs et ne donne aucun gage de rupture avec les bonnes vieilles méthodes qui ont fini de délégitimer l’Hémicycle. Il y a pire. Pour couronner ce clientélisme d’un genre nouveau, le leader de l’Apr lance un casus belli à ses camarades. Son raisonnement qui tranche en faveur de Moustapha Niasse jusqu’à « bannir » un de ses anciens premiers compagnons, ne laisse-t-il pas apparaitre une curieuse facette de la personnalité de l’homme ? Face à la pression, il a usé et sans doute abuser de ses pleins pouvoirs pour se démembrer d’un co-fondateur de l’Apr dont la partition à la quête du pouvoir est reconnue. Mieux encore, contre le Pds et ses méthodes, Moustapha Cissé Lô avait accepté – lâchement sans doute – de perdre ses droits d’élu du peuple en se laissant démettre par un groupe d’individus, alors qu’il n’avait jamais démissionné de son parti. Autrement inquiétant, cette toute puissance de Macky Sall qui a déjà trop vite pris ses marques en l’homme avant de s’étaler au grand public. Elle est mise en exergue par cette disproportion constatée entre les visées somme toute légitimes de Moustapha Cissé et les armes utilisées par le chef de l’État, pour se débarrasser de son ministre conseiller. Ironie de l’histoire, cette décision est survenue quelques semaines après qu’il a tordu le bras à l’Apr pour définitivement clore le débat sur la réduction ou non de son mandat présidentiel. Une méthode autoritaire, loin du principe démocratique qu’il prône ? En tout cas, au sein de la formation « républicaine », la question est déjà tranchée : « Le perchoir nous revient de fait », confie ce député fraîchement élu. A peine au bord de l’explosion, il crie plus qu’il ne converse, « le contrat d’affinité entre Macky Sall et Moustapha Niasse ne lie point l’Apr ; qui n’est pas une propriété de son président ». Qui a soulevé le débat ? A l’Apr, c’est comme un sursaut militant qui a secoué tous les cadres ou presque. La « contre-communication » avec ce communiqué rendu public hier, (voir par ailleurs), n’y fera certainement pas grand-chose. Il ne s’agit pas forcément de soutenir Moustapha Cissé Lô, mais la question du perchoir est « moins négociable » que le mandat présidentiel. Le débat d’origine La question aujourd’hui à l’origine du malaise au sein de la majorité présidentielle avait été l’objet d’un débat au sein de la coalition « Macky 2012 », entre les deux tours de la présidentielle. Pour la majorité de cette coalition précitée, l’idée était de ne pas s’engager dans des alliances avec les autres coalitions concurrentes au premier tour. Tout au plus, il fallait ouvrir grandement les portes de « Macky 2012 » et laisser libre cours à ceux qui voulaient participer à l’entreprise de démolition du « régime Wade » de le faire sans conditions. A ce titre d’ailleurs, un membre très influent de la coalition « Macky 2012 » rappelle : « Nous avions proposé à Macky de (plutôt) privilégier la société civile. Notre conviction était que les carottes étaient déjà cuites pour Wade qui, d’une manière où d’une autre allait débarrasser. Le soutien des pôles politiques était plus symbolique qu’incontournable ». Mais, cette position, défendue par la majorité de la coalition « Macky 2012 » n’était pas partagée par le candidat Macky Sall. « Personnellement, j’avais l’impression qu’il ne croyait plus en notre capacité à le mener au pouvoir, alors que le plus difficile était déjà fait ; j’avais du mal à le reconnaitre », poursuit notre interlocuteur. Macky Sall, visiblement « ébranlé par la méthode de Wade et le jeu de certains religieux, commençait à douter ». Une grande première ! La ruée vers les alliances Le candidat Macky Sall a ainsi entamé son « voyage ». Il a rendu visite à tout le monde et sans doute, frappé à des portes non indiquées. Dans la précipitation et l’euphorie d’une victoire déjà acquise, Moustapha Niasse reçoit les garanties de son nouvel allié qui feront de lui le prochain président de l’Assemblée nationale. Une « récompense » à la hauteur de la sincérité et au désintéressement de l’engagement du « faiseur de roi » qui avait donné sa parole sans exigence. Mieux encore, au sortir de son audience avec Macky Sall, Niasse dit ne rien vouloir. « Moi, personnellement, que personne n’attende que je sois ministre, Premier ministre ou ministre d’État. Ce sont les jeunes qui doivent prendre les postes, Senghor m’a responsabilisé pendant plusieurs années », avait-il affirmé en substance devant les journalistes. Macky Sall était « touché ». Fin politique, le (presque) élu avait déjà élargi l’horizon vers les Législatives. La majorité à l’Assemblée nationale était une question de vie et de mort, surtout que Wade et les siens ne semblaient pas tout à fait désorientés. Malgré les 65% des suffrages qui l’ont porté au pouvoir, Macky Sall voulait mettre toutes les chances de son côté pour avoir la majorité à l’Assemblée. Mais, cette fin avait un prix. Le président y met les moyens : « poursuite du compagnonnage avec Bby, faire des concessions et, encore une fois…tordre le coup à l’Apr et Macky 2012 », majoritaire dans la Bby, mais sans voix au chapitre. Les premiers alliés de « Macky 2012 » sont, une nouvelles fois, obligés de subir. Niasse : un cas encombrant Plus que le choix de Macky Sall porté sur lui, Moustapha Niasse a un parcours politico institutionnel qui fait de lui un excellent répondant du profil de chef du législatif. Hélas, sa légitimité est déjà entachée. Pour toujours. A force de critiques, l’homme sera, au meilleur des cas, un président encombrant pour l’Assemblée nationale. Il a ainsi, une occasion historique d’entrer dans l’histoire de l’Hémicycle sans jamais franchir le seuil de cette institution. Autrement, Moustapha Niasse qui a tout obtenu de l’État, peut à jamais sédimenter son nom sur les murs de l’histoire du perchoir de l’Assemblée nationale en y…renonçant. Sinon, à 73 ans, cet ancien haut fonctionnaire, plusieurs fois ministre et deux fois (bref) Premier ministre, le patron de l’Afp devrait rester à la portée de tout affront, qui ternirait sa sortie imminente de la scène politique. L’enjeu est certes moins important que celui pour lequel il avait « extorqué » la candidature de l’unité et du rassemblement, mais moins important que ce dernier tournant de son existence politique.

