Le changement climatique n’est plus une menace future : il ravage déjà l’Afrique. Le professeur Didier M. Tshialala, spécialiste en maladies infectieuses, dresse un constat glaçant : 4 millions de personnes déplacées en Afrique de l’Ouest rien qu’en 2024, soit l’équivalent d’un quart de la population sénégalaise. Inondations, famines, malaria devenue permanente, choléra omniprésent : la survie de millions d’Africains est désormais suspendue aux caprices d’un climat déréglé. En Somalie, 18 000 enfants souffrant de malnutrition ont été pris en charge par Médecins Sans Frontières, conséquence directe de sécheresses implacables et de pluies dévastatrices. La réalité est simple : la terre ne nourrit plus, l’eau tue, et les moustiques transmettent la mort de jour comme de nuit.
Face à ce désastre, de nouveaux fléaux surgissent : dengue, zika, chikungunya, maladies jadis lointaines, désormais installées dans le quotidien africain. Elles frappent en plein jour, brisent des vies avant même la naissance, laissant derrière elles des enfants malformés et des mères en danger. Le climat ne détruit pas seulement les maisons, il corrompt la santé, l’avenir et l’espérance des peuples. Chaque digue qui cède, chaque champ noyé ou brûlé par la sécheresse, devient un théâtre de déplacement, d’exil et de souffrance.
Mais dans ce chaos, l’art devient une arme. Mao, chanteur sénégalais, rappelle que la musique et la danse peuvent transmettre des vérités que ni journaux ni rapports ne parviennent à toucher. Un simple morceau, comme Oya, peut imprimer dans l’esprit d’un enfant de trois ans la conscience d’un monde qui change, qui s’effondre. L’art contourne l’indifférence, traverse les frontières, et touche ceux qui n’iraient jamais chercher l’information. En liant le chant, la danse et le témoignage, les artistes transforment la douleur en message universel.
« L’art soigne les âmes », affirme M. Diagne de l’École des Sables, et il a raison. Car si la médecine soulage les corps meurtris par le choléra ou la malaria, la musique et la danse nourrissent l’espoir et rappellent que la justice climatique ne se réclame pas seulement par les cris et la colère, mais aussi par l’union et la beauté.
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