LFI,LFR 2026/« Moom moo ko ëndi Assemblée nationale ñu voteal ko » : Abdourahmane Diouf renvoie Sonko à ses prévisions et alerte sur les subventions

Abdourahmane Diouf défend la nécessité de rectifier le budget 2026 et met en cause les prévisions portées, selon lui, par l’ancien Premier ministre Ousmane Sonko. Entre ressources annoncées, recettes mobilisées et besoins de financement des subventions, le ministre estime que les ajustements proposés sont indispensables au fonctionnement du pays.


Pour Abdourahmane Diouf, comprendre la loi de finances rectificative suppose de revenir à la manière dont un budget est construit. Les dépenses sont programmées sur la base de recettes attendues. Lorsque les sommes effectivement mobilisées ne correspondent pas aux projections, explique-t-il, il devient nécessaire de revoir les équilibres.
 
Le ministre compare cette situation à celle d’un ménage qui prévoit ses dépenses en fonction de revenus espérés, avant de constater que les montants reçus sont inférieurs aux attentes. « Loolu moy loi de finances rectificative », résume-t-il, pour expliquer que la rectification permet précisément de tenir compte de ces écarts. Il évoque notamment 340 milliards de francs CFA de ressources attendues qui, selon lui, n’ont pas été encaissées.
 
Abdourahmane Diouf insiste ensuite sur la responsabilité politique dans la préparation du budget initial. Il affirme que celui-ci avait été présenté lorsque Ousmane Sonko occupait la Primature.
 
« Moom moo ko ëndi Assemblée nationale ñu voteal ko », souligne-t-il. Autrement dit : c’est lui qui l’avait présenté à l’Assemblée nationale pour le faire voter. Le ministre lui reproche ainsi de s’opposer aujourd’hui à la correction de prévisions qu’il avait lui-même défendues.
 
Pour étayer sa critique, Abdourahmane Diouf revient sur un programme porté, selon lui, par l’ancien Premier ministre, avec un objectif de mobilisation de 726 milliards de francs CFA. Il affirme que l’évaluation réalisée en septembre faisait état de 173 milliards mobilisés. Il chiffre donc à 553 milliards l’écart, à ce stade, avec l’objectif annoncé.
 
À partir des résultats des neuf premiers mois, le ministre évoque un rythme moyen d’environ 19 milliards par mois. En prolongeant ce rythme sur douze mois, il aboutit à une projection d’environ 230 milliards, sensiblement inférieure au montant initialement annoncé.
 
Son reproche porte autant sur cet écart que sur l’opposition aux ajustements destinés à y répondre. « Ñu ñëw ne dañuy jòyeñti pour que réew mi dox », explique-t-il, défendant la nécessité de procéder à des corrections pour permettre au pays de fonctionner.
 
Le ministre insiste également sur le financement des subventions à l’énergie. Selon lui, l’enveloppe initialement inscrite au budget ne correspond plus aux besoins.
 
« Waaye léegi yow yaa bindoon, ancien Premier ministre, ne 250 milliards lañuy soxla. Tey ñu soxla 700 milliards », lance-t-il. Il oppose ainsi les 250 milliards prévus sous la responsabilité de l’ancien Premier ministre à des besoins qu’il situe désormais autour de 700 milliards, voire davantage.
 
Abdourahmane Diouf rappelle que les subventions permettent à l’État de prendre en charge une partie du coût de certains produits ou services afin de réduire le prix payé par les consommateurs. À titre d’illustration, il décrit le cas d’un carburant dont le coût serait de 1 500 francs, mais que l’usager paierait 1 000 francs : la différence de 500 francs serait alors supportée par l’État.
 
C’est ce soutien qu’il estime nécessaire de préserver à travers les ajustements budgétaires. « Parce que 250 milliards yi nekk ci caisse, jeex na », affirme-t-il, soutenant que l’enveloppe initiale de 250 milliards est épuisée.
 
Selon le ministre, l’absence de ressources supplémentaires compromettrait la poursuite de ces aides. Il met notamment en garde contre une hausse du coût de l’électricité si l’État ne peut plus assurer la prise en charge attendue. Il appelle les responsables concernés à reconnaître les écarts entre les prévisions et les ressources disponibles, puis à faire preuve de responsabilité et d’humilité pour adapter le budget.
Lundi 2 Novembre 2026
Dakaractu



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