Mansour NDIAYE -Loffice
Samedi 14 Juillet 2012
Loffice




1.Posté par Khayroul le 14/07/2012 11:39
Tous ceux qui parlent ne peuvent pas gagner un seul département, ou ne serait-ce qu'une çommune. Il y a eu une ELECTION au terme de laquelle les senegalais ont etabli un classement. Une Coalition s'est formée dont Niass est naturellement le N°2. il a écarté toute participation au gouvernement et les derniers développements montrent que c'est le PR qui a intérêt a la voir présider l'AN. L'Election de Niass au perchoir, ça veut dire que pour Idy et tous les autres prétendants, il faut attendre 2022. D'où tous ces articles commandés et la panique qui les inspire.

2.Posté par Sokhna USA le 14/07/2012 13:40
Right, tu as bien compris, tous savent que si Macky s'appuie sur Niasse, il réussira inchaalah sa mission, donc tous ceux qui ont intérêt à ce que Macky soit destabilisé d'ici 2017, eh bien ils font tout pour écarter Niasse de la présidence de l'Assemblée.
Et d'ailleurs, tous ceux qui parlent de la présidence de l'Assemblée d'un "perchoir" n'ont rien compris. Cette présidence ne doit pas être une sinécure, un prolobgement du bureau politique du parti au pouvoir, où on ne parle que fonds, carburant, bons de meuble, réparation de voitures.......L'Assemblée Nationale doit concourir à appuyer les recherches de financement, de partenaires du gouvernement d'une manière mpins solennelle.
Cissé Lô qui n'a jamais occupé de sa vie des fonctions lui permettant de savoir comment préparer une bonne requête de financement, qui ne sait même pas où il faut taper pour espérer trouver des fonds pour les femmes, les enfants, les handicapés.......De grâce cloturons ce débat qui n'en est pas un, d'ailleurs et passons aux choses sérieuses : Comment améliorer le quotidien des sénégalais???????????????????

3.Posté par Aliou USA le 15/07/2012 20:57
je pense que les deux principales plaies de la politique au Senegal sont, les coalitions et la transhumance. A mon avis les colalitions ne doivent exister qu'au niveau de l'assemblee nationale pour la formation des groupes parlementaires et non pendand les elections. Chaque parti devrait aller seul aux elections et mesurer son poids.
il est aussi vraiment dommage que a chaque fois qu'il y a alternance, tout le monde rejoins le parti au pouvoir, je comprends que c'est lie a des raisons economiques, pas d'ideologie. Tant que ces deux plaies ne sont pas soignees, nous reviendrons toujours a la case depart.



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