La Dic neutralise la mafia de l’état civil : Le «bureau» était installé dans les... anciens locaux du Centre d’état civil

Qui l’eut cru ? Selon les informations de Libération, un «bureau» de «délivrance » de bulletins de naissance, de certificats de mariage, de certificats de nationalité, de certificats de décès... en toc était niché dans les anciens locaux du service d’hygiène. Ce «bureau», qui était «compétent» sur l’étendue du territoire national, a été décimé par la Division des investigations criminelles (Dic) qui n’a pas manqué de dénicher des complicités internes comme c’est le cas au centre d’état civil sis à la Sicap liberté III où un officier jouait les...intermédiaires pour le compte du «bureau» qui disposait même d’une «filiale» : une cantine sise à la Rue Félix Faure.


La Dic neutralise la mafia de l’état civil : Le «bureau» était installé dans les... anciens locaux du Centre d’état civil
Libération a appris que la Division des investigations criminelles (Dic) a mis la main sur les nommés Mambaye Diop, Saliou Sarr dit «Zale », Mamadou Ndiaye, Malick Sarr, Hamet Aidara (à ne pas confondre avec le monsieur Revue de presse de la Sen Tv), Diouldé Bâ, Mamadou Bâ, Moussa Marcel Diallo et Bocar Malick Sock dans le cadre d’une vaste affaire de trafic d’actes d’état civil, alors que Maodo Diop est activement recherché pour arrestation. L’affaire débute au tribunal de Pikine.
A l’occasion du traitement des dossiers de demande de nationalité, il a été découvert du faux dans 61 dossiers établis par une même personne qui avait usé de faux cachets nominatifs de différents officiers d’état civil. Informé de cette découverte au moment où surtout 52.000 candidats au Cfee cherchaient désespérément le précieux sésame, le Procureur met en branle la Dic qui ne tarde pas à identifier le premier élément de la bande. Zale Sarr puisque c’est de lui qu’il s’agit est le premier à tomber. 


Premier à tomber, Zale Sarr balance...
Interrogé par les enquêteurs de la Dic, il passe aux aveux et affirme avoir effectivement «acheté » deux faux actes de naissance auprès du nommé Mambaye Diop, démarcheur aux Hlm. Il ajoute que c’était destiné à un de ses «clients » qui devait faire un jugement et que les deux actes lui ont été vendus à 20.000 F Cfa la pièce. Les policiers effectuent alors une perquisition chez Zale Sarr qui se révélera être mouillé jusqu’au cou. Dans sa chambre, les éléments de la Dic mettent la main sur un important lot d’actes de naissance, des copies de cartes nationales d’identité et de passeports Sénégalais ainsi que des certificat de nationalité Sénégalaise.
Zale Sarr dans les filets, les enquêteurs intercepte celui qu’il a cité comme étant son «fournisseur». Ferré à son tour, Mambaye Diop balance à son tour : il affirme se ravitailler dans le «bureau» qui avait son...siège dans les anciens locaux du service d’hygiène de Dakar qui abritait les services de l’état civil. Mieux, il ajoute avoir été introduit par le nommé Hamet Aidara qui lui procurait des faux actes de naissance avant de le mettre directement en rapport avec les membres du bureau.
Parmi eux, le nommé Mamadou Ndiaye qui, dit-il, vendait les faux documents moyennant une somme va- riant entre dix mille et quinze mille francs Cfa.
Mis au courant de cette affaire et entendu à titre de renseignement, Mamadou Diop, officier d’état civil au Centre principal de Dakar, n’y croit pas ses yeux. D’autant que, dira t-il aux enquêteurs, le centre principal de Dakar, qui était effectivement logé dans les locaux du service d’hygiène à l’Avenue Blaise Diagne angle Petersen, a été délocalisé à Grand-Dakar depuis novembre 2005. Ce qui veut dire qu’aucun acte d’état civil authentique ne peut plus être délivré là bas.
Tous les actes délivrés audit endroit ne sauraient l’être que de la part de faussaires qui y ont érigé leur quartier général. Ce précieux témoignage recueilli, les éléments de la Dic pistent et interceptent Hamet Aidara qui leur a confirmé avoir vendu les faux actes à Mamadou Ndiaye. Dans sa déposition, il ira même plus loin en précisant que plusieurs joueurs de son équipe de Navétanes ont pu bénéficier de ces faux documents. 
Venue cueillir Mamadou Ndiaye, la Dic tombe sur un professeur de Français qui «tuait » la grand-mère de son épouse
La Dic arrêtera tour à tour Malick Sarr, Diouldé Bâ, Mamadou Bâ et Bocar Malick Sock. Mais au moment de cueillir le «chef» du bureau, en l’occurrence Mamadou Ndiaye, elle tombe sur une scène insolite : Moussa Marcel Diallo, professeur de français, se faisait établir un certificat de décès pour sa femme qui vit en Espagne. Tous les deux sont embarqués. Interrogé, Moussa marcel Diallo explique que c’est son épouse, basée en Espagne, qui lui avait demandé de «tuer» sa grand-mère, pour ne pas dire de lui procurer un certificat de décès de cette dernière. Ce, pour faciliter l’obtention d’un passeport Italien à leurs enfants.
Sur ce, Moussa Marcel Diallo informe s’être rendu au centre d’état civil sis à la Sicap liberté 3 où... l’officier d’état civil, l’a mis en rapport avec le chef du «bureau» parallèle, Mamadou Diagne. Mieux, dira t- il, l’officier d’état-civil, arrêté par les enquêteurs, lui a remis le numéro de téléphone du faussaire tout en lui indiquant les lieux. C’est au moment de la confection du faux acte qu’ils ont été interpellés.

Bienvenue au «bureau » !
Arrêté à plusieurs reprises pour des faits similaires, Mamadou Ndiaye a été trouvé en possession de faux bulletins de naissance, d’extraits de naissance vierges, de certificats de mariage, de célibataire, de divorce, de décès, de nationalité etc. mais aussi de cachets de différents centres d’état civil, de timbres déjà utilisés de centres d’état civil et destinés a êtree recyclés, de livrets de famille de plusieurs centres d’état civil de Dakar et des régions.
Pris la main dans le sac, Mamadou Ndiaye «donne » aux enquêteurs les noms des autres «responsables» en service dans le bureau, en l’occurrence Diouldé Bâ, Bocar Malick Sock et Mamadou Bâ. Ce dernier a été trouvé porteur d’une sacoche contenant plusieurs faux actes d’état civil, un faux acte de naissance établi à Milan et «transcrit» par le ministère des Affaires Etrangères du Sénégal, un faux certificat de nationalité Sénégalaise etc. Des actes qui portent respectivement les sceaux des centres d’état civil de Tivaouane, Nguékokh et Thiès.
Quant à Diouldé Bâ, les enquêteurs, qui l’ont surveillé avant de le serrer, ont pu découvrir qu’il gérait une cantine à la Rue Félix Faure.
En fait, la cantine était une «filiale» du bureau puisque la perquisition qui y a été effectuée a permis de découvrir à nouveau de faux actes d’état civil, une carte nationale d’identité, deux certificats de nationalité, plusieurs copies de cartes nationale d’identité et de dépôt de passeports sénégalais. D’autres officiers d’état civil sont actuellement dans le collimateur de la Dic... 
Vendredi 10 Juillet 2015




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